Affaire "Il n'y a pas de crise en Côte d'Ivoire" : « La Côte d'Ivoire est en train de courir à la catastrophe », Ferro répond à Bictogo
Tout va bien. "Il n'y a pas de crise en Côte d'Ivoire", a décrété le directeur exécutif du RHDP, Adama Bictogo. Et pour étayer cette affirmation, Ouattara accueille de nombreux chefs d'État sur le sol ivoirien (Une de Fraternité Matin en illustration).
Incontestablement, il va user de cette tribune et de son leadership pour soigner son image de marque.
Mais c'est la face visible de l'iceberg. Car le feu de sérieuses difficultés financières couve sous la cendre des mondanités.
La rencontre d'Abidjan va, en effet, porter sur un sujet sensible: la relance économique.
La crise sanitaire, occasionnée par la pandémie du Covid-19, a impacté négativement la croissance au point d'entraîner, dans nombre de pays dont la Côte d'Ivoire, une sévère crise économique.
Au pied du mur, notre pays a demandé officiellement, le 15 juin 2020 au G20, de suspendre le remboursement de sa dette de 119 milliards de nos francs auprès de ses créanciers bilatéraux, tout en continuant à l'alourdir par l'appui du FMI, y compris de facilités rapides d'urgence (IFR/FCR).
Et tout va bien. Car à la crise économique, la Côte d'Ivoire cumule la crise scolaire. Le lundi 19 juillet 2021, s'ouvrent les états généraux de l'éducation en Côte d'Ivoire. Organisées par le ministère de l'Éducation nationale et de l'Alphabétisation, ces assises visent un objectif: bâtir une école de qualité et d'excellence.
De priorité des priorités des pouvoirs publics, l'éducation traverse une grave zone de turbulence, avec un niveau en chute libre. Dans le rapport 2020 du Programme d'analyse des systèmes éducatifs (Pasec), la Côte d'Ivoire, locomotive de l'UEMOA, a occupé l'avant-dernière place dans le classement des systèmes éducatifs en Afrique francophone.
Mariatou Koné, la nouvelle ministre, a choisi de prendre le taureau par les cornes pour arrêter l'hémorragie et sauver l'école, avec le soutien populaire.
Et tout va bien. Car à la crise scolaire se greffe la crise politique. La présidentielle du 28 novembre 2010 et du 31 octobre 2020 a enregistré respectivement et officiellement 3.000 et 85 morts.
Mais pour le pouvoir, il n'y a pas péril en la demeure. Tout baigne. "Nous n'avons pas besoin de dialogue national", a tonné Bictogo, qui brandit l'épouvantail du coup d'État, via la revendication de Bédié et Gbagbo, pour éjecter Ouattara du pouvoir. Comme si, en organisant le Forum national pour la réconciliation nationale en 2001, Laurent Gbagbo s'était fait hara-kiri.
"Alassane Ouattara est le président de la République, un point barre", a-t-il donc clamé, pour privilégier le bras de fer et le climat permanent de tension entre le Pouvoir et son Opposition, pour la soumettre.
Et de l'insouciance qui mêle l'arrogance, la Côte d'Ivoire, devenue une cocotte-minute plombée qui bout, est en train de courir à la catastrophe. Car, tant va la cruche à l'eau qu'à la fin, elle se brise.
F. M. Bally





