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Après son appel à un troisième mandat du président Alassane Ouattara, Ediémou Blin Jacob, chef de l’Eglise du christianisme céleste explose encore.

 

Révérend pasteur, votre église a organisé tout récemment un séminaire de formation des dignitaires. Vous avez, à l’occasion, envisagez l’élaboration d’une cartographie pour identifier vos paroisses et leurs chargés. A quoi répond cette organisation ?

Depuis qu’on parle de grand ménage à Abidjan, je disais à madame le ministre Anne Ouloto que Dieu est ordre, Dieu est propre. Le désordre, l’injustice et la rebellion ne sont pas de Dieu. Dieu aime la Côte d’Ivoire, il y a donc, pour cela, des obligations que nous devons avoir pour mettre le pays dans l’ordre, la propreté et le sérieux.. Dieu est propre, Dieu est sain, il est le saint des saints. Au point de vue S A I N et au point de vue pureté. Quand Dieu veut faire quelque chose, il prévient toujours. Un leader religieux qui ne reçoit pas la vision de Dieu, qui ne sent pas ce que Dieu veut faire et qui ne fait pas à son niveau, ce qu’il a à faire, Dieu va lui poser des questions. A travers un certain désordre, le diable veut faire croire qu’il a le monde entier en mains. Quand le Vatican  a fait, en son temps, l’enquête sur notre église, un prêtre dans son rapport a dit au prophète Oshoffa, quand un céleste est formé, il travaille sous la dictée de Dieu. Mais quand il n’est pas formé, il devient un féticheur. Il risque d’envoyer les cérémonies de fétiche dans l’église. C’est ce que le prophète Oshoffa m’a fait entendre quand je suis arrivé. Les prêtres au christianisme céleste, vous le verrez, ils sont prêtres et ils travaillent. En semaine, ils sont en costume et dimanche, ils enlèvent leur costume. J’étais l’attaché de cabinet du ministre Sery Gnoléba quand, en 1978, j’ai accepté de ne plus travailler pour servir Dieu. Mon prophète m’a dit de me former. C’est au regard de cela que nous avons décidé de former nos  vénérables supérieurs évangélistes, nos chefs de région. C’est une formation qui a duré trois jours et on ne dira pas que c’est fini. Quand ils viennent, il faut payer leur transport. Nous remercions les âmes de bonne volonté qui nous ont aidés à organiser ce séminaire pour quitter le monde et apprendre les choses de Dieu. J’ai travaillé directement sous l’ordre du prophète fondateur et j’affirme dans votre journal que celui qui est venu après lui se nomme le révérend Agbaossi. Si je ne communique pas à mes frères ce que j’ai, Dieu va me demander des comptes. C’est pour cela qu’en cette année 2018, nous avons profité pour donner des conseils à nos fidèles. Je précise que 2018 et 2020 seront deux années difficiles. Le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité, dont nous saluons la venue, travaille dans la discrétion. Le recensement des lieux de culte et des associations religieuses, c’est ce que Dieu veut. Il faut connaître combien de paroisses existent, qui sont ceux qui s’en occupent. C’est le rôle de l’Etat bien que la Côte d’Ivoire soit un Etat laïc. Ces dispositions permettront à l’Etat de soutenir les organisations religieuses ainsi bien organisées. L’Etat qui le fait déjà, le fera davantage pour tout le monde. Le temporel appartient au Président de la République et ses proches collaborateurs et l’intemporel appartient à Dieu et aux vrais guides religieux. Si le temporel et l’intemporel ne vont pas ensemble, ce n’est pas bon. Nous pensons que Dieu est avec nous à cause de ce que le président Houphouët a fait, et nous devons continuer à faire en sorte que Dieu soit toujours avec nous. Pour nous, l’opération vient à point nommé. En ce qui concerne la formation de nos formateurs, il y aura une autre session à la semaine sainte et à l’issue de cela, les chargés de paroisse pourront être formés. On ne doit plus aller ouvrir une paroisse parce qu’on est riche ou aller ouvrir une paroisse parce qu’on a besoin d’argent. Nous félicitons le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité et nous lui souhaitons beaucoup de courage car, on ne peut rien faire sans difficultés. Nous devons marcher avec Dieu dans l’ordre et la discipline dans la prière.

Dans un message aux Ivoiriens, vous avez appelé à accorder un troisième mandat au Président Ouattara. Est-ce une vision de Dieu ou un souhait personnel ?

Je vous ai dit que je travaille pour Dieu. Je fais mon malin dans la grâce du Seigneur. Je fais mon malin dans le don de Dieu. Mon parcours n’est pas un parcours mystérieux. Je vous ai dit que le peu d’école que j’ai pu faire, Dieu m’a donné mon pain. La parole de Dieu dit : « L’homme ne vit pas seulement de pain mais de la parole de Dieu ». J’ai vu que j’ai le pain mais il me manquait la parole de Dieu. Dieu a voulu qu’en entrant à l’église du christianisme céleste, qu’Oschoffa a envoyé en Côte d’Ivoire et que tout le monde a refusé parce que c’était trop dur. Personne ne croyait en cette église. Je disais à quelqu’un que ce sont des vœux que je formule pour la prière que j’ai faite et le discernement que le sixième sens de l’homme animal doit avoir pour être un homme spirituel n’ont poussé à faire ce message. Je suis un patriote spirituel. Je n’ai jamais trahi. Tous ceux qui ont cherché à ouvrir une paroisse au commencement en Côte d’Ivoire, avant moi, sont tous morts. Ceux qui veulent être prêtres dans l’église avec moi trichent. Le jour, ils vont travailler, la nuit, ils sont prêtres. Jésus a dit, l’homme ne peut pas suivre deux maîtres à la fois. Si donc, j’ai eu la grâce de Dieu, un don, le prophète m’a dit, il faut travailler pour Dieu, il faut te déchausser, Dieu pourvoira. Si même ce que j’ai dit ne vient pas de Dieu, Dieu peut m’accorder ce souhait comme il peut ne pas me l’accorder. Je suis une créature de Dieu et le créateur seul décide. Je suis habitué à ce genre de situation. Dans un journal, le 12 août 2002, j’ai prévenu que la Côte d’Ivoire allait être attaquée et qu’il fallait prendre nos précautions. Qu’est-ce que j’ai dit et que Dieu ne m’a pas dit de dire et pour lequel il ne m’aide pas ? Au moment où c’était chaud en Côte d’Ivoire, quand nous sommes revenus de la réconciliation, n’oubliez pas que j’ai dit à haute voix que le remplaçant du Premier ministre Seydou Diarra ne pouvait être Banny, si on doit aller aux élections. Mais quand Banny a été nommé, j’ai reçu des coups de partout, on a saccagé des biens m’appartenant, on m’a demandé de fuir. J’ai dit que je vais fuir pour aller où ? La Côte d’Ivoire est mon pays, je préfère mourir ici et être enterré ici. Je remercie Dieu, ceux-là n’ont pas touché à mon corps mais ils m’ont tenu de vilains propos. Quand Banny même a démissionné, j’avais dit que si le Président Gbagbo ne prend pas Soro, ça ne bougera pas. Je l’ai dit en 2004 et quand le moment est arrivé, c’est en 2007 qu’on a pris Soro. Pourquoi, ils ne sont pas venus m’applaudir, me soulever ? Les Ivoiriens, quand c’est doux, c’est pour eux. Dieu aime Ediemou. Regardez, un député à l’Assemblée nationale fait palabre avec une policière. « L’Etat se bat avec lui-même ». C’est quoi ? Où met-on la loyauté à la nation ? Personne ne respecte l’autre. Donnez moi raison vite pour qu’on puisse prier vite. On doit se réconcilier avant que Bédié et Ouattara ne partent. Vous voulez que je parle appolonien ? Je parle de mon cœur. Quelqu’un me disait que le mensonge n’a peur que du temps. Parce que la vérité parviendra au grand jour avec le temps. Je connais la capacité de Dieu et c’est avec les instruments de Dieu qu’on peut se réconcilier. Alassane Ouattara peut rester pour l’intérêt de la Côte d’Ivoire et je béni Dieu parce que ceux qui aiment ce pays vont commencer à prier Dieu. Ils diront qu’Ediemou a dit. Oui, est-ce qu’il y a quelqu’un autour de qui on peut se rassembler avant 2020 ? Puisqu’on a déjà un, cherchons à faire la réconciliation autour de lui avant qu’il ne parte. Un député et une policière se disputent en pleine rue, des militaires qui se sont signalés, il faut finir avec la violence. Il faut avoir le discerfnement. L’église africaine Papa nouveau est déjà en jeûne. Ç a fait une semaine que je ne dors pas. La semaine prochaine, j’irai à Toukouzou pour participer au carême avec eux. Dieu nous donne des signes pour dévoiler le diable. Mon appel au troisème mandat a suscité beaucoup de réactions. A ceux qui me félicitaient, je leur ai dit : « Ne me félicitez pas ». Ceux qui m’ont insulté, je leur ai dit insultez moi. Mes enfants ont pris le coup. Il y a des directeurs de publication qui sont venus me voir. Dieu s’en occupe. C’est après avoir analysé ce qui se passe en Côte d’Ivoire que j’ai exprimé cette opinion. Notre souhait ou notre opinion n’est pas Dieu. C’est quand Dieu prend en compte ta préoccupation que tu le bénis. Quand, c’est contraire, tu es soumis à lui. Quand le Président Houphouët partait, il a confié le pays aux Présidents Bédié et Ouattara. Dieu a fait  qu’ils travaillent ensemble. Ma prière, que le diable ne les divise pas. Nous devons prier pour que la Côte d’ivoire soit un pays de paix. C’est ma préoccupation actuellement. Dieu étant unique, nous invitons le Forum national des confessions religieuses à se reveiller, avec nous, membres de l’église du christianisme céleste,  pour imposer la paix. Les Présidents Bédié et Ouattara doivent tout faire pour chercher comment ils vont laisser la Côte d’Ivoire dans la paix. Et, ils peuvent le faire. Si Dieu te donne quelque chose, il faut chercher à savoir pourquoi, il t’a donné. Je n’ai pas d’ordre à donner à Dieu en ma qualité de religieux. Nous attendons que sa volonté soit faite et quand cette volonté est faite, nous disons 21 fois amen !

Vous avez indiqué que l’année 2018 est dure, vous dites aussi que 2020 le sera également. Pouvez-vous être plus précis ?

Chez nous, au christianisme céleste, le chiffre 2 est un chiffre du diable. Il faut que nous copions en deux pour faire 4, les 4 archanges Saint Michel, Saint Gabriel, Saint Raphaël et Saint Uriel pour faire la prière. 20 égal 2, 18 égal zéro. Spirituellement, c’est ce que nous avons réçu de notre prophète. L’homme de Dieu prévient toujours pour que Dieu nous aide dans la prière, parce que la prière est l’ultime salut de l’humanité. Par démonstration spirituelle, 2018 égal 2020. Nous devons tout faire pour que règne l’amour. Et, pour les chrétiens, cela se trouve dans la résurrection du christ. Cette année, la Pâques tombe le 1er avril qui est poisson d’avril. Le poisson d’avril est le plus gros mensonge. A la Pâques, Jésus est ressuscité. Si on s’en tient à cette coincidence, cela veut dire que Jésus n’est pas ressuscité. Pourtant la victoire sur la mort pour nous, c’est en Jésus christ. Cette année, il y a un combat fort, ce n’est pas le combat des humains. Un combat visible et invisible. Cette Pâques approche en recevant les messages des hommes de Dieu comme la saint Valentin, le 14 février. Le 14 février, cette année, c’est le mercredi des cendres. C’est la période de carême, il revient aux jeunes d’être vigilants. Le message est révélé à un seul et celui-là peut avoir des disciples à qui il va enseigner cela. Je suis pour Dieu et tout le monde le sait. Ceux qui ne veulent pas voir, qu’ils ne voient pas. Il y a ceux qui voient Ediemou, ils savent qui était Ediemou, qui est Ediemou. Quelqu’un me disait que lui, son miracle de Canaan, c’est Ediemou. Jésus a changé l’eau en vin. Qui pouvait croire qu’Ediemou va se déchausser, enlever la cravate, ne plus danser et ne plus suivre les femmes ? C’est le miracle de Dieu ça. Mais, il fut un moment donné où j’ai voulu démissionner. Je n’avais plus rien et je ne pouvais faire aucun business. Il y a deux personnes dont l’ambassadeur Coffi Bilé qui m’ont fait remarquer que j’ai entraîné beaucoup de personnes et en démissionnant, j’allais porter un coup à la foi de bien d’entre elles. Cette parole avec ce que m’a dit le prophète Oschoffa et ce que m’a confié Papa nouveau avant qu’il ne meure m’ont permis de tenir le coup. L’argent pour moi, c’est Dieu. Donc, j’ai toujours l’argent et je suis toujours dans la joie. J’ai quitté mon travail en juillet 1978, en juillet 2018, cela va me faire 40 ans de sacerdoce. Pendant 40 ans, j’ai marché pieds nus, mes pieds ne sont pas enflés. C’est en cela que Dieu qui est un Dieu juste m’écoute et prend en compte mes prières. Il m’a aidé à marcher 40 ans dans ce pays, la Côte d’Ivoire, comme un fou. Je continue de marcher comme un fou mais, un fou de Dieu. Nous allons mettre ces 40 ans au service de notre âme et de notre pays. On parle à Dieu et quand tu parles à Dieu, tu dois avoir le «  tali takoun », c’est-à-dire qu’aussitôt tu parles à Dieu, il doit te répondre. Quand tu pries et que tu n’as pas de réponse, en ce moment, tu es embarrasé. Mais, quand Dieu te dit ce qui arrive et que le monde ne croit pas, tu es en paix. Parce que tu sais que c’est ce que Dieu a dit qui va arriver. Je reste dans la ligne que le prophète a tracée, personne ne pourra me distraire. Travaillons dans l’amour et l’unité. Le christianisme céleste est une et indivisible. Celui qui veut diviser l’église sous Ediemou, sa famille sera divisée, son parti sera divisé. Le pays a été divisé parce que notre église a été divisée par des personnes qui ont vu des personnalités. Nous disons de laisser l’église du christianisme céleste en paix. Tous les dignitaires qui ont travaillé avec le prophète Oshoffa sont morts. Ce que le prophète m’a dit, qu’on me laisse faire mon travail pour que notre pays la Côte d’Ivoire qui a besoin de Dieu, qui a besoin de la prière, par la prière, nous puissions avoir la protection. C’est pour ça que nous formons nos formateurs pour former le reste des fidèles. Nous sommes d’avis avec le ministre de l’Intérieur et de la Sécurité pour la localisation des lieux de culte pour mieux connaître tous les leaders religieux afin que la Côte d’Ivoire soit dans l’ordre de Dieu, la discipline de Dieu, dans la bénédiction et la protection de Dieu. Nous nous préparons pour aller à la Pâques. La fête des rameaux, c’est le 25 mars, et la Pâques, le 1er avril. Ce n’est pas un poisson d’avril. Le Seigneur est ressuscité et la Côte d’Ivoire va être ressuscitée.

2018 est une année électorale. Dans quel esprit les Ivoiriens doivent-ils aborder ces élections ?

2018, année des élections et 2020, année des élections. J’aime ne plus me répéter. Nous disons que la Côte d’Ivoire doit quitter le camp des petits pays. Nous devons être dans celui des grands pays où lorsqu’on va à une élection, on doit pouvoir se dire qu’on va soit pour gagner soit pour perdre. Nous avons appelé à faire le divorce élections et violences et le mariage élections et paix. La violence appartient au diable. Il faut désormais la paix, l’amour et le bonheur à l’issue des élections. Nous savons comment Dieu a enlevé le pouvoir des mains des militaires pour le donner aux civils. Chacun doit avoir la foi et se dire que la Côte d’Ivoire est dans la main de Dieu. En allant aux élections, nous devons apporter la preuve d’un pays civilisé. Nous devons tendre à égaler la France dans la civilisation, à égaler les Etats Unis dans la civilisation, à égaler l’Europe dans la civilisation. Où, jamais, après des élections, la police n’est sortie ou les différents partis ne se sont affrontés violement. Nous devons nous confier à Dieu, le propriétaire de la Côte d’Ivoire. Nous ne sommes que des ouvriers dans la maison de Dieu. Que personne ne pense que sans lui, la Côte d’Ivoire ne bougera pas. Il faut qu’on sache que l’échec est un succès remis. On doit savoir attendre la volonté de Dieu. Nous disons à tous les partis de tout faire pour qu’il y ait l’union en leur sein. Dieu ne bénit pas dans le désordre, il ne bénit pas dans l’injustice. Pensons à la paix car nous sommes tous les enfants de Dieu. Le dernier recours doit être la case des sages qui est composée des hommes de loi, des chefs coutumiers et des guides religieux dont la mission est d’amener les uns et les autres à accepter les résultats, à cause de Dieu, et attendre les cinq prochaines années à venir. Nous profitons de l’occasion pour dire merci à tous ceux qui nous aident. Pardonnons-nous les uns les autres. Faisons le sacrifice du pardon et Dieu aura pitié de nous. Béni soit à jamais le nom de Dieu.

Interview réalisée par S.B.