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Le foisonnement des fumoirs à Abidjan et dans certaines villes de la Côte d’Ivoire inquiète les autorités et la société civile. Mais bien plus, c’est quand la population féminine fréquente lesdits lieux. L’Ong « le foyer du bonheur » tire la sonnette d’alarme sur le cas des femmes présentes dans les fumoirs. Selon Oussou Boh Michael, PCA de l’Ong, leur situation devient critique au point où certaines d’entre elles qui ont des rapports sexuels non protégés accouchent dans ces lieux dans des conditions déplorables. L’Ong fait remarquer également que d’autres fléaux comme le Sida, la tuberculose, l’hépatite virale sévissent dans ces lieux. C’est d’ailleurs pour réduire les risques de contaminations que l’Ong a initié présentement un programme de sensibilisation dans les fumoirs de Treichville (Gragra,  où vivent plus de 600 personnes), Belleville, Collosse, Koumassi campement, Abattoir de Port Bouët, Yopougon, Abobo, etc… Oussou Michael avance que selon une enquête, 9.8% de cette population est infectée. Ce qui plombe le taux national qui est de 3.7%. Toujours selon lui, certains usagers, qui ont la tuberculose multi-résistante et chronique, sont bannis systématiquement des fumoirs. Une situation de paria qui les oblige à fréquenter d’autres fumoirs où ils ne sont pas connus. « Cette stigmatisation rend la lutte contre le Vih compliquée », fait-il savoir. Pour éviter la contamination du plus grand nombre, l’organisation mène la lutte contre les échanges de seringues et autres objets pointus utilisés pour l’inoculation de la drogue. ‘’Les échanges d’embout’’ (système de prévention) sont à ce sujet une réussite. Aussi faut-il signifier que le lien habituel que l’on fait entre l’usage de la drogue et l’insécurité suscite des descentes musclées des forces régulières au quotidien dans ces fumoirs. Pour l’Ong, cette expédition punitive et la destruction massive des fumoirs n’est pas une solution. Car le constat est implacable, les fumoirs se recréent au fur et à mesure qu’on les détruit. C’est pourquoi, l’organisation non gouvernementale plaide plutôt en faveur d’une autre stratégie, celle qui consiste à répertorier tous les fumoirs afin de mieux mener les activités de prévention. L’ong souhaite que les autorités aient un autre regard des fumoirs et de leurs usagers, afin que ceux-ci soient pris en charge, voire intégrés dans le tissu social. ‘’Le foyer du bonheur’’ suggère que le traitement de substitution(TSO) inscrit dans le programme gouvernemental soit instauré en Côte d’Ivoire. Elle demande par ailleurs la relecture du contenu de la loi N 686 du 28 Juillet 1988, très répressive. Car pour elle, ce n’est pas le consommateur qu’il faut incarcérer mais plutôt les narcotrafiquants.

A.A.