Côte d’Ivoire / Gonzagueville / Vente illicite de terrains et agressions : Un gang de faussaires activement recherché
La bataille pour le foncier fait rage à Port-Bouët. Un avis de recherche est lancé contre un vendeur illicite de terrains.
Les populations de cinq villages Ebrié de Port-Bouët, Petit Bassam, Agbouabou, Anan, Akouai-Agban et Bregbo sont sur le pied de guerre. Une mafia sur le foncier règne impunément et sans partage sur leurs terres, depuis plusieurs années 12 personnes formellement identifiés par les autorités sont indexées et font l’objet d’un avis de recherche émis par la brigade de recherche de la gendarmerie. Le message radio qui date de 18 janvier 2018 demande à toutes les forces armées de signaler leur présence en vue d’une arrestation. Les victimes dénoncent un certain Koné Amadou dit Ahmed, chef de gang de 34 ans et ses hommes qui convoit des loubards armés de couteaux et machettes pour agresser ceux qu’ils trouvent sur les terres pour les arracher à leurs propriétaires et les revendre à d’autres acquéreurs. Or, il n’a pas d’Acd prouvant qu’ils sont propriétaires de ces lots.
L’Etat a déclassé la forêt classée d’Agbouabou d’une superficie de 4700 hectares, il y a plusieurs années pour réaliser des projets d’intérêt public. Après la réalisation des projets, en 1998, ces villages Ebrié qui revendiquent aussi la propriété de ces terres demandent et obtiennent par décision de justice en 2005 leur part de parcelles. Ensuite, une convention notariée de répartition des lots entre ces villages et quelques villages environnants non Ebrié est signée le 30 octobre 2008. Ainsi, Agbouabou obtient 546 ha. Bregbo avec plus de 512 ha, Akouè Agban plus de 500 ha, Anan 500 ha, Petit Bassam obtient 376 ha. Pour les villages non Ebrié, comme Mafiblé 1 et Mafiblé 2, ils ont respectivement de plus de 43 ha et plus de 42 ha. Par ailleurs, une parcelle de plus de 30 hectares restée, est partagée à tous les villages. Un partage d’ailleurs entériné à l’époque par le ministère de la Construction, de l’Urbanisme et de l’Habitat dirigé par Marcel Amon Tanoh en 2009. Certains villages voisins s’opposent à ce partage du gâteau dans lequel ils sont sortis bredouilles. Ils intentent une action en justice pour faire cesser l’application de la décision de justice de répartition de lots. Les plaignants perdent le procès. Pendant ce temps, une dissidence au chef légitime de Petit-Bassam signe une convention avec Koné Amadou qui se fait passer pour un directeur de société, aménageur foncier. Un document intitulé: « Convention portant clef de répartition de 4700 lots issus des parcelles du village de Petit-Bassam. Ayant fait l’objet de sursis à délivrance d’Actes Administratifs sur tous les lots du lotissement de Petit-Bassam Cocoteraie 2 et de mises en demeure d’arrêt des travaux sur décision du ministère de la construction en date du 29/11/ 2013 ». Koné Amadou s’attribue 60% soit 2.820 lots. Et Petit-Bassam 40% soit 1880 lots. Ses soutiens reçoivent 235 lots. A ses financiers et autres personnes intervenues sur le site pour le soutenir, il octroie 470 lots. Son cabinet juridique, apporteurs d’affaires, agents de sécurité, de recouvrement foncier…obtiennent 470 lots aussi. Un partage illicite sans base juridique. Avant que la grosse de la bataille juridique avec les cinq villages Ebrié ne tombe, Amadou et sa bande investissent la parcelle du village Petit Bassam qu’ils commencent à vendre. Un faux plan cadastral leur sert à convaincre leurs clients. Des avis de recherches sont lancés contre eux. En 2016, selon les villageois, Koné Amadou est arrêté et jeté à la Maison d’arrêt et de correction d’Abidjan (Maca). Là-bas, il côtoie le célèbre Yacou Chinois. A sa sortie, il reprend de plus belle la vente illicite des terrains. Cette fois-ci ce sont les cinq villages Ebrié qui se plaignent de ses actes. Un avis de recherche est lancé le 18 janvier 2018 contre Koné Amadou et onze de ses éléments.
A.K.





