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Le président du Front populaire ivoirien (FPI) ne fait pas de mystère quant à sa disponibilité à rencontrer ses « frères ennemis » du camp Sangaré et consorts pour un règlement définitif de la crise qui secoue son parti. Seulement, après sa rencontre avec l’ancien président ivoirien, Laurent Akoun devrait pouvoir mettre de l’eau dans son vin. En mettant en application, les consignes reçues lors de sa visite à la Haye. Il s’agit de revenir au dialogue, à la table de discussion avec le camp Affi pour s’entendre sur la nouvelle manière de gérer les affaires du FPI avec pour seul chef reconnu de tous, Pascal Affi N’guessan. Ce qui veut dire que les Sangaré et consorts devraient laisser leur orgueil de côté et rejoindre le président du FPI pour une gestion au mieux de leur parti, en mettant en avant, l’intérêt de celui-ci. Ce qui veut dire également que si les « Gbagbo ou rien » aiment leur parti, ils devraient abandonner leur idée de chasser leur président pour suivre les consignes de Laurent Gbagbo à Laurent Akoun. En tant que chef, Laurent Gbagbo n’a pas pour vision de préférer un camp à un autre dans la crise au FPI sauf à concilier les positions tranchées de l’un ou l’autre des deux camps jusque-là irrémédiablement opposés. Pascal Affi N’guessan semble avoir compris. « Je considère que cette rencontre signifie qu’ils (les dissidents du Fpi, ndlr) sont eux-mêmes aujourd’hui dans l’impasse. Ils ont voulu faire un putsch contre moi, mais ça n’a pas marché. Mais comme ils ne s’attendaient pas à cela, ils ne pensaient pas qu’Affi et ses partisans pouvaient tenir une semaine, surtout quand on utilise le nom de Gbagbo », a indiqué celui qui est considéré par la justice ivoirienne comme le président statutaire du parti créé par Laurent Gbagbo. « De mon point de vue, s’il (Laurent Akoun, ndlr) a décidé d’aller là-bas, c’est parce qu’ils sont bloqués. Je considère ça même comme un appel au secours. J’espère qu’il obtiendra le secours qu’il sollicite et que ce qu’on va lui dire, il va le faire. Parce qu’aujourd’hui, je ne vois pas d’autres voies que de dire aux Akoun-là : « Allez-y voir Affi, vous allez vous entendre et puis vous allez travailler ensemble ». Et ils vont venir me trouver et puis on va travailler ensemble. Ils ne vont pas venir me dire : « quitte-là, on va prendre ta place ». Parce que cela n’amène pas la paix. C’est moi qui étais là depuis 2001 et c’est à moi que Gbagbo a laissé le FPI. Je leur ai souvent dit que lorsque tu cours sur un terrain et que tu tombes parce que ce terrain-là est glissant, quand tu te relèves, tu changes ta manière de courir si tu veux arriver. Dans la vie, quel est l’homme qui ne s’adapte pas ? Aujourd’hui, quel est l’homme qui ne tire pas les conséquences des actes posés ? On a fait des choses et puis on a perdu le pouvoir. Mais analysons ça ! Où est-ce qu’on a été défaillant ? Où est-ce qu’on n’a pas fait ce qu’il fallait et puis on a perdu le pouvoir ? Et comment on fait pour que, demain, on puisse revenir au pouvoir ? Celui qui ne fait pas ça et qui veut continuer à se comporter comme il faisait et puis il a eu des problèmes, moi Affi, je ne peux pas le suivre. J’espère que ce voyage va conduire nos frères à mettre de l’eau dans leur vin, à adoucir leur position et à faire en sorte qu’on se retrouve comme vous le souhaitez pour accélérer le processus du changement dans notre pays ». La balle est dans le camp des « Gbagbo ou rien ».

A.K.