Côte d’Ivoire / Litige foncier à Marabadiassa : Baoulé et Malinké s’affrontent
Les conflits fonciers ont encore fait des victimes dans la région du Gbêkè. Dans la nuit du vendredi 26 au samedi 27 octobre, un affrontement opposant deux communautés, Baoulé et Malinké, a eu lieu dans le centre-ville de Marabadiassa, localité située à 73 km de Bouaké, pour des problèmes de terre. Ces affrontements liés à un litige foncier entre les communautés Baoulé et Dioula de Marabadiassa, s'est déporté à Allokokro, village situé à quelques kilomètres de Marabadiassa. Selon les propos de Koffi Gnamien, ressortissant du village de Allokokro, « les chefs de tribu de N'guessankro, qui sont les propriétaires terriens et ceux d'Allokokro, ont décidé d'aller tracer la limite de leurs terres avec l'approbation des différents sous-préfets. Etant donné qu'il y a un sous-préfet à N’guessankro et un à Marabadiassa. Hier matin (jeudi 25 octobre), les ressortissants de N'guessankro et Allokokro, se sont retrouvés sur le site pour tracer la limite de leurs terres. A leur retour à l'entrée du village de Allokokro, ils se sont retrouvent nez à nez avec les jeunes Dioula de Marabadiassa, armés de gourdins et machettes, qui arrachent d'abord les machettes en possession des Baoulés, et les conduisent à Marabadiassa, les menaçant chemin faisant de les exterminer. Mais avant, un autre groupe de jeunes Dioulas s'était rendu à Allokokro pour des intimidations. Étant donné que la population n'est pas nombreuse au village, si nous avons voulu répondre à ces provocations, on allait être massacré. Pour cela, nos parents ont demandé aux jeunes de se cacher, c'est ainsi que nous sommes rentrés en brousse pour éviter un quelconque dérapage. Cela ne les a pas empêchés d'entrer dans les villages, casser et piller ce qui était dans les maisons (...) Des prises d'otages même ont été perpétrées. Enlevant du coup le chef de village et certains jeunes. Ces jeunes Dioulas disent ne pas comprendre pourquoi ils n'ont pas été associés à ces délimitations. C'est ce qu'ils ont laissé entendre lorsqu'ils enlevaient notre chef et quelques jeunes. Ils n'ont pas été associés car ils ne sont pas propriétaires terriens. Le matin de ce Samedi, les jeunes de Marabadiassa sont allés attaquer le village de Blemplo, armés d'armes à feu et de machettes. Nous avons été prévenus de cette attaque aux alentours de 10 heures. Grande fut la surprise des jeunes Dioulas car les habitants de Blemplo ne se sont pas laissés faire. Une riposte farouche a été donnée de voir, faisant plusieurs blessés de part et d'autre. Un homme de Blemplo a été blessé par un coup de fusil. Voyant la résistance, les assaillants du jour, se replient à leur base de Marabadiassa pour prendre des renforts et se ruer à nouveau sur Allokokro. Le sous-préfet de N'guessankro, accompagné par la gendarmerie de Bodokro, s'est rendu dans le village de Blemplo, là où il y a eu de farouches affrontements. A Allokokro, après des négociations, les otages ont été libérés. Néanmoins, on est dans une situation confuse car à tout moment, ils reviennent. La population est obligée de se réfugier en brousse avec les vieilles personnes. Les populations ont peur. Une ambulance est venue de Botro pour aider celle de Marabadiassa à évacuer les victimes. Plusieurs éléments de la gendarmerie, du Centre de coordination des décisions opérationnelles (Ccdo) et de la police sont venus de Bouaké pour contrôler la situation. Le bilan officiel n'a pas encore été établi mais ces affrontements intercommunautaires ont fait plusieurs blessés et d'importants dégâts matériels. Jusqu'à présent,plusieurs personnes seraient encore cachées en brousse et dans les champs.
O.K.





