Affaire des « 49 militaires ivoiriens détenus au Mali » / Choguel Maïga explique : « Aucune autorité ivoirienne n’est au courant de cette mission »
Le Premier ministre malien s’est expliqué sur l’affaire dite des 49 militaires ivoiriens détenus au Mali » lors d’une rencontre avec les forces constituées de son pays, le mercredi 20 juillet 2022.
Donnant les détails de cette affaire, à l’origine d’une crise diplomatique entre la Côte d’Ivoire et le Mali, Choguem Kokala Maïga a laissé entendre que les autorités ivoiriennes interrogées, ont indiqué n’avoir pas été informées de cette mission.
« Il y a les journaux qui accusaient le gouvernement d’être dans la surenchère, de chercher à faire de la provocation sans connaître les tenants et les aboutissants », accuse le Premier ministre malien. Qui soutient que les autorités maliennes n’ont pas accusé le gouvernement ivoirien. « Nous avons même essayer de le mettre hors de cette affaire », informe Choguel Maïga, avant de donner les détails de cette affaire.
« Le 10 juillet 2022, deux avions ont atterri effectivement à l’aéroport du Mali. Dans le premier, il y avait des armes, dans le second, il y avait des hommes. Ils étaient en tenues militaires. Quand ils sont descendus, on a pris les passeports pour les remettre aux policiers, comme ils étaient en tenues militaires MINUSMA. Normalement ils mettent les cachets et ils passent. Cette fois-ci, les policiers ont regardé leurs passeports et ils leur ont demandé leur ordre de mission. Ils n’en avaient pas. Ils n’ont pas d’ordre de mission. Et dans les passeports, vous avez vu les titres qu’on a trouvés. C’étaient des étudiants, des chauffeurs, des maçons, des mécaniciens, des vendeuses, des électriciens, des vigiles, des peintres etc. A partir de ce moment, les services compétents sont entrés en action pour chercher à en savoir davantage. Normalement quand les militaires vont en mission, leurs ordres de mission sont signés par le ministre de la Défense. Pas quelqu’un d’autre. Notre ministre de la défense a demandé à son homologue ivoirien, il n’était pas au courant. Le chef d’état-major des armées a demandé à son homologue ivoirien, il disait qu’il n’était pas au courant et qu’il allait s’informer et lui revenir. Le directeur des renseignements, lui aussi a dit qu’il n’était pas non plus au courant. C’est en ce moment qu’on a fait remonter la question au président pour savoir s’il était au courant. Lui non plus, n’était pas informé. Donc en ce moment, il y a eu une procédure de vérification qui a été déclenchée. Quand l’affaire a pris une autre tournure, le président ivoirien l’a appelé (ndlr ; le président de la transition, Assimi Goïta). Quand il lui a expliqué la situation, il en a pris acte et ça s’est arrêté. Le lendemain, c’est le président sénégalais qui l’a appelé. Il lui a donné les mêmes explications. Déjà que nous sommes dans une situation, on est obligé d’être vigilant. Les gens oublient que le président de la transition était le patron des forces spéciales du Mali. Il a fait des formations académiques, il était sur le terrain », a expliqué le premier ministre malien. Il soutient que son pays ne cherche à « provoquer personne ».
« Nous avons dit que nous ne cherchons à provoquer personne. Mais notre sécurité n’est pas monnayable. Ce n’est pas possible. La sécurité du Mali, la dignité des Maliens, la souveraineté du Mali, nous ne monnayons rien. Nous voulons juste que nos partenaires nous comprennent. Quand on aura fini les vérifications, le président de la transition l’a dit au secrétaire général de l’ONU, nous ne nous acharnons contre personne. On va faire les vérifications et on en tirera les conséquences. Il n’est pas dans une logique de confrontation. La meilleure démarche pour sécuriser un pays, elle est d’abord diplomatique. Tout le monde sait qu’il faut faire la paix avec son voisin. Même quand les guerres ; elles finissent toujours sur la table des négociations. Donc nous n’avons aucun intérêt à avoir des problèmes avec quelque voisin que ce soit mais nous sommes obligés d’être vigilants sur notre sécurité pour ne pas qu’on porte atteinte à notre sécurité », a fait savoir Choguel Maïga.
A.K.





