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Ils pensaient avoir parfaitement préparé leur coup. Ils étaient convaincus de repartir avec leur butin sans laisser de traces. Mais à Akoupé (est), leur cavale n'aura duré que quelques secondes. Le destin, puis la Police criminelle, se sont chargés du reste.

Tout avait pourtant été minutieusement planifié. Comme le font les bandes organisées, les malfaiteurs avaient d'abord envoyé un éclaireur dans plusieurs agences de transfert Mobile Money. Bien vêtu, calme, au visage rassurant, il se présentait comme un simple client et posait une question en apparence anodine : « Je peux faire un transfert d'un million de francs CFA ou plus ? »

Pour les enquêteurs, cette méthode constituait une véritable opération de repérage. Dès qu'un gérant confirmait disposer d'une telle somme, l'information était discrètement transmise au reste du groupe. La cible était alors désignée.

Le jour du braquage, les criminels choisissent leur moment favori : la fermeture de l'agence. Le gérant est surpris devant son établissement, menacé puis dépouillé de la recette. Les deux hommes enfourchent aussitôt leur moto et prennent la fuite à vive allure, persuadés que leur opération s'est déroulée sans accroc.

Mais quelques mètres seulement après leur départ, le scénario bascule brutalement.

La moto quitte soudainement la chaussée avant de terminer sa course dans un ravin. Le choc est d'une extrême violence. Le conducteur perd immédiatement connaissance tandis que son complice, grièvement blessé, réussit à s'éloigner en boitant, espérant encore échapper aux forces de l'ordre.

Alertée, la police d'Akoupé intervient sans délai. Le conducteur inconscient est évacué vers un centre hospitalier. À son réveil, ce ne sont pas seulement les médecins qui l'attendent au pied de son lit. Des policiers, restés patients durant toute son hospitalisation, sont également présents. Cette fois, la fuite est terminée.

Transféré par la suite à la Direction de la Police criminelle à Abidjan, le suspect tente un ultime subterfuge en changeant d'identité. Il se présente sous le nom de « Kaboré Issouf ». Une manœuvre qui ne résistera pas longtemps à l'expérience des enquêteurs. Rapidement confronté aux éléments de l'enquête, il finit par reconnaître sa véritable identité, révélant son nom ainsi que sa filiation.

Pendant ce temps, les investigations se poursuivent. La Brigade de Recherche et d'Intervention (BRI Nord), agissant sous la coordination de la Direction de la Police criminelle, est mobilisée pour retrouver le second braqueur.

Quelques jours d'enquête suffisent pour localiser le fugitif dans le village de Brou Akpassou, dans la sous-préfecture de Bongouanou. Pensant y trouver refuge, T. S. est finalement interpellé sans pouvoir opposer de résistance.

Les investigations révèlent que les deux hommes appartiennent à un gang déjà impliqué dans plusieurs braquages à main armée commis notamment à Marcory, Séguéla, Duékoué, Adzopé et Akoupé, parfois à l'aide d'armes lourdes. Leur chef présumé, connu sous le surnom d'« Euro », est déjà détenu au Pôle pénitentiaire d'Abidjan pour des faits similaires.

Présentés devant la justice, les deux suspects devront désormais répondre de leurs nombreux actes.

Cette affaire rappelle une fois de plus que les braquages les mieux préparés peuvent s'effondrer en quelques secondes. Ce jour-là, à Akoupé, deux hommes étaient partis chercher de l'argent facile. Ils ont finalement trouvé sur leur route un ravin, des enquêteurs déterminés et les portes de la prison.

A.K.