Côte d’Ivoire /Dialogue républicain / Affi N’Guessan revèle : « Voici pourquoi je négocie »
La direction du Front populaire ivoirien (FPI) a reçu, samedi dernier ses cadres revenus d’exil. C’était l’occasion pour le Président du FPI, Pascal Affi N’guessan de souhaiter le retour de ceux des leur qui sont encore refugiés à l’extérieur. Il a aussi expliqué pourquoi il s’est inscrit dans le sens du dialogue avec les autorités dont l’un des fruits est le retour des exilés. Ci-dessous, de larges extraits du discours d’Affi N’guessan.
« Nous n’avons pas adopté cette posture par lâcheté ou par irresponsabilité. Nous l’avons adoptée en toute responsabilité parce que dans l’histoire de l’humanité, toutes les crises et les guerres se terminent par une négociation dans le but d’apaiser et de décrisper l’atmosphère. Ce qui est normal, c’est la paix et l’harmonie, alors que les crises constituent des moments exceptionnels dans la vie des peuples. Cela peut durer 10 ans, mais que représentent 10 ans dans la vie d’un peuple ? Il est donc normal qu’après la guerre,, il y ait la paix, qu’après les affrontements, il y ait la négociation. Qu’après les pleurs il y ait le sourire. Qu’après la nuit, il y ait le jour. C’est ce qui est conforme au destin de l’homme, et je ne connais pas un peuple où des communautés se soient battues éternellement parce qu’en se battant, ils savent qu’il faut un jour y mettre fin. C’est alors qu’ils cherchent toutes les finesse et les voies et moyens pour sortir de la guerre. C’est pour cela qu’après une guerre, chaque partie est gagnante et perdante à la fois. Si d’aventure il y a un gagnant, il l’aura été au prix de combien de morts et de retard de développement pour son pays. La guerre n’apporte aucun bénéfice, il faut donc chercher à en sortir lorsqu’on y est. Lors d’une guerre, des gens fuient en brousse tandis que d’autres sont emprisonnés. L’attitude de ceux qui n’ont pas vécu ce sort ne doit pas être la reprise de la guerre, car cela ne profitera pas à ceux qui sont encore en prison ou en brousse. Il doit avoir pour attitude de pacifier le village pour que les siens sortent des forêts et des prisons. C’est donc la voix de la normalisation, de la pacification et de la décrispation qui nous restait à nous autres qui n’avons pas duré dans les aléas de la crise Ivoirienne, pour que ceux qui sont en brousse ou en prison puissent en sortir. La lutte démocratique et civilisée ne s’effectue pas avec des kalachnikovs mais avec un comportement humain à même de changer les choses, pour arranger là où c’est gâté, pour apaiser là où il y a affrontement. Certains pensent qu’il faut demeurer dans la rue et dans les contestations parce que le parti est né dans les contestations. Ils se limitent à cette seule lutte alors que c’est le résultat qui compte et non la forme. Et la forme doit tenir compte du contexte et un leader qui ne tient pas compte du contexte n’en est pas un. Par qu’il est impossible de combattre des adversaires armés de kalachnikovs lorsque l’on n’a que des flèches. Le contexte d’après le 11 avril nous imposait de prôner l’apaisement et la réconciliation afin de réparer ce qui a été gâté, obtenir la libération de nos amis et reconstruire notre parti dans l’optique de la reconquête du pouvoir d’Etat. On peut peut-être comprendre que certains veillent aller à l’affrontement sans tenir compte des rapports de force et du contexte. Parce que c’est un sentiment humain de réagir lorsque l’on a mal au cœur. Mais nous qui avons la responsabilité de millions de gens, nous dont les actes peuvent enflammer le pays ou favoriser la paix et la réconciliation, c’est à nous de faire preuve de dépassement, de responsabilité, de courage politique pour faire comprendre aux autres que leur voie n’est pas à mêmes de nous faire avancer. C’est à nous d’apaiser les cœurs, d’aider notre pays à retrouver la paix et de permettre à notre parti de se donner les moyens de revenir au pouvoir. Voici pourquoi nous avons adopté cette posture et je me réjouis du résultat que constitue votre retour qui prouve que notre stratégie porte ses fruits. Notre attitude a imposé aux autorités que nos frères puissent revenir sans qu’ils soient arrêtés et emprisonnés. C’est notre posture qui a changé l’environnement et les rapports avec le pouvoir. Pour qu’ils ne soient plus en mesure de rééditer en 2015 ce qu’ils ont fait en 2011. Notre ligne est en train de rassembler tous les militants du FPI. Les autres nous rejoindront parce que c’est la seule façon d’être utile au FPI et d’exister politiquement. Les signes sont encourageants parce que nous constatons que l’amertume qui habitait le cœur de nos camarades est en train de s’estomper, preuve que le temps fait son œuvre. La lucidité et le discernement sont en train de progresser dans leurs esprits. J’invite solennellement nos camarades en exil de regagner le pays afin de retrouver leur famille politique qu’ils ont abandonné à cause de la crise. Le FPI est prêt à les accueillir et à les réinsérer au sein de la société Ivoirienne ».
F.D.B.





