47_aklane.jpg

 Auteure de plusieurs chansons langoureuses empreintes de sonorités sensuelles, Aklane est une fine voix de la musique ivoirienne. Avant la sortie de son maxi single dans les semaines à venir, cette native de Grand-Lahou s’est confiée à pressivoire.com. A cœur joie, la chanteuse nous fait un tour d’horizon sur son actualité.

 

Ravi de vous retrouver après une longue absence sur le marché discographique. Que nous réserve l\'artiste en cette fin d\'année ?


Je prépare la sortie de mon best of. Mais le temps est un peu court.  Cette œuvre sera pour l\'année prochaine.


Cela fait un bon moment que vos fans attendent…


En ce moment, il y a le maxi single intitulé ‘’Émotion’’ qu\'ils peuvent écouter sans modération.


Est-ce  suffisant pour combler les cœurs meurtris ?


Je sais que ce n\'est pas facile d\'être artiste et producteur à la fois. Alors, je fais ce que je peux.


N’est-ce pas parce que le producteur est à la recherche des grands moyens ?


Il faut des grands moyens pour produire et la piraterie ne nous arrange pas. Quand on n’a pas d\'entrée, comment pourrais-je financer un autre album? Ce n\'est pas l’inspiration qui me manque.


L’artiste inspirée est-elle tentée de raccrocher si les moyens ne suivent pas?


Je ne raccrocherai pas. Je ferai avec les moyens que j\'ai.  J\'aime mon métier et ça me passionne. Je ne peux pas décevoir mes fans qui aiment ce que je fais.


Peut-on s\'attendre à un retour gagnant ?


 Oui avec l\'aide de Dieu parce que je prie pour cela.


Pourra-t-on écouter des featurings dans votre prochain album ?


J\'ai des propositions.


Toujours avec David ?


Oui et aussi avec d\'autres arrangeurs.


Pourquoi ?


Je voudrais varier.


Avec les nouvelles tendances ?


Pourquoi pas ? Je veux faire autre chose que ce que j\'ai l\'habitude de faire. On verra ce qui me sied le mieux.


Aklane dans la cour des Dj ?


Non. Je ne saurais le faire le coupé décalé.


Qu’est-ce qui est en vue ?


Peut-être le zouglou.


Un goût musical se réveille en vous ?


C\'est notre identité culturelle et c\'est très important. Du nord au sud et de l\'est à l’ouest, tout le monde se retrouve.


Avez-vous pris connaissance de cette musique qui décrit les tares de la société ?


Il faut bien que quelqu\'un en parle. Les artistes sont les porte-voix de la société. Des éveilleurs de conscience.


Allez-vous tourner dos à votre ancien rythme de variété pour le zouglou ?


Je ne laisserai pas tomber le rythme que j\'ai toujours fais. Je veux juste ajouter d\'autres sonorités.


Plus d\'une décennie dans la musique. Pourquoi maintenant voulez-vous éveiller des consciences ?


Il y a un début à tout et en plus je l\'ai toujours fais. Même si c\'est pour parler de l\'amour.


En parlant d\'éveil, n’est-ce pas une façon pour vous de tirer les mélomanes de leur sommeil ?


Pourquoi dites-vous cela?


Certaines choses tournent mal dans la société.


Les hommes ne sont pas endormis. Je le dis parce que la répétition est pédagogique.


Pourquoi tant d\'amour dans vos chansons ?


L\'amour est la plus belle chose que Dieu nous a donnée.


Les mélomanes sont-ils en phase avec ce thème ?


Je le pense. Mais, s’il n\'y avait pas toutes ces méchancetés, comment pourrions-nous apprécier l\'amour? Il faut tout pour faire un monde.


Amoureuse, ou juste un thème musical ?


 Pour moi l\'amour s’écrit avec grand A.


Expliquez-vous ?


C est l\'amour de mon prochain. Apporter la joie à mon prochain. C’est une manière pour moi d’aider mon prochain en détresse lorsque je peux.


A-t-on appris que les caniches sont vos fidèles compagnons ?


Les animaux en général. Mais en particulier les chiens.


Pourquoi les chiens ?


J\'ai des caniches qui m’apportent beaucoup de joie.


Parce que casanière…


 Les caniches sont très fidèles plus que les hommes. Et ils réagissent comme des humains. Je ne m’ennuis vraiment pas avec eux.


Les hommes vous ont-ils trahi ?


Plusieurs fois. Je ne veux pas en parler parce que je n’aime pas me rappeler ce qui est triste. Je ne veux que la joie autour de moi.


Cela pourrait s’accroître véritablement avec la lutte contre le piratage des œuvres de l’esprit, n’est-ce pas une solution ?


Le gouvernement seul peut nous aider à prendre des mesures contre le piratage des œuvres de l’esprit.


En tant que sociétaire du Bureau ivoirien du droit d’auteur (Burida), avez-vous une solution concrète ?


Nous ne pouvons pas vendre donc pas de producteurs pas de maisons de distribution. L\'artiste est laissé-pour-compte. Or sans l\'art dans un pays, c\'est comme un arbre sans vie. Que le gouvernement se penche sur notre problème pour que la sève ne continue plus de pourrir l\'arbre et qu\'il refleurisse.


Conseillère du commissaire général de Djaka festival, que pensez-vous de la promotion des langues ivoiriennes initiée par cette plate-forme ?


C\'est très important de parler de nos langues. J\'ai eu cette chance de parler ma langue vernaculaire. J\'invite tous mes frères et sœurs à aller sur le site de Djaka festival pour essayer de parler et d’écrire nos langues, parce que personne ne le fera à votre place. Lorsque je vais dans la sous-région, je vois des personnes parler leur langue. C’est plus en Côte d\'Ivoire qu’on fait la promotion de la langue française. Je pense que ce n’est pas normal.


Un point sur votre mission au Togo.


Le public a été chaleureux. Les Togolais ont dansé pendant toute la soirée.


Réalisé par Aimé Dinguy’s N