Bouaké / Coronavirus : Sans clients, les professionnelles du sexe veulent bénéficier des mesures de soutien du gouvernement
L’épidémie du coronavirus n’a pas seulement mis au chômage les travailleurs, commerçants du secteur informel et autres. Les travailleuses de la nuit communément appelés «Kpoklés ou Pinhous » sont également en chômage. Rien ne marche pour elles.
Ce virus a fait fondre les clients et autres mecs à plumer dans la nature. Et les choses se sont beaucoup plus compliquées avec le couvre-feu instauré depuis dans la soirée lundi 24 mars. Plus personne n’ose circuler dans les rues de Bouaké au-delà de 20 heures. Du coup, tous les trottoirs sont déserts et les fées de nuit ne pouvent plus s’exposer.
Carine P. mère de 4 enfants, la quarantaine environ, est l’une de ces jeunes femmes qui a choisi le commerce du sexe appelé « Gnrin ». Elle le pratique depuis l’adolescence.
« Ces temps-ci, les choses ne marchent pas pour nous à cause du Covid-19. Tous les clients qui venaient me voir pour solliciter mes services ont pris la poudre d'escampette. Ils refusent même de répondre à mes appels. Actuellement, je suis complètement fauchée et je n’ai plus rien pour subvenir à mes besoins et à ceux de mes enfants que je dois nourrir. Je suis obligée d’emprunter de l’argent à un voisin », déplore-t-elle. Selon elle, l’apparition du coronavirus a eu beaucoup de conséquences néfastes sur son travail dès lors qu’elle pouvait se retrouver avec 60 000 FCFA ou plus par jour avant la pandémie. Et avec la présence du Covid-19 où chacun cherche à se prémunir, elle peut rester tout une journée sans avoir la somme de 1000 FCFA. N’ayant que ce métier pour nourrir sa famille, elle reste stoïque à la maison, priant que l’épidémie disparaisse le plus rapidement possible pour que les choses reviennent à la normale et que son business reprenne.
Notre saison a fortement chuté
« Gné blè Nian tô » en langue locale « notre saison a fortement chuté », a lancé une autre travailleuse de la nuit du nom de Affoué N. appelant le Président Alassane Ouattara à les mettre dans le lot des familles démunies à soutenir.
« Les clients ne viennent plus à cause de cette pandémie du Covid 19. Et on ne peut plus fréquenter les bars dancings et autres endroits chauds, les trottoirs non plus à cause du couvre-feu », raconte cette belle nymphe qui dit vivre du plus vieux métier du monde. Son inquiétude, c’est également le fait de ne plus pouvoir payer le loyer.
« On ne sait plus à quel saint se vouer. Nous traversons des périodes difficiles, car nous sommes en chômage technique. N’eussent été les quelques économies que j’avais mises de côté comme épargne. Cette période de crise est très difficile pour moi et pour toute ma famille dont j’ai la charge », murmure-t-elle.
Contrairement à ses autres collègues, Bérénice K. une véritable masse de beauté qui ne laisse aucun passant indifférent, continue toujours de recevoir sa fidèle clientèle.
« Le Covid 19 ne peut pas m’empêcher de travailler car c’est mon gagne-pain. Tout ce que j’ai réalisé dans la vie, je l’ai eu en vendant mon magnifique corps », tranche-t-elle, sans gêne. Avant d’indiquer que « mes fidèles clients viennent me voir dans mon appartement où je reçois comme d’habitude. Mais comme tous les Ivoiriens, je respecte les mesures d’hygiène en me lavant bien les mains, en y mettant les gels hydro-alcooliques. Cette disposition est également valable pour mes visiteurs. Et après chaque contact avec un client, je prends le soin de bien me nettoyer par mesure d’hygiène », conclu-t-elle.
Fatim T, sans être une travailleuse de la nuit se désole qu’elle ne voit plus les nombreux hommes qui lui rendaient visite depuis l'apparition du Covid-19 sur le sol ivoirien. Certains ne font qu’appeler. Et depuis l’annonce du couvre-feu, « certains hommes que je recevais souvent dans la soirée m’ont clairement dit qu’ils ne pourront plus venir. D’autres m’ont même priée de ne plus essayer de les joindre », fait-elle remarquer, dépitée de ne plus avoir de mecs à plumer. C’est cela, le coup fumant du méchant Covid-19.
O. K. correspondant régional





