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A l’initiative du ministère de l’Intérieur et de la Sécurité une réunion technique s’est tenue dans les locaux de ce département sis au Plateau, pour croiser la réflexion sur la situation critique dans laquelle se trouve la sécurité routière en ce début d’année.

 

Le nombre d’accidents en ce début d’année s’élèvent selon le Groupement des sapeurs-pompiers militaires (Gspm) à 1458 cas enregistrés en deux semaines. Ces accidents ont occasionné des blessures sur 2888 personnes et entrainé 81 décès selon les morgues et les hôpitaux. Soit 10% des décès de l’ensemble de l’année 2017. C’est le bilan alarmant qui a été donné le vendredi dernier   au ministère de l’Intérieur et de la Sécurité au cours d’une réunion président par le Directeur de cabinet Vincent Toh Bi Irié. Qui n’a pas manqué de tirer la sonnette d’alarme. Il a donc souhaité que les acteurs impliqués dans la gestion et la prévention routière soient très vite situés devant leur responsabilité. Notamment les forces de l’ordre, les secours, les agents de santé, mais également la justice et les organisations socioprofessionnelles. « La situation est très préoccupante. Nous devons engager à cette réunion technique en prévision d’une prochaine rencontre ministérielle, des réflexions sérieuses, afin de proposer des solutions », a-t-il déclaré, non sans exhorter la presse à aider à la sensibilisation de la population sur les dangers liés à l’insécurité routière.

En effet, face à ces nombreux accidents de la circulation enregistrés en ce début d’année 2018, cette rencontre avait pour principal objectif, d’agir rapidement dans le cadre de la sécurité routière, notamment en identifiant les causes liés à ces accidents, mais aussi, développer ensemble des actions de préventions structurés qui constituerons des éléments d’action fort, dans le cadre de programmes de prévention routière que mettront en place les autorités.

Pour le Directeur général de la Police nationale Youssouf Kouyaté, plusieurs facteurs expliquent ces chiffres alarmants. « Les causes de ces nombreux accidents sont pour la plupart liées à l’âge des chauffeurs des véhicules de transport commun qui varie entre 13 et 18 ans, la conduite sous l’effet d’excitants, la pression des syndicalistes, des chefs de gares et des chargeurs (NDLR : appelés communément ‘’gnambro’’), la délivrance avec complaisance des permis de conduire, la mauvaise organisation du secteur du transport, la course à la recette sous la pression des propriétaires de véhicules, etc. », a-t-il expliqué.  

Il faut noter que cette réunion a réuni entre autres, des représentants  des ministères de la Santé et de l’hygiène publique, du Transport, des Infrastructures économiques, de la Justice et des droits de l’homme, de la Femme, de la protection de l’enfant et de la solidarité, de l’Economie et des finances, de la Défense, du Commerce, du Plan et du développement, le Gspm, la Police nationale, ainsi que  les structures sous tutelles, telles que l’Office nationale protection civile (Onpc) et les organismes socioprofessionnels, tels  que le Fonds d’entretien routier (Fer), l’Office de la sécurité routière (Oser) et le Fonds de développement du transport routier (FDTR).

Abou Adams

 

Ces ‘‘chauffards’’ imprudents

Comme l’atteste ces chiffres alarmants,  il ne se passe pas un jour sans qu’un accident soit signalé sur nos routes. Le quotidien des populations ivoiriennes est marqué par des accidents plus ou moins graves. Les chiffres donnés sont inquiétants. Et le drame c’est que la majorité de ces accidents, comme l’a indiqué le Directeur général de la Police nationale sont dus à l’imprudence de certains conducteurs. Qui ont tendance à fouler au pied les dispositions du code de la route. Notamment, le respect des feux tricolores, la conduite en état d’ivresse, l’usage du téléphone au volant et les dépassements inutiles. Et ce, malgré les récriminations des agents de la police et toutes les opérations de sensibilisation de l’Office de la sécurité routière (Oser). L’épouse d’un collègue a été d’ailleurs victime de l’imprudence de ces ‘‘chauffards’’ indélicats il y a quelques jours. Sa voiture a été percutée par derrière par un ‘‘chauffard’’ alors qu’elle était au volant. Un grand choc s’en est suivi et la pauvre a perdu connaissance. Il aura fallu deux jours d’hospitalisation dans une clinique pour que la conjointe du collègue se remette de cet accident.  Et ce qui est révoltant dans cette affaire, c’est que ce malheureux conducteur n’a pas daigné s’arrêter. Il a pris la fuite. Et ils sont nombreux les individus de cet acabit, qui du fait de leur mauvaise conduite sur les routes, provoquent des accidents inutiles.

C’est donc le  lieu d’interpeler les autorités en charges de la sécurité routière, afin qu’ils accentuent la lutte contre les pratiques de ces ‘‘chauffards’’ imprudents qui provoquent des accidents et sèment la désolation dans les familles. Cela suppose que la rigueur avec laquelle ces autorités ont régulé la circulation pendant le sommet Union Africaine-Union Européenne en novembre 2017 et les fêtes de fins d’année, en appliquant des mesures audacieuses, ne doit pas être toujours occasionnelle. « C’est vraiment dommages, mais la rigueur des autorités en ce qui concerne l’indiscipline sur les routes est circonstancielle. Si les mesures qui sont prises pendant les grands événements étaient prolongées sur une longue durée, l’indiscipline allait diminuer », nous a confié avec amertume un chauffeur de taxi. C’est pourquoi, il serait judicieux, que l’on applique jour et nuit, des mesures telles que la mise en circulations de motards, pour traquer et sanctionner sévèrement tous les automobilistes qui violent des dispositions du code de la route. Il y va de la sécurité des populations.

  1. Adams