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Les dix années de crise qu'a connues la ville de Bouaké lui ont valu un certain nombre de maux. Les motos taxis génératrices de revenus pour les populations moins nanties, permettent en partie de résorber quelques inégalités sociales. Toutefois, les motos taxis sont responsables de bien de dégâts à Bouaké notamment les accidents de circulation et leur cortège de morts. Il ne se passe pas de jour sans qu'il n'y ait un accident de circulation mortel occasionné par les motos taxis. Les sapeurs-pompiers militaires passent presque la plupart de leur temps d'intervention avec les chauffeurs de motos taxis. Ces usagers de la route n'ont aucune notion des codes de la route.  Le crépitement de la voiture d'intervention des pompiers se fait entendre à tous les carrefours des grandes rues de la ville de Bouaké. Et l’on assiste presque chaque jour à des évacuations des accidentés de motos taxis au CHU de Bouaké.  Traoré Oumar, commerçant de chaussure au quartier commerce déplore cette situation. « Les chauffeurs de motos taxis ne connaissent rien les codes de la route. Ils n'ont même pas le permis de conduire. Comme de véritables illettrés, ils ne maîtrisent rien des feux tricolores. Conséquence, ils tuent tous les jours les innocents ». Ces chauffeurs, il faut le dire, sont de véritables chercheurs comme on le dit dans le jargon. Une visite aux urgences du Centre Hospitalier et Universitaire (CHU) de Bouaké nous situe sur la gravité de la situation. Une fois sur les lieux, nous sommes accueillis par des pleurs et des lamentations des blessés qui baignent dans une mare de sang. Leur salut ne peut venir que du bon Dieu qui peut leur permettre de recevoir des soins de la part d'un infirmier. Bras fracturés, pieds cassés ou visage défiguré ou d'autres encore complètement méconnaissables par leurs parents venus les assister. La plus part des blessés sont des femmes et jeunes filles qui aiment beaucoup emprunter les motos taxis. « En tout cas, les motos taxis sont mieux que les "woro woros" (ndlr : les taxis communaux) car ils vont jusque devant la cour et puis c'est plus pratique. Quand on a des bagages, les motos taxis nous emmènent devant la cour. Ce que les taxis communaux ne font pas », confie Karidja Fatim, jeune vendeuse d'habit d'enfant. Le constat, c’est que les chauffeurs de taxis sont toujours pressés. Ils violent le feu tricolore. Parfois même l’on assiste à des croisements de motos taxis à des carrefours des grandes rues de Bouaké.

 

O.K.