Côte d'Ivoire / Guillaume Soro : « Osons la Repentance, osons le pardon, osons la réconciliation, osons l’amour »
L’ouverture de la session ordinaire de l’Assemblée nationale de Côte d’Ivoire a eu lieu ce lundi. Dans son discours d’ouverture, Guillaume Soro a souhaité que cette première année de la présente législature soit consacrée à l’approfondissement du Pardon et de la Réconciliation nationale entre tous les Ivoiriens, par-delà leurs communautés ethniques ou leurs appartenances ou sensibilités politiques.
En dépit des performances économiques réalisées le président de l’Assemblée nationale est conscient du fait que la réconciliation reste manifestement une quête à assouvir.
«Elle ne peut, au demeurant, ni se départir ni se défaire de son compagnon qui, à mes yeux, reste le pardon, » a soutenu Guillaume Soro.
Il demande à ses compatriotes de ne pas faire d’amalgames sur le sens du pardon et de les éviter.
Selon lui, certains refusent de pardonner parce qu’ils croient que pardonner, c’est cautionner le mal qui a été commis, certains encore, refusent de pardonner parce qu’ils croient qu’on leur impose ainsi la réconciliation, d’autres, refusent de pardonner parce qu’ils croient que ce serait renoncer à la justice, enfin, d’autres, fort pessimistes, refusent de pardonner parce qu’ils croient que c’est faire preuve de faiblesse.
«Au-delà de tout, le pardon c’est principalement la guérison des blessures du cœur, une hygiène intérieure par laquelle nous retrouvons la liberté d’aimer en nous débarrassant du poison de la haine et en évitant de laisser cette haine s’accumuler dangereusement en nous, » a expliqué Soro.
Il estime que dans une société comme la Côte d’Ivoire, qui a connu et traversé des tragédies, le pardon est l’antichambre nécessaire de la réconciliation nationale.
Tout en encourageant ses compatriotes au pardon, il les a exhortés à se réconcilier.
«Aucune société organisée ne peut se résoudre à vivre dans un contexte d’affrontement perpétuel. Lorsque la guerre arrive parce que les différends ont été exacerbés, le pardon et la réconciliation sont les seules conditions d’un retour à une vie paisible », a-t-il précisé.
Le président de l’Assemblée nationale regrette que six ans après la crise, il y a encore certains qui réclament le rétablissement de l’ordre ancien.
Il s’est adressé à ses compatriotes qui se sont selon lui enfermés dans un autisme moral total en les appelant au pardon.
«Il est temps qu’ils ouvrent leurs cœurs, comme nous ouvrons les nôtres ; qu’ils demandent pardon comme nous demandons pardon nous-mêmes ; qu’ils participent pleinement au jeu politique et que chacun respecte des règles justes, des mécanismes transparents dans la conquête, l’exercice et la transmission du pouvoir. Osons la Repentance. Osons le Pardon.
Osons la Réconciliation. Osons l’Amour. Notre commune humanité nous le commande.
Notre pays attend cela de nous. Nos amis et nos voisins nous y encouragent. Notre fraternité est bien plus forte que nos divergences politiques, idéologiques, sociales, ethniques, religieuses, » a-t-il expliqué.
Le président de l’Assemblée national a fait des propositions pour sortir de l’emprise de la haine et de la douleur morale et aller à la réconciliation.
Il pense qu’il est nécessaire qu’au plan interne, « soit conduit de manière sereine mais diligente, l’ensemble des processus judiciaires en cours afin de donner au chef de l’Etat lui-même, les moyens juridiques lui permettant de clore politiquement, le chapitre le moins glorieux de notre histoire par des gestes concrets qui consacrent le pardon et au-delà, la réconciliation des cœurs et des esprits ».





