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La plage, lieu de contemplation de l’océan et de la mer, endroit par excellence propice au repos, à la détente et à la nage, est devenue l’expression par excellence de  débauche et de prostitution sous toutes ses facettes les plus immondes. Sur les sites et de port-Bouët (Abidjan) et Modeste (Grand-Bassam), les belles de jour et leurs clients s’enjaillent. Les râles et gémissements à caractère sexuel sont devenus comme des musiques enivrantes sur ces plages pour les visiteurs et autres clients. Nous avons pénétré le secteur ; et touché ce phénomène du doigt. Reportage.

Les prostituées des plages ont du culot à nulle autre pareille. Quand elles quittent l’ambiance nocturne des rues bruyantes des communes d’Abidjan, elles prennent d’assaut les plages, lieux par excellence de repos, pour des matinées et autres journées de pleine débauche.  Une façon pour elles de tourner à plein régime : matin, midi sur les plages, et les soirs dans les rues, bars, boites de nuit et autres abords des hôtels. Le commerce du sexe sur la plage de la commune balnéaire de Port-Bouët  et au lac du village Modeste sur l’axe Abidjan-Bassam est flamboyant. Et il ne manque pas de susciter de profondes interrogations. Comment se déroule-t-elle ? Qui en sont les clients ?  Et quelles peuvent en être les conséquences ? Dimanche 07 décembre. Aux environs de 14 h, nous arrivons sur la plage de Petit-Bassam, dans la commune de Port-Bouët.  A peine quelques pas faits, que Paul, la vingtaine révolue, nous approche. Aussitôt les civilités d’usage terminées qu’il nous demande sans autre forme de procès. : « S’il vous plaît, voudriez-vous être en compagnie d’une jeune fille bien fraîche ». Et d’insister. « Ici, les filles gèrent mouvement (Ndlr : se prostituent) dans les bungalows. Il y en a de tous les modèles avec des prix abordables ». Nous acceptons volontiers ses services. Il n’a pas eu tort. Aussitôt les pieds mis dans un premier bungalow, nous découvrons une dizaine de filles regroupées ; leur âge se situerait entre 14 et 20 ans. Elles sont en attente de potentiels clients. Un homme d’une trentaine nous rejoint. Je le suis discrètement des yeux. Pendant qu’il salue, il fixe les filles du regard. Soudain,  désigne du doigt sa ‘’préférée’’. Je fais pour ma part semblant de de ne pas prêter attention à lui. Une diversion toute trouvée  pour observer la scène dans les menus détails. « Les deux tourtereaux sortent pour un autre bougalow. Pour  s’envoyer au septième ciel. Je fredonne la musique diffusée à fond sonore. Quelques instants après, une fille pousse des gémissements dans une des chambres du bungalow. « Si vous voulez, me dit Paulin, allez-y dans d’autres bungalows, vous y trouverez des filles. Elles y sont déjà couchées, attendant les clients ». Je sors du bungalow. Je vois des belles de jour qui errent. Elles vont et viennent sur la plage. Avec des tenues faites pour appâter le premier venu. Ces filles sont aussi attirantes les unes que les autres. Cela donne envie de passer à l’action.  Il y en d’extravagantes quand d’autres sont discrètes. Les dernières camouflent leur jeu avec la vente d’eau glacée et autres friandises. J’appelle une vendeuse de noix de coco. Une belle de la nature, les cheveux bien tressés, la mini-jupe qu’elle porte cache à peine ses fesses. Elle me dit ses prix. Je feins ne pas avoir de la monnaie. « C’est coco seulement tu veux. Si tu veux, on peut se voir dans un bungalow. Je suis prête. Allons-y, là-bas, on pourra s’entendre. » Je suis tenté. Je vois Paul passer. Le prétexte est tout trouvé pour me libérer des griffes de cette autre belle de jour. « Mon frère, tu traines toujours. Quel est au juste ton problème » ? « Je ne suis pas pressé. J’attends de tomber sur celle qui fait mon affaire, répondis-je à Paul ».  La plupart des filles sur la plage comme dans les bungalows fument. Fument-elles la drogue, me questionnai-je ? Car, c’est connu. Dans le milieu de la prostitution, les acteurs, fument et boivent assez d’alcool.  Je rejoins un autre bungalow. Les belles y sont. « Viens on va gérer », me lancent les unes et les autres. Je me rapproche de l’une d’entre elles  pour savoir ses tarifs. « Ici, une partie de sexe, c’est entre 2000 et 4000 FCFA dans la paillote, 5000 à 7500 FCFA si on doit se rendre dans les hôtels situés non loin de la plage », A. L. Je situe son âge à 15 ans. Je tombe sur une autre belle de plage. Son âge tranche d’avec celui des autres. Elle, c’est O. R. C’est la doyenne des filles du secteur. Elle me signifie qu’elle fait le passage à 5000 FCFA uniquement à l’hôtel de la plage. « Je peux vous servir comme vous mettre en contact avec une de mes filles. Tout dépend de vous ». J’ai vite compris. C’est une proxénète. Pour la déplacer en dehors de la plage, il faut débourser entre 10000 et 15000 FCFA. Elle dit habiter la commune de Treichville.   Et comme O. R., il y a d’autres proxénètes dans le secteur. B A., la vingtaine environ,  client,  avoue sortir souvent avec ces filles. Il confesse même s’intéresser plus aux filles à la tenue extravagante. Pour ce qui concerne la sécurité de ces filles, H. K., explique : « Si un client finit de coucher avec une fille et qu’il refuse de payer, nous le mettons au pas. Il suffit que la fille proteste contre son refus de s’acquitter du tarif de la passe. Nous intervenons en le fouillant. Et, là, nous lui arrachons tout ». Quant aux représailles, il indique que toutes les mesures ont été prises par le propriétaire des bungalows et des maquis. Le boss « a pris toutes les dispositions sécuritaires pour les filles et les clients». Absent des lieux, nous n’avons pas pu rencontrer le propriétaire en question. La plage du village Rasta tombé en ruine connait ce phénomène dans une amplitude plus faible. Idem pour les plages du quartier Vridi Canal. Relativement à ce commerce du sexe, le village Modeste, situé à la limite de la commune de Port-Bouët et de celle de Grand-Bassam vit ce phénomène. Dans ce village s’étend un lac d’environ un Kilomètre de long et une trentaine de mètres quant à sa largeur. Il serre de lieu de baignade pour ces filles. Sa rive constitue un endroit propice pour gérer le ‘’Bizi’’ (se prostituer). Kassi, un interlocuteur nous  fait savoir que le coût d’une partie de jambe en l’air est fixé à 5000 fcfa et cela a lieu dans les bungalows construits aux larges du lac et la mer. Venues de Koumassi, Marcory , Treichville, Yopougon et autres, ces filles se livrent bataille pour s’offrir des clients. Le soleil  est au coucher. Il nous faut quitter ce lieu auquel nous sommes un étranger ; laissant ces belles et leur monde vivre tranquillement leurs commerces de plage.

M.Y.