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« Les membres de la galaxie patriotique pourchassaient les gens à Yopougon pour les tuer et les brûler. J’ai moi-même sauvé un jeune de leurs mains à Cocody parce qu’ils s’apprêtaient à le brûler. Etaient visés les Burkinabè, les Maliens, les Guinéens… presque tous les ressortissants de la CEDEAO. Des gens ont été brulés vivants. Il y a un jeune qui a été brulé vivant parce qu\'il a dit qu’il venait de Séguéla. Tous ceux qui portaient des gris-gris étaient pourchassés et tué, et souvent ils étaient brûlés. On les assimilait aux chasseurs traditionnels Dozo qui composaient en majorité les combattants des forces rebelles qui portaient ces gris-gris. Alors que moi-même j’en porte aussi. Après le bombardement du camp militaire Français de Bouaké, les jeunes patriotes allaient dans les quartiers comme la zone 4 à la recherche des blancs qui s’étaient réfugiés au camp militaire du 43ème BIMA. Mais leurs maisons ont été pillées et brûlées.  Mon chargé de mission Karamoko Zoumana a failli être tué. Il a eu la vie sauve car il avait une photo de moi dans son salon. Sa maison a été pillée par la suite. La majorité des gens du nord étaient mal vus à Abidjan parce que la majorité d’entre eux est pro-Ouattara ».

C’est en ces termes que Sam l’Africain a porté le coup de grâce à Laurent Gbagbo et à Blé Goudé hier, lors de la 3ème journée de son audition devant la cour pénale internationale. Grâce au collaborateur de Blé Goudé, les citoyens du monde ont revue cinq années après, ces horribles scènes comme si elles dataient d’hier.

L’émotion était totale du fait que la scène était relatée par un des leaders de ces jeunes patriotes que Gbagbo et consorts avaient transformés en assassins.

 

Des jeunes surexcités qui se substituaient aux forces de l’ordre

« Ils arrivait un moment où les choses n\'étaient plus Controllées ». C’est ce que Sam l’africain a déclaré dans son désir de mettre ces atrocités sur le compte des actes isolés.

Mais il se contredira plus tard en décrivant le système de communication élaborée par Blé Goudé et consorts pour galvaniser et mobiliser les jeunes patriotes. Surtout le 14 décembre 2010, lorsqu’ils se sont réunis à l’hôtel de ville de Cocody pour ficeler le plan de maîtrise de la marche sur la RTI qui devrait se dérouler deux jours plus tard.

« Il fallait mobiliser les jeunes patriotes pour empêcher la marche, faire bloc avec les militaires qui devaient aussi agir selon une stratégie militaire. Les jeunes devaient faire des corridors autour de la RTI et du Golf hôtel pour empêcher les manifestants d’atteindre la RTI. A ces corridors, il fallait contrôler tout le monde, même ceux qui prétendaient aller au travail. Il fallait empêcher les gens de prendre la RTI, parce que s’ils l’avaient fait, c’est comme s’ils avaient pris le pouvoir. Loin d’être des faits isolés comme veut le faire croire Sam, les actes des jeunes patriotes étaient pensés et planifiés selon un schéma conçu par leurs responsables. La dextérité, la maestria et la subtilité du procureur ont emmené le collaborateur de Blé à avouer que ces jeunes se substituaient aux forces de l’ordre. Cela explique la gravité et le nombre élevé de personnes pourchassées, torturées, tuées et par la suite brûlées. L’on se rappelle comme si cela datait d’hier, les mots d’ordre à eux donnés dans ce sens par les dirigeants de la galaxie patriotique.

 

Ce sont les enfants des autres qu’ils envoyaient en mission

« Lorsqu’il y avait ce genre de manifestations, moi, je ne sortais pas, je restais chez moi », a surtout rajouté Sam l’Africain. Depuis trois jours, l’eau fraiche est donc en train de sortir de la bouche du poisson comme le dit l’adage.

Cette affirmation confirme que Blé Goudé et consorts envoyaient les enfants des autres en missions pour tuer et pour se faire tuer. Cela fait d’eux des leaders doublement sadiques. Contrairement à l’agneau pour lequel il veut se faire passer depuis la reprise de ce procès, Blé Goudé est donc en train d’être sérieusement mis en cause par son collaborateur.

Depuis trois jours, son lieutenant Sam l’Africain est en train de démontrer qu’il a plutôt les mains rouges du sang de plus de 3 000 personnes lors de la crise postélectorale.

D.F.B.