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Candidat du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) aux municipales du 13 octobre à Adzopé, le sénateur Atsé Zepp, maire sortant, explique les raisons de sa chute.      

Sénateur de la Mé et maire sortant de la commune d’Adzopé, vous n’avez pas réussi à vous faire réélire aux dernières municipales. Pourquoi avez-vous choisi le RDR ?

 Ce n’est pas mon échec aux élections municipales qui motive mes interventions mais je veux faire des éclairages pour prévenir des dérapages que peuvent produire les nouvelles trouvailles liées au débat politique local et national : la tribalisation, l’ethnisation et la régionalisation et les effets qu’elles peuvent  induire dans la négation. Il faut préserver la paix et le Vivre-ensemble.  J’ai été courageux et déterminé pour faire ce choix à cette période (1994). J’ai été le pionnier du Front populaire ivoirien (Fpi) à Adzopé et j’ai rejoint le Rassemblement des républicains (Rdr) le 7 décembre 1994 lors de la célébration de l’indépendance à la sous-préfecture d’Adzopé. Le tonnerre a grondé sur ma tête et je me suis protégé seul jusqu’à ce jour. Rejeté par ma famille, j’ai été l’un des exilés internes pendant cinq ans. Je vis encore d’importantes séquelles de tous ordres. Je ne suis pas un militant Rdr Alassane Ouattara, c'est-à-dire tout faire pour bien manger, Alassane est là ; et disparaître quand Alassane n’est plus là. Je milite pour un Rdr durable. Cheville ouvrière de l’implantation du Rdr à Jacqueville et à Adzopé,  j’ai été nommé membre du comité central par Djéni Kobenan. Animateur du Rdr à Agnibilékrou. Acteur  actif de la campagne présientielle de 2010, je venais à Adzopé chaque week-end. Vainqueur aux élections municipales de 2013 à Adzopé. Et tout ceci avec mon salaire de médecin. Et depuis 2013, je suis combattu en interne  et par les alliés d’hier (PDCI) qui n’ont jamais digéré leur défaite parce que ne voulant pas voir le Rdr à la mairie d’Adzopé. Je n’ai eu aucun soutien, aucun appui, abandonné et seul comme un animal dans une meute de chiens. Et le résultat est là. La mairie désormais Pdci. Si tu tiens un butin dont veulent s’accaparer des individus puissamment organisés et si tu es seul à défendre ce butin, ils finissent par te l’arracher.

 

 

Et pourtant vous aviez de grandes ambitions pour votre commune…

J’ai nourri des ambitions de gérér la mairie d’Adzopé depuis 1980, pour apporter un changement dans la gestion. Servir et non me servir.J’ai fini les études en 1984. En 1985 j’ai présenté ma première candidature sans succès. En 1990, idem. En 1995, j’ai représenté le Rdr aux législatives sans succès. J’ai persévéré et ma persevérance a payé. J’ai gagné la mairie d’Adzopé pour le Rdr en 2013 pour ouvrir son implantation dans la région de la Mé. Hélas, j’ai été abandonné et ceux qui veulent ma place m’ont combattu librement avec des dispositifs bien organisés dans la ‘’ mangercratie ‘’ entretenue par les véritables convoiteurs, les commenditaires. Pour réussir leur besogne, tout a été utilisé  et surtout la tribalisation, l’ethnisation et la régionalisation du débat politique au Rdr où les candidats sont ouvertement soutenus par leur région. C’est grave et la cohésion sociale risque d’etre menacée. Qu’on arrete cela à Adzopé. Eh bien, les résultats sont là. Le Rdr a perdu la mairie. Cependant, cette situation peut etre corrigée, rattrapée si l’on le veut. 

Et depuis lors, quel est le regard du président Ouattara sur vous ?

Le président ne m’a pas encore regardé. C’est vérifiable. Et c’est parce que pour l’endormir, on lui a trop menti sur mon compte.  Le résultat est là. Le Pdci a arraché la mairie. Je souhaite qu’il me regadre après 24 ans au service du Rdr et avec de bons résultats dans la région de la Mé où je tiens la flamme du parti. Rien n’a changé dans ma vie. Je me suis remis au Dieu Tout-puissant. Sa volonté est toujours faite. J’y crois, le jour de mon jour arrivera. Le président Ouattara interviendra après analyse de la politique à Adzopé et dans la région de la Mé. Rien n’est tard.

Pouvez-vous revenir sur vos réalisations durant votre mandat ?

J’ai hérité d’une mairie post-crise où il fallait tout reprendre pour un bon fonctionnement. De juillet 2013 à fin 2017, nous avons eu 25 interventions dont les subventions aux élèves du privé, aux groupements sportifs, aux presonnes agées, aux jeunes handicapés. Nous citons l’achat de véhicules et de motos, l’achat d’un tracteur. D’autres projets sont réalisés. Ce sont la création d’un nouveau cimétière municipal, la réhabilitation des locaux de la mairie, les services d’Etat civil et financiers qui ont été informatisés. Six salles de classe avec buraeux de directeur, une cantine et des latrines construites. Des caniveaux sont construits, l’extension du réseau d’eau potable a été faite au quartier EECI-extension. Quatre marchés de proximité plus quarante magasins ont été construits dans quatre quartiers. L’école primaire Samat a été réhabilitée. La tractopelle a été réparée. En cours de réalisation en 2018, la clôture du jardin municipal a été faite. La construction du bloc d’accouchement à la Pmi est très avancée. Réhabilitation et équipement de la Maison de la jeunesse communale d’Adzopé et la radio la voix de la Mé très avancée.

On peut donc dire que vous avez de bons rapports avec vos administrés. Pourquoi vous n’avez pas été réélu ?

Un bon politicien est un modèle. Il est intelligent, sage, courageux et visionnaire. Il est perséverant dans la constance. Il doit penser aux autres et non se servir. J’ai essayé de l’être. Ainsi, j’ai pu occuper la mairie et réaliser les projets sus-cités. Les nombreuses réalisations du président Ouattara dans la commune et dans la région de la Mé sont ma satisfaction. Comme exemple, le joyau architectural abritant la préfecture, 45 ans après sa création et le bitumage de la route Adzopé-Yakassé Attobrou. Avec ces réalisations pour la population, une première dans la gestion de la commune d’Adzopé, nul ne pouvait prédire mon échec. Mais, c’est mal connaître ceux qui veulent réduire le Rdr à néant à Adzopé et peut-etre ailleurs. Ils ont utilisé tous les moyens, les hommes, l’argent, l’ethnisation, la calomnie et la régionalisation dans le débat politique à Adzopé. Et les arguments comme « le maire est FPI », « il n’aime pas les Dioula », « il ne donne pas d’argent et ni du sucre aux Dioula ». Ce sont des subterfuges ridicules, des allégations mensongères que peut contredire Konaté Idrissa, agent de la mairie. Les principaux commanditaires ont deux objectifs qu’ils ont atteints mais pas définitivement. D’abord, exclure du Rdr le docteur Atsé N’dé Zepp qui est un « intrus » pour eux dans la case et ensuite désorganiser le Rdr pour le réduire au silence. Sinon qu’est-ce que j’ai donné aux Akyé, aux Bété, aux Baoulé, aux Dioula et autres groupes ethniques ? Je ne serai jamais le chien à noyer. Je suis et je serai debout. Leurs projets et leurs opérations  sont faits  en hibou, bien orchestrés, bien planifiés. Attendons pour voir.

 Vous n’etes plus maire. Mais en tant que sénateur, continuerez-vous à appuyer vos populations ?

Les collectivités territoriales relèvent de notre attribution. Je jouerai mon rôle de sénateur.

 Quel est votre souhait le plus urgent ?

Les élections de 2020 approchent à grands pas. Ivoiriennes, Ivoiriens, nous sommes chrétiens, musulmans et autres. Tournons-nous vers Dieu, confions-nous à lui pour que chacun à son niveau, ouvre son cœur à l’autre pour entretenir et construire la paix.  Si nous aimons Dieu, notre créateur, chassons la guerre avec courage.  Nous ne devons plus sacrifier nos enfants qui ont droit à la vie. Les dirigeants du Rdr doivent doubler de vigilance et descendre sur le terrain. La vie du parti est là-bas où ils peuvent vérifier l’effectivité de sa présence et non se contenter des sections sur papier. Par ailleurs, 24 ans de services loyaux méritent un coup d’œil d’ADO (Ndlr : le chef de l’Etat Alassane Ouattara). Je souhaite qu’il me ragrde aussi.

Interview réalisée par A. K.