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Le président du Front populaire ivoirien (FPI) a frontalement accusé, ce samedi 23 mars face à la presse, l’ancien président ivoirien, son mentor d’être le chef de la dissidence au sein de son parti. Pour lui Laurent Gbagbo n’a pas été sage et qu’il a voulu l’humilier politiquement. Il a dit être déçu de Laurent Gbagbo.

« Gbagbo Laurent n'est pas sage et ça je le savais depuis longtemps. Laurent Gbagbo a voulu m'humilier politiquement en me demandant de faire une déclaration sur une chaîne de radio étrangère dans un hôtel de Paris. Le président Gbagbo est le chef de la dissidence au sein du FPI. Il n'est pas le président du FPI, ceux qui pensent que Gbagbo est le président du FPI, qu'ils me disent si c'est à la Haye qu'ils l'ont voté. Le président Gbagbo est président fondateur du FPI mais il n'est pas le président du FPI. Bien vrai que Gbagbo soit aimé, cela n'empêche que je sois déçu de son attitude parce qu'en réalité, il veut mon assassinat politique. Si le président Gbagbo veut reprendre le FPI, qu'il fasse preuve de sagesse et qu'il arrête de mentir et de faire croire aux gens qu'il est le président du FPI. On ne devient pas président du FPI de cette façon », a déclaré Affi à sa résidence de Cocody M’badon.

Affi qui dit qu’il était disposé à rendre le FPI à Laurent Gbagbo si ce dernier le lui demandait personnellement, a affirmé que ce que « son patron » lui a fait à Paris par l’intermédiaire d’Assoa Adou et de l’ancien ambassadeur de la Côte d’Ivoire au Ghana, Emmanuel Ackah, était regrettable 

« J’ai déjà dit ici publiquement à la sortie de prison de Gbagbo et que s’il souhaitait prendre la tête du FPI, je vais lui donner. Je ne comprends donc pas pourquoi on veut m’humilier, me rabaisser en me demandant de faire une déclaration si ça n’a pas d’autres objectifs que de m’assassiner politiquement (...) Je suis prêt à faire tous les sacrifices nécessaires pour l’unité du FPI mais dans le respect de la dignité. Ce que Gbagbo m’a fait à Paris, ce mercredi est regrettable. Il ne peut pas me faire ça après tout ce que j’ai fait pour lui et ce qu’il a fait pour moi. Je ne mérite pas ce traitement. J’ai été son ministre, son Premier ministre, son directeur de campagne, son porte-parole. Il m’a fait, je l’ai aussi fait. Je vous parle en ce moment avec le cœur, pour l’avenir du parti et de la Côte d’Ivoire, il faut savoir dépasser les sentiments personnels et les frustrations. De ce fait, je suis prêt à parler avec Gbagbo pour qu’on règle ce problème. Si je dialogue avec ceux qui m’ont jeté en prison et qui nous ont fait pomper, ce n’est pas avec le président Gbagbo que je ne dialoguerai pas. Mais je préfère cette fois que ce soit dans un autre contexte puisqu’il n’est plus arbitre mais acteur»

« Ce n’est pas parce que toute l'Afrique parle de toi que tu vas mépriser ces gens-là. Je suis rentré au FPI en 1986 quand lui il était en exil donc c'est lui qui m'a trouvé dans le parti car c'est le parti d'abord. Gbagbo est le chef de la fronde. On le fait passer pour le père de la démocratie alors comment le père de la démocratie veut devenir président d'un parti par la déclaration d'un individu sans passer par le congrès. Mais tout ça illustre l'incompétence qui est en face car pour moi c'est une affaire d'incompétence. Mais l'incompétence est une question de générations et de temps », a conclu l’ancien premier ministre de Gbagbo. 

A.K. et koaci