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Le président du Conseil régional de l’Indénié-Djuablin n’est pas resté en marge du débat autour de la nouvelle constitution. Dans cet entretien, le ministre de la Fonction publique donne sa position et celle de sa population.

 

Le mercredi 5 octobre dernier, le président de la République a présenté le texte de l’avant-projet de la nouvelle constitution aux députés. Votre impression sur cet acte du chef de l'État ?

Comme vous le dites, le mercredi dernier, le président était au Parlement pour présenter l’avant-projet de la nouvelle constitution. Il faut d’abord comprendre l’esprit de cette nouvelle constitution. C’est une constitution que le président de la République souhaite consensuelle, démocratique, de paix, de prospérité et de développement. Consensuelle, parce que, contrairement à ce qui se raconte, le président a pris le temps de consulter le plus largement possible, toutes les couches sociales de la nation : les religieux, les partis politiques, la société civile... Donc, ce n’est pas une constitution qui ouvre la voie à la dictature. Ce n'est pas vrai du tout ! D'ailleurs, le couronnement, c’est l’approbation de l’Assemblée nationale. Donc c’est une constitution qui va apporter la paix à la Côte d’Ivoire en créant la 3ème République. En somme, on peut dire que cette constitution va garantir la prospérité et le développement de la Côte d’Ivoire.

 

Les mauvaises langues disent que le président de la République veut se maintenir au pouvoir, avec l'élaboration de cette nouvelle constitution ?

Pour ce que je sais, et quand on écoute le président, ce n’est pas quelqu’un qui renie sa parole. Il a dit qu’il fait deux (2) mandats. Il est dans son deuxième mandat. Quand on voit les actes qu’il pose, ce n’est pas quelqu’un qui trahira sa parole. Donc les mauvaises langues, comme vous le dites, peuvent toujours dire ce qu’elles pensent. Mais je suis convaincu que pour le président, ce n’est pas une manœuvre pour se maintenir au pouvoir.

 

Il a dit et je cite : «Le temps est venu de décider ce que nous allons léguer à nos enfants ». Que veut-il insinuer ?

Il n’insinue rien. Il dit ce que son cœur lui inspire. J'insiste sur ce que je viens de dire : c'est une personne qui tient à sa parole. Déjà, il pense aux générations futures. Et il va plus Loin. Il ne bâtit pas pour lui-même, mais pour l’avenir. Ce sont de grands hommes qui font cela. Comprenez donc que ce Monsieur est venu pour travailler pour la Côte d’Ivoire, pas pour lui-même. Sinon, après avoir assumé de hautes fonctions internationales, quel intérêt avait-il à venir en Côte d’Ivoire pour supporter les problèmes des autres ? Il a dit devant l’Assemblée nationale qu'il aime profondément son pays. C'est pourquoi il veut le développer et faire en sorte qu'il entre dans le concert des nations ; et c’est ce qu’il est en train de faire. Après les 10 calamiteuses années que nous avons connues où la Côte d’Ivoire était pratiquement rayée de la carte du monde, voilà qu’en moins de 6 ans, elle s’est repositionnée. La Côte d’Ivoire est un pays qui compte aujourd’hui et au niveau économique, vous voyez le taux de croissance de 9%, en moyenne, chaque année. C’est un record mondial.

 

Pouvez-vous donnez les grandes lignes de ce projet de loi fondamentale ?

Le président de la République l’a développé et tout le monde a le texte maintenant. Les grandes innovations, c’est d’abord les réformes institutionnelles : la création du poste de vice-président, la création du Sénat, la constitutionnalisation de la Chambre des comptes qui est devenue la Cour des comptes, la constitutionnalisation de la chambre des Rois et chefs traditionnels de Côte d’Ivoire ; voila les innovations majeures.

 

Les populations de la région de l’Indénié-Djuablin, dont vous êtes le leader, accepteront-elles d’adhérer à cette vision du chef de l’État ?

Bien sûr que l’Indénié-Djuablin va adhérer à cette vision du chef d’État. Parce que c’est un peuple de paix, et cette constitution vient pour instaurer la paix durablement en Côte d’Ivoire. Par rapport à la succession, le poste de Vice-président c'est pour faire en sorte que, demain, le passage du témoin se fasse dans les règles de l'art et qu’il n’y ait pas de suspicion ou de lutte inutile. Aujourd’hui, avec la nouvelle constitution, au niveau de l’exécutif, la continuité va être assurée. C’est-à-dire que si le président de la République est empêché pour quelque raison que ce soit, c’est le Vice-président qui va être élu sur la même liste que le président qui, automatiquement, devient président, sans discussion et l’exécutif continue. Parce qu’à l’époque, en cas d’empêchement, de vacances du président,  c’est le président de l’Assemblée nationale qui assurait l'intérim. Mais l’Assemblée nationale est un autre pouvoir. C’est le législatif qui vient s’introduire dans l’exécutif. Aujourd’hui, à partir de l’adoption de la nouvelle constitution, le Vice-président sera élu comme le président ; donc en ce moment, il a l’onction populaire et immédiatement l’exécutif continue et le législatif reste dans son rôle, tout comme le judiciaire. La séparation du pouvoir est parfaite. Le peuple de l’Indénié-Djuablin va adhérer sans problème à la nouvelle constitution d'abord parce qu'elle instaure la paix, ensuite, avec tout ce que le président Alassane Ouattara a fait dans notre région, la meilleure façon de lui souhaiter bonne chance, est de l’encourager en votant à 100% cette constitution. Nous allons faire la campagne et j’ai confiance en mes parents. Je sais qu’ils vont adhérer et suivre les mots d’ordre que nous allons donner.

 

Des consignes ?

Les consignes, c’est le vote. Je l’ai dit à plusieurs reprises. Tout récemment à la 3ème session du Conseil régional, j’ai mobilisé le peuple de l’Indénié-Djuablin, avant même qu’on ait le texte. Et, le moment venu, nous viendrons vers nos parents pour leur expliquer pourquoi nous devons voter à 100 % cette constitution au referendum. La compétition va s’instaurer entre les régions ; et je souhaite que ma région soit dans le peloton de tête.

 

Vous êtes le précurseur de l’appel de Daoukro, à travers le mouvement que vous avez créé en son temps appelé le ‘‘ MONASCO’’. Cette structure existe-t-elle encore ?

L’auteur de l’appel de Daoukro, c’est le président Bédié. Moi, je n’ai joué que le rôle de Jean-Baptiste, c’est-à-dire celui qui annonce que le Messie va venir. C’était cela mon rôle. Des amis et moi avons donc décidé de créer le ‘’MONASCO’’. Il faut dire que nous avons eu l’onction du président Bédié, avant de porter cette structure sur les fonts baptismaux. 

 

Comment avez-vous convaincu le président Bédié à croire en vous ?

On ne l’a pas convaincu à croire en nous. Moi, je suis un bédiéiste et je sais dans quel sens va le président Bédié à travers ses discours. Je savais déjà quelle vision le président Bédié allait avoir dans ce débat national. Donc, avec les amis Légré et les autres, nous nous sommes donné la mission d’être les éveilleurs de conscience. Il fallait lancer la bombe déjà. Pour que lorsque le moment venu le Président Bédié donnera la position du PDCI sur ce débat, il y ait le retour de ce que nous avons fait. On a fait que débroussailler le terrain. C’est au Président Bédié qu’il faut rendre hommage. C’est vrai que quand il a parlé, nous autres qui savions ce qu’il allait dire, étions soulagés et les gens nous ont donné raison. Nous savions déjà ce que le Président Bédié allait décider.

 

On parle de plus en plus de parti unifié : le RHDP. Quels sont les mécanismes ? Croyez-vous en ce parti unifié ?

Bien sûr et je suis l’un des farouches défenseurs de ce parti unifié. Mais tout cela est dans une logique. On a souhaité la candidature unique du président Alassane Ouattara dans le cadre du RHDP. Dieu merci, avec la bénédiction du président Bédié, cela a été fait. Mais la suite logique, c’est d’aller à ce parti unifié. Cela ne sert à rien que, dans la même mouvance, on se tire entre les Pieds. Et les présidents Bédié et Ouattara ont bien vu. Ils ont compris que les enfants d’Houphouët doivent se retrouver dans une idéologie Houphouetiste ou Houphouessienne, comme disent les philosophes. C’est cela le RHDP. Les enfants s’étaient brouillés. Le diable était rentré, maintenant qu’ils ont compris, ils se sont réconciliés. Mais nous autres les disciples, pourquoi allons continuer à nous disperser. C’est le rôle ou l’objectif du parti unifié. Je crois que cela rassemble tout le monde, puisque c’est l’idée de Houphouët qui est la dominante essentielle. Alors nous souhaitons que le parti se mette rapidement en place et c’est ce qui va être fait. Pour les législatives qui arrivent, nous allons partir en RHDP. Nous ici à Agnibilékrou, on est déjà en avance de ce point de vue. Vous avez vu qu'à l’investiture des coordinateurs RHDP, nous avons inauguré la maison du RHDP qui, aujourd’hui, toute modestie mise à part, fait la fierté de la délégation de la Région. Que les uns nous félicitent pour cela. C’est cela l’esprit. C’est le parti de l’avenir.  Lorsque ce parti sera mis en œuvre, d’ici à 50 ans, quel est ce parti politique en Cote d’Ivoire qui pourra nous battre ? Donc, encore une fois, le président Ouattara et son grand frère ont vu loin. C’est pour des générations et des générations à venir. Nous autres, on va passer, nos enfants vont venir et s’ils maintiennent la dynamique, leurs enfants viendront également. Comme en Afrique du Sud, avec l'ANC, comme le PDCI, lui-même, qui a 70 ans. C’est cela l’objectif.

 

Nous allons parler du Conseil Régional. Après 3 ans, trouvez-vous le  bilan satisfaisant ?

Le bilan, on peut dire, à quelques égards, est satisfaisant. Je pense, comme disent les enseignants, on pouvait faire mieux. L’équipe actuelle que j’ai laissée peut faire mieux et c’est ce que je leur ai demandé la dernière fois. On peut faire mieux parce que quand on a une équipe dynamique, l’envol doit continuer. Or, nous constatons, avec les autres, qu’il y a une baisse de régime, ce n’est pas normal. Mais, cela je l’ai dit au Président, je l’ai dit au bureau. Je ne suis pas parti parce qu’on ne part pas d’une famille. Je suis là. Je vais m’impliquer maintenant pour aider à maintenir le cap. Là encore, il y a une compétition au niveau des Régions. Et depuis que je suis parti, un de mes collègues m'a dit :’’ C’est toi qui étais l’obstacle ; maintenant que tu es parti, j’ai les mains libres’’. Je ne veux entendre cela. Je veux que la compétition continue. Et je dis que je vais m’impliquer. D'ailleurs, j’ai eu des contacts avec un de nos partenaires en France qui va nous envoyer du matériel. Je prendrai les dispositions nécessaires pour que tout se fasse et je demande à l’équipe de redoubler d’effort pour que le cap soit maintenu.

 

Il se raconte que vous avez tourné le dos aux populations, depuis votre entrée au gouvernement. Que répondez-vous ? Par ailleurs, serez-vous candidat en 2018, au Conseil régional ?

C’est une question qui m’est posée chaque fois. Je crois qu’aujourd’hui, je vais l’annoncer. Les gens pensent que j’ai tourné le dos aux populations, à mes parents. Je ne tournerai jamais le dos à mes parents. Si cela peut les arranger, je leur annonce qu’en 2018, je serai candidat. En 2013, j’avais dit que je ferai deux(2) mandats pas plus. Je confirme que je ferai deux(2) mandats. Et si les populations m’accordent encore leur confiance, je serai là en 2018.

 

Quelles seront les priorités pour votre deuxième mandat ?

Il n’est pas encore arrivé. Qu’on finisse le premier. Qu’on rende compte aux populations. Car même étant au gouvernement, le moment venu, c’est moi qui dois rendre compte du mandat que mes parents m’ont confié. Et, en ce moment-là, on pourra faire le point des nouvelles priorités et on y mettra l’accent.

 

Quelle Côte d’Ivoire souhaiteriez-vous après le mandat du Président Alassane Ouattara ?

Je veux une Côte d’Ivoire lumineuse. Parce que le Président Ouattara a préparé tout avec le soutien de son grand frère et aîné Bédié ; ils auront tout mis en œuvre pour que le passage de témoin se passe dans des conditions paisibles, pour maintenir la paix et donner les conseils nécessaires à ceux qui vont venir afin de maintenir le cap et essayer de faire mieux. Donc, c’est une Côte d’Ivoire d’avenir que je vois, c’est une  Côte d’Ivoire qui donnera envie au monde entier. Voilà la Côte d’Ivoire que le Président Alassane va laisser aux Ivoiriens.

A.K. avec sercom