Côte d’Ivoire / Soro parle de l’attentat du 29 juin contre sa personne : « Des questions demeureront à jamais sans réponse »
Alors qu’il se rendait à Bouaké, fief de l’ex-rébellion, le vendredi 29 juin 2007, pour l’installation des magistrats devant conduire l’opération des audiences foraines, l’ex-Premier ministre ivoirien avait été pris pour cible dans une attaque qui visait son avion, à l’aéroport de Bouaké. Neuf ans après, l’attentat contre Guillaume Soro n’a pas encore été élucidé. Ses auteurs et ses commanditaires courent toujours en dehors de trois petits suspects arrêtés. Cette agression qui a failli porter un coup d’arrêt au processus de paix que le secrétaire général de l’ex-rébellion conduisait déjà avec panache, semble avoir marqué à jamais le président de l’Assemblée nationale. Hier, au cours de la projection du film documentaire « Fokker 100, la mort au bout de la piste », qui retraçait ces malheureux et douloureux événements, Guillaume Soro a marqué ses regrets face au flou qui continue d’entourer cette attaque. « Mon intime conviction ne vaut pas les résultats d’une enquête. Je crois que le film aussi l’a révélé. Des questions demeureront à jamais sans réponse tant qu’une enquête n’aura pas été menée de façon convenable pour aboutir à des résultats. Donc nous restons sur notre faim. Nous avons une intime conviction mais ça ne vaut pas preuve, ce n’est pas le lieu de se perdre en conjectures », a regretté la victime. A la vérité, l’ex-Premier aura beau appelé la communauté internationale pour mener une enquête internationale mais comme toute réponse, l’Organisation des Nations Unies sollicitée par le gouvernement d’alors lui a opposé une fin de non recevoir. « J’ai été surpris par la réponse de l’ONU qui disait qu’elle n’avait ni les moyens ni les hommes pour mener une telle enquête. Mais au même moment, on a appris que l’ONU a déployé les moyens pour mener une enquête sur la mort du Premier ministre libanais Rafic Hariri », a-t-il témoigné dans le film documentaire. Le ministre Alain Lobognon, proche de Guillaume Soro et victime aussi de l’attentat dépeint cette attitude de l’Onu avec un brin de racisme. « Je vais vous choquer mais c’est ma conviction. L’ONU a refusé de mener des enquêtes sur cet attentat parce que nous sommes des noirs, nous sommes des Africains », soutient-il. Toutefois, le président de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire s’est dit impressionné par l’œuvre de la jeune équipe qui a réalisé le documentaire. « Je suis impressionné par un documentaire de cette nature, nous avons l’habitude de voir ces films sur de grandes chaînes comme National geographic, Planète. Ceci montre que quand les jeunes ont la confiance, l’opportunité, ils peuvent faire de grandes choses. Vous savez bien que le cinéma est une culture universelle. Dans les pays développés, il occupe une grande place. Je suis de ceux qui pensent qu’il faut encourager les jeunes à faire parler leur talent et leur jugement », a fait savoir Guillaume Soro. Le film de 78 minutes est une reconstitution des faits avec des témoignages de plusieurs personnalités aussi bien membres de la délégation de Guillaume Soro que sur le théâtre des opérations. Il est l’œuvre du jeune réalisateur Hyacinthe Hounsou.
A.K.





