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‘‘La rébellion est terminée, ça a eu ses avantages, ça a eu ses inconvénients. C’est une page qu’il faut tourner et définitivement et de façon courageuse. Maintenant, pour tous ceux qui vont aller à contre courant, ils vont trouver des gens en train de leur apporter la réponse. C’est important pour vous, la rébellion, c’est terminé. Parce qu’il faut qu’il y ait un autre son de cloche. Si on veut se développer, il faut qu’on s’aligne. On ne peut pas nous dire, on a donné notre poitrine pour mettre le président au pouvoir, en même temps, cette poitrine-là on la donne pour gâter tout ce qu’on a bâti. Ce n’est pas bon, c’est un esprit qui n’est pas bon et surtout pour Bouaké’’.

Ce sont là, en substances les propos saillants de Béma Fofana, député de Bouaké commune et candidat à sa propre succession. Qui, désormais plus proche du ministre d’Etat Hamed Bakayoko, a tenu, selon lui, à mettre les choses au clair. C’était à l’occasion d’un point de presse tenu vendredi dans un hôtel de la place où il répliquait au directeur du protocole du Président de l’Assemblée Nationale Kamaraté Souleymane dit Soul To Soul.

Selon le député Béma Fofana, même si Bouaké a été la capitale de la rébellion, celle-ci étant finie, il faudrait que les habitudes des uns et des autres changent car ‘‘il est important que Bouaké puisse devenir un modèle. Bouaké a été la capitale des forces nouvelles, c’est terminé. Si les Forces nouvelles ont dissout les Forces nouvelles, pourquoi nous-mêmes on ne peut pas nous organiser ?’’.

Pour lui, l’on ne peut pas toujours brandir l’idée d’avoir fait la rébellion ou d’avoir combattu pour le rétablissement de la paix en Côte d’Ivoire, avec l’accession du président Alassane Ouattara au pouvoir et penser qu’on est incontournable. Mieux se considérer comme un natif ou fils de Bouaké et vouloir s’y imposer. Et ce, de la plus mauvaise des manières.

‘‘Je suis venu faire la rébellion à Bouaké et je suis de Bouaké, ça fait deux choses. Je suis venu faire le lycée à Bouaké et je suis de Bouaké, ça fait deux. Les gens sont là, chaque matin ils chantent «nous sommes l’association des démobilisés ». Démobilisés, c’est terminé, c’est fini. Il faut que ce soit très clair pour tous. Les démobilisés ont un président qui est ici, on les a rencontrés et on leur a dit que c’est terminé. Il faut que maintenant, on puisse se parler de façon honnête et de façon franche à Bouaké, sans politique, sans démagogie. On se connait à Bouaké, on sait qui peut faire quoi, on sait aussi qui ne peut pas faire quoi’’, a-t-il martelé.

Il fait savoir qu’on ne peut pas commettre des forfaitures et prendre pour couverture la tunique de ‘‘démobilisés’’.

‘‘Les gens ne peuvent se lever chaque matin, et quand ils sont contents, ils vont voler les populations parce qu’ils sont des démobilisés. Quand ils sont contents, ils s’attaquent à la préfecture. Quand on attaque la préfecture, on s’attaque au Président de la République. C’est une insurrection. Trop de fois les gens le font, ils vont se filmer et mettre ça sur facebook et ils pensent qu’ils sont devenus garçons. C’est terminé. On se connait ici à Bouaké. On sait qui est garçon et qui n’est pas garçon. Ce n’est pas allé voler les biens des gens qui, fait dire que tu es garçon. On n’a pas peur de leur dire. Vous nous avez donné un mandat, c’est d’être votre porte-parole. Ce qu’on nous dit, c’est ce qu’on vient vous dire. Ce que vous voulez qu’on dise, dites on va le dire. Il faut qu’on soit très clair car on ne va pas accepter que cette chienlit continue à Bouaké. Et vraiment on a décidé de prendre le taureau par les cornes. Nous sommes en train de tourner et les gens nous voient en train de tourner pour expliquer désormais comment les choses se passent. Il faut qu’on arrête. Tout le monde ne peut pas être politique dans une ville. S’il y a un problème, il faut qu’on ait le courage d’aller poser le problème là où il le faut pour qu’on trouve une solution. On ne sait pas ce qu’on veut à Bouaké. Hier on disait que Fanny n’est pas bon que Djibo n’est pas bon. Aujourd’hui on dit le préfet n’est pas bon. Finalement qui est bon à Bouaké ? Il faut qu’on sache ce qu’on veut nous-mêmes. Il suffit que quelqu’un sorte un peu sa tête et on commence à taper là-dessus. A un moment donné, il faut que chacun mette de côté son orgueil pour qu’on parle de la ville de Bouaké. Il faut que chacun parle dans son entourage pour qu’on arrête de dire que c’est toujours Bouaké. Que les gens arrêtent de nous emmerder. On a fait la rébellion, on a fini. Alassane Ouattara est notre président’’, a mis en garde le député Béma Fofana.    

 

HB