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Le président de l’Assemblée nationale a procédé, ce lundi 3 avril 2023 à l’ouverture solennelle de la session ordinaire de l’année 2023. En présence de plusieurs personnalités notamment le Vice-président de la République, Tiémoko Meyliet Koné, du Premier ministre, Jérôme Patrick Achi, des présidents d’institution de la République, des membres du gouvernement, des chefs de délégation des parlements africains, des ambassadeurs accrédités en Côte d’Ivoire, de la chambre des rois et chefs traditionnels et de 25 délégations de parlements amis parmi lesquelles, il y avait 13 présidents de parlements et des représentants des assemblées interparlementaires dont Yaël Braun-Pivet de la République de France.

Seulement cette première séance inaugurale à l’hémicycle à Abidjan-Plateau conformément aux dispositions de l’article 94 alinéa 2 de la Constitution n’a pas été complète dans son dérouler.

Après avoir déclaré la session ouverte et au moment où l’on s’attendait à l’appel nominal de mesdames et messieurs les députés, le président de la chambre basse du parlement sert plutôt le menu à l’ordre du jour.  Un point unique.  Il n’y a pas d’observation, celui-ci est adopté. On le voit donc se saisir du gavel (petit maillet fait de bois que l'on frappe habituellement contre un tas) et le frappe contre la table dans un bruit assourdissant. Aussitôt fait qu’il introduit le premier intervenant, un chef de parlement d’un pays frère. Au moment où l’invité délivrait son discours, des députés s’interrogeaient sur ce manquement à l’appel nominal.

A la fin de la cérémonie, approché, le secrétaire général, Diomandé Sidik a tenté d’expliquer ce fait inhabituel : « L’appel nominal n’est pas une exigence de la constitution ni du règlement de l’Assemblée nationale. L’appel nominal ne vaut que lorsqu’il y a un vote sur un texte pour voir si le quorum est atteint ou pas. En pareille circonstance, il n’y a pas de texte en délibération, le quorum n’est pas nécessaire. On pouvait donc légalement se passer de l’appel nominal à l’occasion de cette session d’ouverture », a dit le docteur en droit, ancien enseignant à l’université de Cocody.

Cette position sera battue en brèche par un autre juriste, député, issu du groupe parlementaire du Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp), maître Abdoulaye Ben Méité.

« C’est un grave manquement. C’est une séance de l’Assemblée nationale. La première de l’année. Il fallait procéder à l’appel nominal. On pouvait ne pas être d’accord sur l’ordre du jour.  Si on doit aller au vote, on fait comment ? », a-t-il interrogé.

A.K.