644_soro-a-bassam-2.jpg

Une délégation du bureau de l’Assemblée nationale conduite par son président était, ce mardi sur les lieux de l’attaque terroriste qui a frappé la Côte d’Ivoire, dimanche dernier. Après une visite des hôtels Etoile du Sud, la Taverne et la Nouvelle Paillote, théâtres des massacres des djihadistes et des explications de la scène de crimes données par les maîtres des lieux, Guillaume Soro a affirmé avoir vu « l’horreur ». Ci-dessous, ses sentiments.

 

Au nom de la représentation nationale, je voudrais exprimer à toute la nation, spécifiquement à toutes les familles endeuillées, les condoléances de l’Assemblée nationale. La Côte d’Ivoire, notre pays, vient d’être frappée par cette tragédie, par cette attaque inconcevable, il y a quelques jours. Des terroristes, sur une ville aussi symbolique comme Grand-Bassam qui a été la première capitale politique de la Côte d’Ivoire. L’Assemblée nationale ne pouvait pas rester indifférente. C’est pourquoi nous sommes ici aujourd’hui avec le bureau de l’Assemblée nationale, les présidents des commissions, les présidents de tous les groupes parlementaires de l’Assemblée nationale pour venir soutenir Grand-Bassam, être aux côtés de Grand-Bassam. Quand le propriétaire de ce restaurant nous expliquait la situation, j’ai bien vu sur les visages des uns et des autres, l’horreur, la stupéfaction et surtout l’indignation. Ensemble nous allons devoir resserrer les liens, les coudes pour que plus jamais une telle barbarie n’ait lieu dans notre pays.

 

Quelles sont vos impressions après la visite de la scène du crime ?

On entendait parler du terrorisme de bien loin, au-delà de nos frontières. Alors après ce passage ici, la description de la scène par les témoins oculaires montre bien que ces terroristes sont dans un monde parallèle. On nous a expliqués comment ils couraient devant les balles avec une certaine sérénité et ça, c’est très inquiétant. C’est pourquoi je pense qu’au lieu d’être effrayés, les Ivoiriens doivent s’armer de courage. Nous devons faire en sorte d’apporter notre soutien total aux forces de l’ordre. J’ai parlé avec le préfet et il m’a expliqué que certaines choses sont parties de chez lui. Je pense que nous devons être solidaires, vigilants parce que c’est important. Je voudrais saluer les différents propriétaires que j’ai vus, qui ont fait preuve de courage. Je n’ai pas vu un seul qui a fui et laissé son restaurant et les clients dans le désarroi et la panique. Ils ont plutôt été courageux et disciplinés. Ils ont permis de sauver des vies. Sur une plage, ça aurait pu être plus dramatique. Je félicite aussi le gouvernement qui a eu l’idée de faire des exercices de simulation. A l’Etoile du Sud, on nous a dit qu’ils avaient déjà participé à un exercice de simulation. Cela a permis d’anticiper un tant soi peu les choses. C’est très important.

 

Pensez-vous que cette attaque aura des répercussions sur l’économie ivoirienne ?

Evidemment une telle attaque peut créer la peur. Cela peut donner une mauvaise image si la communication est mal gérée. C’est pourquoi, bien au contraire, il faut que le travail reprenne. Je pense que le gouvernement a pris des dispositions pour apporter une plus grande sécurité. Nous devons tous œuvrer et faire en sorte que notre économie ne prenne pas un coup. Vous savez bien que le terrorisme a pour terreau fertile, la pauvreté. C’est à nous de continuer la lutte courageuse contre la pauvreté et je demande aux uns et aux autres, aussi bien au corps préfectoral qu’aux élus de faire des campagnes de sensibilisation, c’est notre rôle, pour qu’on continue notre marche vers l’avant.

Propos recueillis par A.K.