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Dans le cadre de la résolution de la mutinerie déclenchée dans la nuit du jeudi à vebdredi, le ministre auprès du président de la République en charge de la Défense, Alain Richard Donwahi était à Bouaké le samedi 7 janvier, comme très attendu. Dans l’ex-capitale de l’ex rébellion, devenue ville morte, Alain Donwahi s’est fait accompagner par le Lieutenant-Colonel Ouattara Issiaka dit Wattao, un officier issu de l’ex-rébellion dont Bouaké était le fief.

 

Difficiles tractations entre soldats avant les discussions

Arrivé à la résidence du Sous-préfet central à Bouaké aux environs de 13 heures 30 minutes, le ministre a affiché son optimisme. « Nous sommes ici sur instruction du président de la République pour parler à nos hommes, pour les écouter et apaiser la situation. Nous sommes en famille donc il n'y a pas de problèmes », a-t-il rassuré. Toutefois, le conclave a pris beaucoup de temps pour sa mise en place, soit un peu plus d’une heure environ. La cause de cette situation, les mutins n’avaient pas de porte-parole et chacun voulait être témoin actif de cet entretien avec la tutelle. « Nous n’avons pas de porte-parole. Chacun pour soi et nous allons tous rentrer », lançaient les soldats. Au bout de 3 quarts d’heures de tractation, les mutins parviennent à désigner une trentaine parmi eux, pour rencontrer l’émissaire du gouvernement. Après trois heures de huis clos, le ministre Alain Donwahi sort de la salle, visiblement heureux d’avoir désamorcé la bombe. Pour le contenu des accords, il indique vouloir garder l’exclusivité de la déclaration au chef de l’Etat, qui était en Conseil des ministres extraordinaire à Abidjan. Cependant, il a affirmé que des accords ont été trouvés. « Je tiens à rassurer la population que nous avons discuté en famille pour le bien-être de la nation, pour que la Côte d’Ivoire continue à se développer comme elle doit le faire pour atteindre l’émergence en 2020 », a-t-il confié. Les revendications des insurgés portaient essentiellement sur les payements des arriérés de primes de missions, la revalorisation des salaires, l’amélioration de leur profil de carrière, et l’amélioration de leurs conditions de vie et de travail dans les casernes. Dans cette ambiance, les mutins par la voix de leur porte-parole, Ouattara Siaka de la marine, a annoncé la levée de la fronde. Il a promis de faire lever le blocus des corridors tenus. Il a appelé tous ses camarades à regagner les casernes dès le même-soir. Aussi, les a-t-ils invités à déposer les véhicules réquisitionnés à la préfecture de police dès le lendemain matin, le dimanche, pour procéder à leurs remises à leurs propriétaires respectifs.

 

Revirement des soldats

Tout semblait bien fini. Il était question pour le ministre de la Défendre, d’aller marquer symboliquement cet accord par l’enlèvement de certaines barrières érigées sur les corridors, quand les choses prennent une autre allure après la brève déclaration du chef de l’Etat, Alassane Ouattara, à la RTI. Aux environs de 21 heures, les mutins font un blocus sur la résidence, empêchant la délégation qui a participé aux discussions,  le ministre Donwahi et la vingtaine de journalistes présents, de sortir. Ils réclament plus de clarté dans le discours du chef de l’Etat et exigent, séance tenante, un chronogramme d’exécution du payement de leurs différentes primes. Ils expriment leur colère par des tirs à l’extérieur de la résidence. Partout en ville, c’est l’escalade de tirs. « Personne ne sort tant qu'on ne nous dit pas quand on nous paye!  C'est foutaise! Personne ne sort tant qu'on ne nous donne pas notre argent », scandent-ils, furieux. A nouveau, les tractations reprennent pour convaincre les « insurgés » que dès lundi 9 janvier, un chronogramme précis leur sera communiqué contrairement à ce qui avait été annoncé par le président Alassane Ouattara pour le vendredi 13 janvier. Après quoi, les soldats gagnés par la raison, les armes se taisent. Et le ministre Donwahi a pu regagner Abidjan la même nuit. Le calme est de retour à Bouaké. La circulation est de nouveau normale dans la capitale du centre. Tous les blocus de corridors sont levés. Certains propriétaires sont déjà rentrés en possession de leurs véhicules. Il est à remarquer que le préfet de région Konin Aka, le maire Nicolas Djibo, Mgr Simémon Ahouana, l'Imam central de Bouaké Badjawari Touré, et d’autres autorités militaires ont participé à ces discussions à l’issue finalement heureuse. Coup de château au ministre Alain-Richard Donwahi dont on ne vendait pas chère la peau. Parce qu’il se rendait à cette table de discussions dans une atmosphère où tout le pays s’était enlisé dans des mutineries dans la quasi-totalité des camps militaires du pays, y compris les principaux cantonnements d’Abidjan, la capitale économique.

                                                                       D.V.K