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Le mandat d’arrêt contre Guillaume Soro levé pour des questions de procédure. Émis le 8 janvier 2016, le mandat d’arrêt contre le président de l’Assemblée Nationale ivoirienne a été levé, hier par la cour de cassation.

En effet, statuant sur la requête du commissaire du gouvernement, la juridiction a en effet reconnu que toutes les formalités n’ont pas été respectées dans l’émission de ce mandat et a donc décidé de sa levée.

La diffusion, le 12 novembre 2015, sur les réseaux sociaux, des enregistrements téléphoniques attribués à Guillaume Soro, président du Parlement ivoirien et à Djibrill Bassolé, ancien ministre burkinabé des Affaires étrangères sous Blaise Compaoré avait fait l’effet d’une bombe.

Selon ces enregistrements, les deux hommes cherchaient la meilleure façon de sauver une tentative de coup d’Etat engagée par le général Diendéré. C’est ainsi qu’un mandat d’arrêt avait été émis contre le président de l’Assemblée nationale ivoiriennes, le 8 janvier dernier, sans que l’authenticité de cette bande n’ait été prouvée.

La justice militaire burkinabè a déclaré le lundi 8 février dernier, lors d\'une conférence de presse à Ouagadougou, que ses juges n\'avaient aucune intention de lever le mandat d\'arrêt international émis contre Guillaume Soro dans le cadre de l\'enquête sur la tentative de ce coup d\'État de la mi-septembre. « Pas question de lever le mandat d’arrêt international émis, le 8 janvier contre le président de l’Assemblée nationale ivoirienne, Guillaume Soro ».

C’est, en substance, le message transmis à la presse par le lieutenant-colonel Norbert Koudougou, procureur du tribunal militaire de Ouagadougou en charge de ce dossier brûlant, lors de cette rencontre avec la presse.

Mais une expertise privée commandée par le défenseur de Djibrill Bassolé, l’avocat français William Bourdon, va remettre en cause tout ce scénario. En effet, l’analyse des seize minutes d’enregistrements rédigée par l’expert en acoustique Norbert Pheulpin, auquel Le Monde a eu accès, « conteste de façon formelle l’intégrité de la pièce audio concernée qui ne peut être présentée comme étant l’enregistrement intègre d’une interception téléphonique classique ». Au contraire, cette analyse estime que « l’hypothèse d’une intervention de type montage peut être objectivement retenue ».

 

« Il y a sans doute trois ou quatre conversations téléphoniques différentes », avance l’expert. «  Cet enregistrement était supposé être la preuve cardinale de l’implication de mon client dans la tentative de coup d’Etat du général Gilbert Diendéré. Elle s’écroule, donc le dossier s’écroule », défend Me William Bourdon, avocat de Djibril Bassolé. Aujourd’hui, avec cette sage décision de la cour de Cassation, c’est tout le tissu d’accusations qui s’écroule. Le scénariomonté pour salir la dignité de Guillaume Soro aussi. C’est un désaveu total pour la justice militaire.

Par ailleurs, la justice burkinabé a également levé et ce pour les mêmes raisons, le mandat d\'arrêt Rechercher mandat d\'arrêt émis contre Blaise Compaoré.

Ce dernier, réfugié en Côte d\'Ivoire après sa chute du pouvoir en 2014, était poursuivi dans l\'affaire du meurtre de Thomas Sankara. Affaire dans laquelle il reste pourtant l\'un des principaux suspects.

A.K.