Côte d’Ivoire / Quand Ahoua Don Melo dénonce « les dérives dictatoriales et impérialistes du FPI »
Dans cette guerre qui déchire l’ex-parti au pouvoir, le Front populaire ivoirien, il est important de revenir sur les pratiques anti-démocratiques que l’ancien secrétaire à l’organisation dénonçait déjà au sein de son parti, en 1996.
DECLARATION DE DON MELLO CONGRES 1996
«Bien chers camarades,
C’est avec un réel plaisir que j’ai eu à assumer avec responsabilité, mes charges de président du comité de contrôle du FPI.
Vos réactions face aux rapports du Comité de Contrôle, prouvent que je ne vous ai pas déçus dans l’accomplissement de la lourde tâche que vous m’aviez confiée. C’était une grande première qu’un contre-pouvoir soit instauré dans un parti politique pour expérimenter la démocratie interne.
Comme un parti non démocratique, ne peut conduire son peuple vers la démocratie, je me suis battu à la convention de Man et à ce congrès pour maintenir le principe du contre-pouvoir et proposer des améliorations.
Hélas, mille fois hélas, je n’ai pas été entendu, vous avez décidé à une écrasante majorité de présidentialiser le FPI et de supprimer le principe du contre-pouvoir en rendant non exécutoire les décisions du Comité de contrôle. Je m’incline devant la majorité tout en assumant ma minorité.
Je continuerai le combat en interne car je suis convaincu que nous faisons fausse route et que nous creusons la tombe de la démocratie interne. (.......)
Dans cette bataille, on m’a accusé de tribalisme, de vendu au PDCI, de celui qui veut prendre la place de Gbagbo, etc. Je n’ai pas voulu réagir publiquement car ce sont les armes de ceux qui n’ont pas d’arguments, mais je tiens à dire haut et fort et d’une manière solennelle que je ne suis pas un «Akancrate» mais un démocrate et un socialiste qui se bat pour un FPI démocratique et socialiste pour l’avènement de la démocratie et du socialisme en Côte d’Ivoire et en Afrique.
Je n’ai donc pas un combat contre Gbagbo mais un combat contre les dérives dictatoriales et impérialistes du FPI.
(......)
Quant à mon adversaire du Jour, le doyen Memel Foté, je tiens à m’incliner devant le grand combat qu’il a mené dans le passé. C’est dans les livres d’histoire que nous autres, nous avions connu son nom et son adhésion au FPI est une fierté pour chaque militant du FPI.
Par respect pour son combat et pour continuer le mien et contribuer à faire renaître le FPI et la Côte d’Ivoire suite à la mort programmée que nous venons de décider à ce congrès, j’annonce la création d’un courant politique et le retrait de ma candidature.
DON MELLO Ahoua
Secrétaire à l’organisation du FPI (1988-1990)
Président du Comité de Contrôle du FPI (1990-1996)»





