Adjamé-Bingerville / Litige foncier : Des propriétaires terriens en colère contre des opérateurs véreux
Les pères de famille d’Adjamé-Bingerville ne sont pas contents de la Coopérative des propriétaires terriens. Ils soupçonnent cette structure de se faire établir des arrêtés de concession définitive (Acd) sur une superficie de 400 hectares que les propriétaires terriens ont vendus à des opérateurs privés pour la construction des logements au profit du Trésors public.
En conférence de presse à Cocody-Faya, ce mardi, les pères de famille, propriétaires de cet espace ont mis en garde cette coopérative contre toute expropriation et interpelé les autorités ivoiriennes notamment le ministre de la Construction, du logement et de l’urbanisme, le Premier ministre et le président de la République sur les agissements de la Coproterab. Après que celle-ci ait saisi le Trésor public pour se réclamer propriétaire de l’espace litigieux.
« A l’époque, la Coproterab a été constituée pour aider les parents à retrouver leurs terrains perdus. Cela ne veut pas dire que la Coproterab est propriétaire de terrains ou doit vendre des terrains. On ne peut pas avoir d’Acd sur ces terrains parce que les familles ont vendu leurs terrains à différents opérateurs économiques. Chaque famille a vendu ses parcelles. La Coproterab ne peut s’imposer aux familles. Quand une famille doit vendre son terrain, c’est sur la base d’un procès verbal de famille. Et c’est à l’acquéreur d’aller se faire établir son Acd au ministère de a Construction. La Coproterab ne peut faire des Acd sur les terrains des familles. Nous n’accepterons jamais des Acd au nom de Coproterab. Si nous donnons des terrains à des opérateurs, c’est pour construire des logements sociaux aux familles pour que tout le monde ait un toit à Abidjan. Nous ne voulons pas de problèmes. D’ailleurs au cours d’une assemblée générale, le chef de village Honoré Aboh a retiré toutes les attestations à la Coproterab qui ne doit plus exercer sur nos terres », a martelé Guy Marc Aby de la grande famille Agbadou.
Il est suivi de Jean Marie Vianney Mobio de la famille Loko qui dit ne pas reconnaître la Coproterab. « Nous n’avons pas signé de convention avec la Coproterab. Nous avons cédé nos terrains à des structures privées qui sont en train de construire des maisons pour le Trésor public. Qu’on laisse les sociétés construire les maisons », a menacé le représentant de la famille Loko.
Les populations appellent le ministre de la Construction, du logement et de l’urbanisme Bruno Koné à ne jamais accepter de signer d’Acd au nom de la Coproterab.
« Nous ne reconnaissons pas la Coproterab sur nos parcelles de 400 ha. Nous n’avons jamais mandaté la Coproterab pour vendre des terrains. Qu’elle nous montre un document signé de nous qui lui donne cette prérogative. Nous allons saisir la justice pour porter plainte contre ces arnaqueurs », ont-elles mis en garde.
Joint par téléphone, Gnango Sotoua de la Coproterab soutient que « quelques propriétaires terriens veulent décourager les gens qui veulent aider Coproterab à obtenir son Acd auprès du ministère de la Construction ».
A.K.





