Côte d’Ivoire / Alassane Ouattara à Bouaké : « 2020 ce sera une nouvelle génération qui sera aux affaires avec notre bénédiction»
Le président de la République, Alassane Ouattara était hier au stade de la paix de Bouaké pour le meeting de clôture de la campagne relative au référendum du 30 octobre prochain. Alassane Ouattara à une fois encore montré l’importance de l’avènement de la 3ème République et appelé les populations du Gbêkê sortir massivement le dimanche prochain pour aller voter massivement le “Oui“.
Chères populations de Bouaké, mes chères compatriotes, merci à chacun de vous pour cette mobilisation et cet accueil toujours chaleureux. Cette mobilisation est vraiment exceptionnelle. Elle me fait chaud au cœur et je suis tellement heureux de voir rassembler ici, si nombreux pour venir m’écouter. Je suis également heureux de venir vous voir en tant que frère et fils de Bouaké et en tant que le Président de la République pour dire que j’ai été peiné par les évènements qui ont secoué la ville de Bouaké au mois de juillet dernier. J’ai trouvé cela inacceptable, impardonnable parce que, savez-vous à quel point nous avons souffert pour Bouaké et les environs, pour la zone centre ouest mais également pour Abidjan avec des quartiers comme Abobo, Yopougon, Treichville, avec les souffrances que les populations ont vécu. Bouaké a une place particulière dans mon cœur. Et je m’évertuais à faire en sorte de rattraper le retard que Bouaké a pris. Car il est nécessaire. De rattraper le retard de Bouaké. Et c’est pendant que nous étions en train de mobiliser les investisseurs, de mobiliser toutes les personnes de bonnes volonté pour que Bouaké retrouve son lustre d’antan que cette situation de désordre a éclaté. Promettez-moi que ceci ne se reproduira plus. Plus de désordre à Bouaké parce que nous reconstruirons Bouaké. Elle a besoin d’attention, les jeunes, les femmes ont besoin d’emploi, de reprendre vos commerces tranquillement, vous avez besoin de nourrir vos familles auprès de vos maris. Vous avez besoin de paix, de tranquillité, c’est pourquoi, j’ai déploré ces événements de Bouaké. Je pense que je ne serai pas sincère avec vous, si je ne vous disais pas dès le départ la douleur, la souffrance que j’ai vécue à cette occasion. Je souhaite que ces événements soient définitivement derrière nous. Et que nous puissions nous concentrer sur le développement de Bouaké, du Gbêkê et de la Côte d’Ivoire. Je veux compter sur vous pour la paix à Bouaké.
« Faites preuve de civisme et de responsabilité »
Nous allons tout faire pour accélérer la mise en œuvre des projets jeunes à Bouaké. D’ailleurs, j’ai nommé un ministre de la jeunesse, un enfant du Gbêkê. Je lui ai donné des instructions, je veux que Bouaké soit une priorité dans son programme de développement de l’emploi des jeunes. Je vous demande en contrepartie de faire preuve de civisme et de responsabilité. Nous devons préserver les acquis. Nous avons commencé les choses à Bouaké et nous devons aller jusqu’au bout. Car, Bouaké a besoin d’investissement, de paix. Les jeunes ont besoin d’emplois, les femmes ont besoin d’un environnement propice à mener leurs activités. Si je suis venu à Bouaké c’est pour vous parler de ce référendum du 30 octobre, c’est aussi pour venir vous saluer et vous rassurer que je suis avec vous. Nous sommes ensemble chères populations de Bouaké. Bouaké est unique en Côte d’Ivoire par sa diversité, sa situation géographique, par ses opportunités et par ses richesses. Bouaké, c’est le modèle de la nouvelle Côte d’Ivoire en marche. Et nous devons marcher ensemble main dans la main. Nous devons marcher ensemble vers le développement de notre nation. Je demande que chacun de vous prenne le temps de lire la nouvelle Constitution ou de la faire lire ou de la faire traduire. Vous verrez que cette Constitution a prévu tout ce qu’il faut pour Bouaké, pour la Côte d’Ivoire et pour la paix dans notre pays pour des générations et des générations à venir. Je suis venu vous demander de sortir nombreux le 30 octobre. Je demande que votre participation soit aussi forte que celle d’aujourd’hui. Je vous demande d’aller partout dans les quartiers de Bouaké, dans les villages, dans les hameaux pour dire à vos amis, parents et enfants que vous devrez voter massivement le 30 octobre. Car, cette Constitution pour la troisième République est la fondation de la paix et de stabilité dans notre pays. J’ai rencontré hier à Abidjan une délégation de plusieurs organisations de la société civile à l’occasion d’un déjeuner. Nous nous sommes entretenus. Dans beaucoup de pays, la société civile a beaucoup contribué au changement. Ce qui est remarquable, c’est de voir à quel point ici en Côte d’Ivoire avec cette Constitution de la troisième République, la société civile et le gouvernement sont en accord sur ce qu’il faut faire pour les ivoiriens. Les étapes prévues ont été respectées. Un comité d’experts, conseil du gouvernement, conseil des ministres, l’Assemblée nationale. Mais c’était important de recueillir les suggestions, les recommandations de tous, la société politique comme la société civile. Et c’est ce qui a été fait et confirmation nous a été donnée hier que nous avons pris en considération les positions de la société civile. Cette Constitution va renforcer l’unité nationale contrairement à ce que certains pourraient dire. Cette Constitution renforce la réconciliation des Ivoiriens. Cette Constitution dit clairement que les Ivoiriens sont égaux devant la loi. Et que tous les Ivoiriens, hommes comme femmes ont les mêmes opportunités et doivent avoir les mêmes chances devant la loi. Donc je voudrais vous dire chères femmes, que cette Constitution restitue à sa bonne place le rôle et la contribution de la femme ivoirienne. Bravo à toutes les femmes de Côte d’Ivoire, nous comptons sur vous pour voter massivement le 30 octobre prochain. Est-ce que les femmes sont-là ? Est-ce que vous allez voter le 30 octobre ? Qu’est-ce que vous allez voter ? Vous allez voter oui. Mais vous allez voter massivement le oui. Oui j’ai déjà expliqué, et d’autres l’ont fait, tout ce que cette Constitution apportera aux femmes. Que ce soit dans le domaine économique, politique, social. Enfin la femme ivoirienne doit savoir que nous allons mettre en œuvre la parité dans notre nation. Quel progrès, quel progrès ! Bravo pour les femmes de Côte d’Ivoire. Est-ce que les jeunes sont-là ? Oui, je vois que vous êtes nombreux. Oui je veux que vous sachez que cette Constitution est également la vôtre. Parce que vous les jeunes, vous représentez les trois quarts de la population de la Côte d’Ivoire. Vous êtes la majorité. Et cette Constitution tient compte de votre place dans la nouvelle Côte d’Ivoire.
« Tout le monde comprend maintenant l’intérêt de voter OUI »
Merci, chers jeunes, chers femmes, mais cette Constitution n’oublie pas les personnes âgées. Les personnes handicapées, nos rois et chefs traditionnels que j’ai rencontrés d’ailleurs lundi dernier à Yamoussoukro. Notre volonté de nous enraciner dans notre culture et de faire en sorte que la Côte d’Ivoire moderne soit une Côte d’Ivoire fière de ses coutumes. Et cette Constitution donne le socle, la fondation pour la stabilité et la paix. Et je suis content de voir qu’au fil des jours, avec les explications qui ont été fournies par les uns et les autres, que maintenant la cause est entendue. Nous allons voter OUI n’est-ce pas. Nous voterons OUI le 30 octobre. Nous voterons tous OUI à la nouvelle Constitution. Merci beaucoup. Merci à tous. Je sais que tout le monde comprend maintenant l’intérêt de voter OUI à cette Constitution. Je voudrais dire que nous avons clarifié le débat. Et certains points méritaient des explications et nous les avons données. Je veux revenir sur le problème de la terre. OUI en milieux rural. Et l’on sait bien que le Centre, l’Ouest, le Nord sont des régions, grandes productrices de produits agricoles, comme le Sud parce que la Côte d’Ivoire est un pays riche. Je veux que vous sachiez et je vous le dis encore que cette fois-ci, nous avons constitutionalisé, nous avons mis dans la Constitution que la terre rurale appartient à l’Ivoirien, rien qu’à l’ivoirien ou à l’Etat Ivoirien. Nous allons mettre en place avant la fin de l’année, une agence pour le foncier rural qui va aider à régler le problème de la délimitation des terres et de faire en sorte que les terres qui vous appartiennent servent de garantie si vous voulez des crédits pour les laisser à vos enfants et petits-enfants en héritage. Nul ne pourra venir arracher vos terres. Je veux vous donner cette assurance. Je sais que ceci est important pour nos braves paysans. Merci de faire confiance et de voter “Oui“. Je voudrais très sincèrement vous dire que nous avons pensé d’abord à la protection de tous les ivoiriens sans distinction. Je veux que vous sachiez que cette constitution de la troisième République vous protège contre toutes décisions arbitraires. Cette nouvelle constitution vous amène vers la Côte d’Ivoire nouvelle. Je suis content de votre approbation. Je veux dire à nos honorables chefs traditionnels et nos guides religieux que je compte sur eux pour demander à toute la population de Côte d’Ivoire de prendre connaissance de la constitution et de voter en toute conscience le dimanche 30 octobre. Nous voulons des élections apaisées, comme en octobre à l’occasion des élections présidentielles. Chacun a le droit de s’exprimer. Je suis persuadé en voyant toutes cette mobilisation que le “ Oui“ l’emportera massivement. C’est cela la démocratie. Après le soir du 30 octobre, nous ferons en sorte que les élections législatives puissent avoir lieu avant la fin de l’année. Je voudrais donc donner l’assurance à nos honorables députés, qui ont faire un travail exceptionnel et méticuleux et qui ont passé des heures à étudier cette constitution qu’ils ne sont pas au chômage. Dès la fin de leur mandat, deux à trois jours après il y aura des élections et je suis sûr pour la plus part vous allez les voter pour qu’ils retournent à l’assemblée. Je voudrais rassurer le président de l’Assemblée nationale qui avait dit qu’ils sont au chômage. “ Vous n’êtes pas au chômage“. Chers jeunes merci à chacune et à chacun d’entre vous. La nouvelle Côte d’Ivoire est en marche, je suis fier de cette mobilisation d’aujourd’hui. Ce que j’attends de vous est que cette mobilisation ne faiblisse pas, jusqu’au dimanche soir. Je vous demande de vous rendre nombreux aux urnes le dimanche 30 octobre, comme vous l’avez fait aujourd’hui, pour voter le “Oui“. N’allez pas dire que cette élection n’a pas d’enjeu. Je veux insister sur ce point. J’entends beaucoup de gens dire que le pays est en paix, le Président et son gouvernement font du bon travail, l’Assemblée nationale et les institutions font du bon travail et qu’il n’y a pas de raisons de faire un referendum maintenant.
« C’est mieux d’avoir le referendum maintenant en 2016 »
Nous le faisons maintenant pour donner des garanties pour 2020. Parce que, voyez-vous, en Afrique, quand il y a des élections il y a des palabres. Mais quand les règles sont claires, quand elles sont énoncées bien à l’avance, quand chacun sait ce qu’il faut faire pour gagner, normalement si la personne est de bonne foi, si elle perd, elle le reconnaît et appelle celui qui a gagné pour le féliciter. Donc c’est mieux d’avoir le referendum maintenant en 2016 pour qu’en 2020 nous ayons des élections claires et limpides. Et comme je l’ai dit, le président Bédié et moi avons l’ambition en 2020 de transférer le pouvoir à une nouvelle génération. Je veux que vous le sachiez. Ceci est très important. J’ai lu dans la presse que certaines personnes se demandent pourquoi nous n’avons pas mis la limitation d’âge à 75 ans. J’ai déjà expliqué cela. C’est un accord politique. Mais je veux que vous sachiez que cela fait un demi-siècle que nous travaillons pour la Côte d’Ivoire, à l’intérieur comme à l’extérieur. Nous aussi nous avons besoin de nous reposer et c’est pour cela que nous avons pris la décision que 2020 ce sera une nouvelle génération que nous allons soutenir et qui sera aux affaires avec notre bénédiction. Je veux que cela soit clair. Il est important pour la Côte d’Ivoire d’avoir de la visibilité. Et ceux qui se demandent pourquoi l’âge n’est pas plafonné oublient que l’âge minimum était à 40 ans et que ceci a été ramené à 35 ans. Cela veut dire que tous ceux qui ont 35 ans, 36 ans, 37 ans, 38 ans, 39 ans peuvent être candidats s’ils le désirent en 2020. Vous voyez que cette Constitution est faite pour la jeunesse. J’essaie de donner les réponses aux questions que j’entends ici et là. Car nous, nous sommes des responsables et nous aimons notre pays, notre chère Côte d’Ivoire. Nous voulons faire en sorte que la Côte d’Ivoire continue dans la stabilité et dans la paix. Et la meilleure récompense pour un leader politique, c’est de faire en sorte que les choses se passent bien quand il va quitter le pouvoir. Et c’est ce que nous voulons faire. Mais vous savez, quatre années c’est un long moment. Donc je peux vous dire que je suis là pour les quatre années à venir et vous pouvez compter sur ma personne et mes décisions jusqu’au dernier jour de mon mandat. N’ayez pas peur parce que certaines personnes me disent qu’elles sont rassurées lorsqu’elles voient que nous sommes là. Mais nous sommes là avec vous. Je suis là avec vous et vous pouvez me faire confiance. Est-ce que vous me faites confiance ? Est-ce que vous avez confiance en l’avenir ? Parce que le président Bédié et moi voulons vous laisser un pays en paix. Tout à l’heure dans leurs interventions, Euphrasie Yao et Guillaume Soro ont expliqué pourquoi cette nouvelle Constitution est importante pour le futur. Car les Ivoiriens ont trop souffert avec la Constitution de 2000. Je n’aime pas critiquer les uns et les autres mais nous savons dans quelles circonstances cette Constitution a été mise en place. Elle a été votée sur deux jours pour avoir 20% ou 30% de participation. Ce n’est pas ce que je veux pour cette Constitution. Je veux que vous vous-rendiez aux urnes le 30 octobre et que vous votiez massivement pour que nous approchions les 100% de « oui » pour le referendum. Est-ce que je peux compter sur vous ? Parce que cette nouvelle Constitution est la nouvelle Côte d’Ivoire en marche. Et je vous donne l’assurance, chers frères et sœurs de Bouaké, que nous reviendrons vous voir. Nous devons faire des projets spécifiques à Bouaké et à la région du Gbêkê. Nous voulons effacer les mauvais souvenirs du mois de juillet. Nous devons faire en sorte que les investisseurs et tous ceux qui veulent investir dans toute la Côte d’Ivoire sachent que Bouaké est une destination de paix. Et qu’ils peuvent venir ici en toute tranquillité et qu’ils n’auront pas de problèmes. Je compte sur vous pour que la paix règne à nouveau à Bouaké. Est-ce que je peux compter sur vous pour ce défi ? La paix à Bouaké, la paix en Côte d’Ivoire, la stabilité pour notre pays. Oui chers parents je voudrais conclure en demandant à chacun de vous, de s’impliquer dans cette champagne. Chers jeunes, chers parents, chers jeunes, allez partout dans le Gbêkê, dans le centre de la Cote d’Ivoire pour dire aux populations de sortir massivement le 30 octobre et de voter « oui » pour la nouvelle Côte d’Ivoire, pour la 3ème République. Je sais sur je peux compter sur vous. Merci chers parents. A dimanche soir pour célébrer la victoire. Bravo Bouaké.
Je vous remercie.
Retranscrit par L.F. envoyé spécial à Bouaké





