Côte d’Ivoire / Des militaires sèment la terreur : Les populations crient leur colère et indignation
La journée d’hier a été particulièrement éprouvante pour les populations ivoiriennes. Comme en janvier dernier, les militaires mécontents, réclamant encore le reliquat de leurs primes sont descendus dans les rues, armes à la main. des tirs ont été entendus notamment dans les casernes de Bouaké, Abidjan, Korhogo, Man, Guiglo dans la matinée. Il s’en est suivi des érections de barricades devant les camps militaires, ensuite sur les entrées principales de la deuxième ville du pays. Toute chose qui a dérangé pour la énième fois la quiétude des populations et des opérateurs économiques. A Bouaké, les populations n’ont pas hésité à crier leur colère et indignation. Pour Charaf, un opérateur économique exerçant dans le domaine de la vente de boissons gazeuses et alcoolisées, « cette situation est dommageable et stressante pour les affaires ». « On ne sait plus ce qu’il faut faire. On est obligé de tout fermer et libérer les employés pour notre propre sécurité et espérer qu’on ne vienne pas nous piller », a-t-il déploré. Monsieur Traoré, Directeur d’école, regrette qu’il n’ait pas pu achever un examen d’épreuve physique qu’il conduisait dans un établissement scolaire. « On a été obligé de libérer les enfants sous la menace des coups de feux. Les gens sont paniqués. Rien ne justifie que des militaires nous foutent la trouille avec les armes achetées par l’argent du contribuable », dénonce-t-il. Il faut noter que la ville de Bouaké a subi toute la journée des tirs sporadiques par endroits. Des soldats incontrôlés, armes au point, à motos ou en voitures de services immatriculées DCI arrachés à la leurs propriétaires paradaient devant des établissements bancaires, qui par prudence ont vite fermé leurs portes aux clients. Un client d’une banque arrivé de Sakassou, pour une opération, en a payé les frais. « J’ai des funérailles aujourd’hui. Les gens ont besoin d’argent, et j’arrive à Bouaké pour prendre un peu d’argent, voilà ce qui arrive. Comment on peut vivre sereinement dans une telle atmosphère », critique Konan Kouadio Sébastien. Ces tirs font suite à la déclaration de renonciation aux reliquats des primes faite par l’un des responsables des militaires, après la rencontre avec le chef de l’Etat Alassane Ouattara. Une déclaration qui, à en croire les insurgés ne requiert pas l’assentiment de l’ensemble des militaires.
D.V.K





