Côte d’Ivoire / Crise au FPI : Le camp Affi réclame un face-à-face avec le camp Sangaré
Après plusieurs tentatives infructueuses de règlement de la crise qui frappe le Front Populaire Ivoirien (FPI), le camp Pascal Affi N’guessan est sorti, samedi dernier pour réclamer un face-à-face avec le camp des « Gbagbo ou rien » pour régler définitivement leur différend. « Je mets au défi Abdrahamane Sangaré de venir débattre avec le président Affi N’guessan. Qui aime Gbagbo ? Qui n’aime pas Gbagbo ? Je veux un face-à-face Affi-Sangaré pour sortir définitivement de la crise. Je tiens à cela et il faut que cela soit fait avant les élections législatives », a lancé Jean Bonin Kouadio, secrétaire général adjoint chargé de la communication et du marketing politique, au cours d’un déjeuner avec la presse. Le nouveau patron de la Communication du FPI est longuement revenu que la crise qui secoue son parti depuis quelques mois et les différents moyens de règlement qui ont mis en œuvre. Y compris la saisine du juge ivoirien. Pour Monsieur Bonin, « quand on ne peut pas régler un problème par les moyens traditionnels, c’est à la justice qu’il faut avoir recours », étant lui-même juriste de formation et de profession.
Incompétence du juge des référés
Le 2 avril 2015, une décision du tribunal interdisait le camp Sangaré, l’usage du logo et de l’entête du FPI, le camp Affi étant reconnu comme le président statutaire du parti de Gbagbo. Les « Gbagbo ou rien » ayant violé cette décision, Affi N’guessan a donc saisi le juge des référés qui s’est malheureusement déclaré incompétent. « La Cour d’appel a été saisi pour statuer sur la qualité du président du FPI. Le juge des référés a estimé qu’il fallait attendre que le juge du fond se prononce d’abord avant de prendre une décision. L’appel n’ayant pas été vidé, le juge des référés ne pouvait pas statuer. C’est en cela qu’il s’est déclaré incompétent. On est en attente de la décision du juge du fond », a expliqué Jean Bonin Kouadio. Qui n’a pas manqué de faire des révélations sur la crise au FPI.
Guerre de positionnement
Pour le secrétaire adjoint chargé de la communication et du marketing politique, la crise dans le parti de Gbagbo tire sa source dans une « guerre de positionnement » entre les cadres. « Il s’agit en réalité d’une guerre de positionnement qui n’a pas commencé aujourd’hui. Elle s’est exacerbée mais la crise est inhérente à tous les partis politiques », tente-t-il de minimiser. Toutefois Monsieur Bonin reconnait qu’il s’agit d’une « crise profonde » que le président de son parti met tout en œuvre pour son règlement. « Affi N’guessan n’a jamais exclu personne. Il a toujours tendu la main à tous les cadres du FPI. Il n’a pas fermé la porte aux autres. Il continue de prôner le dialogue et l’union ». Exemples pris pour les cas de décès de la mère de Laurent Gbagbo et d’Abdrahamane Sangaré. « Il s’y est rendu pour présenter ses condoléances malheureusement il a été éconduit. Il a même failli être lynché lors des obsèques de Marguérite Gado. Mais il y a eu le décès de Blé Blé Charles, on n’a pas vu Sangaré. On ne peut pas être ennemi jusqu’à la mort », a déploré le chef de l Communication du FPI. Toutefois, il a indiqué qu’une mission conduite par les chefs traditionnels et religieux, sollicités par le président du FPI, en cours pour trouver une issue heureuse à la crise au FPI. Pour lui, cette dissension au sein des refondateurs complique les démarches pour la libération de Laurent Gbagbo, détenu à la Haye.
Libération compliquée de Laurent Gbagbo
« Pour nous, Gbagbo est un prisonnier politique et donc il faut actionner les leviers diplomatiques. Mais il faut qu’à notre niveau, on soit unis. Il y a des gens qui ne veulent pas de la France. La France ayant contribué à emmener Gbagbo à la Haye, nous sommes pour qu’elle intervienne pour sa libération », a fait savoir Jean Bonin. Mais pour lui, cette position du camp Affi, n’est pas du tout appréciée par le camp Sangaré qui prône la rupture totale d’avec la France. « Il faut toujours discuter avec la France qui a plusieurs intérêts en Côte d’Ivoire. C’est avec elle qu’on peut obtenir la libération de Laurent Gbagbo. Il faut discuter avec la France sans être assujetti à elle. On ne peut pas prôner la rupture, parce que Gbagbo lui-même n’a jamais fait cela durant ses dix ans de pouvoir. Discuter, ce n’est pas de la compromission », a martelé le nouveau patron de la Communication du FPI. Pour lui, cette division entre les compagnons de Laurent Gbagbo ne donne pas une bonne image de leur parti à l’extérieur. Encore moins qu’elle ne favorise les actions en vue de la libération de leur mentor.
A.K.





