Côte d’Ivoire /Guillaume Soro depuis Béoumi : « En Côte d’Ivoire, on fait trop de politique et pas de développement »
Le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a procédé, hier au couronnement des chefs traditionnels du département de Béoumi, dans le village de Djeviessou. Ce sont 99 chefs dont 26 dans la commune de Béoumi et 73 dans la sous-préfecture. Mais de façon symbolique, ce sont 12 chefs qui ont reçu leurs attributs des mains de Guillaume Soro. A cette occasion, le chef du Parlement ivoirien a invité les populations de Djeviessou en particulier et les Ivoiriens en général à cultiver l’amour, la fraternité et l’union et les a appelés à la réconciliation.
« Je demande aux filles et aux fils d’ici de ne pas céder à la division. C’est la division qui nous met en retard. Ne soyez pas jaloux les uns des autres. Quand un réussit, sachez que la réussite est pour vous tous. Je suis venu pour vous donner le message de la réconciliation. Réconcilions-nous. La Côte d’Ivoire a été trop longtemps divisée », a exhorté Guillaume Soro. Qui n’a pas manqué d’attirer l’attention des populations sur les dangers de la politique.
« En Côte d’Ivoire, on fait trop de politique et pas de développement. Je suis venu vous dire de dépasser les questions d’ethnie. Nous sommes d’abord et avant tout des Ivoiriens. Quand il s’agit du développement du pays, quand il s’agit du développement de Béoumi, il n’y a pas de FPI, ni de RDR, ni de PDCI. Il n’y a que le développement de Béoumi. Je demande aux chefs de travailler dans ce sens », a-t-il soutenu. Avant de mettre les têtes couronnées en mission. « A vous les chefs, qui venez de recevoir vos insignes, il faut sillonner les villages pour dire que la politique est un jeu. Ce n’est pas la guerre. Il faut que la réconciliation soit votre mot d’ordre. Faites en sorte que nos villages, nos cantons soient unis, faites en sorte que la politique diminue un peu et que les populations soient unies pour le développement du village. Quelquefois, au nom de la politique, on retarde nos villages, on retarde l’instruction de nos enfants. Je suis venu vous demander de faire la paix ». Au surplus, le patron des députés ivoiriens a affiché sa joie de se retrouver au village pour parrainer la cérémonie de couronnement des chefs de Béoumi. « J’aime le village. Je suis né au village au village. J’aime la sincérité, la droiture du village. Les gens du village sont sincères. Ce n’est pas une affaire d’argent, c’est une affaire de respect, de considération », a déclaré Guillaume Soro. Avant de lancer ses piques. « Les gens vous font croire que la politique est l’art de la roublardise, du mensonge. La politique, c’est d’abord la loyauté, la reconnaissance, le respect. C’est être à l’écoute des populations, à l’écoute de toutes les couches sociales », a-t-il tranché. Pour le reste, Guillaume Soro a donné son accord pour les doléances faites par les populations. Il s’agit de la réhabilitation et de l construction d’école, de l’électrification villageoise, du reprofilage et de l’ouverture de pistes villageoises. Sans oublier que le porte parole des populations a demandé également l’érection du village de Djeviessou en sous-préfecture. Allant dans le sens du président de l’Assemblée nationale, le ministre de la Jeunesse, fils de la région a appelé les chefs à « ne jamais cesser de prôner la paix et la réconciliation entre les peuples qu’ils dirigent. Aux cadres, il a demandé de se donner la main. « Pour atteindre l’émergence, tous les cadres doivent agir ensemble. Continuons à nous organiser, mutualisons nos efforts, donnons-nous la main pour le développement économique et social de notre département », a exhorté Sidi Touré.
A.K. depuis Béoumi





