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Aussi étonnant que cela puisse paraître, un condamné de la crise post électorale apporte son soutien à Guillaume Soro. Un soutien sincère ou intéressé, les observateurs de la scène politique ivoirienne se perdent encore en conjecture. En effet, depuis sa cellule à Abidjan, le commissaire de police Osée Loguey, condamné le 13 avril à 20 ans de prison pour l’assassinat en 2011, en pleine crise post électorale ivoirienne, de l’industriel français Jean Yves Lamblin, a exprimé mardi son soutien au mouvement politique lancé début juin par un groupe de députés proches du président de l’Assemblée nationale, Guillaume Soro.

 

Dans son courrier à Alain Lobognon, ex-ministre des Sports et chef de file du mouvement de réconciliation, de pardon et de paix dénommé “l’Alliance du 3 avril’’, le Commissaire Osée Loguey a adressé ses “chaleureux félicitations et encouragements’’.

Au lancement cette nouvelle plateforme politique parlementaire le 9 juin, Alain Lobognon avait appelé le chef de l’Etat Alassane Ouattara à « privilégier toutes les initiatives utiles à la matérialisation de la réconciliation » et exhorté “la justice à traiter avec célérité les dossiers de tous les détenus de la crise post électorale’’.

Est-ce cette brèche ouverte par le député de Fresco, que le prisonnier a saisie pour démontrer son souci de contribuer à sa manière et depuis sa cellule, au processus de réconciliation enclenchée en Côte d’Ivoire avec pour chantre le président de l’Assemblée nationale ou un acte délibéré du meurtrier de Yves Lambelin pour prendre les autorités au sentiment afin que celles-ci aient un regard compatissant sur sa situation personnelle. En tout cas, le commissaire ne fait pas de mystère à apprécier cette sortie d’Alain Lobognon qu’il qualifie  d’“intervention courageuse’’ qui “montre le sérieux et la justesse de vue’’ de cette plateforme politique.

Les français Stéphane Frantz Di Rippel, directeur de l’hôtel Novotel à Abidjan, Yves Lambelin, directeur général de Sifca, le plus grand groupe agro-industriel ivoirien et figure du patronat local, son assistant béninois Raoul Adeossi et le Malaisien Chelliah Pandian, directeur général de Sania, filiale de Sifca, avaient été enlevés le 4 avril 2011 à Abidjan pour ne plus jamais réapparaître.

Ils avaient été conduits au Palais présidentiel, où ils avaient été torturés puis tués, au terme du procès dit des disparus du Novotel.

Le corps d’Yves Lambelin est le seul à avoir été formellement identifié. La mort des trois autres avait été établie sur la base de témoignages et d’indices

Les corps avaient été jetés dans la lagune d’Abidjan.

A.K.