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Son président élu, le 5 avril dernier, le Sénat ivoirien a fait sa rentrée solennelle, ce jeudi en présence du chef de l'Etat ivoirien, de l'invitée spéciale venue du Gabon et des présidents des autres Institutions du pays.

Pour Jeannot Ahoussou-Kouadio, nouveau président du Sénat, « l'installation de la deuxième chambre du Parlement dans la capitale politique ivoirienne constitue un début significatif du transfert effectif de la capitale politique de la Côte d'Ivoire à Yamoussoukro ».

Il a rassuré ses anciens collègues députés que son passage du pouvoir Exécutif au pouvoir législatif doit être perçu non pas comme une rupture, mais comme le résultat de la division du travail au sein de l'appareil de l'Etat.

«Je voudrais donc pouvoir continuer à bénéficier de votre soutien fraternel dans la conduite de mes nouvelles missions », a-t-il ajouté. Promettant de travailler de concert avec ses nouveaux collègues pour l'affirmation du rôle de leur jeune Institution, dans le renforcement de la démocratie dans le pays.

«Chers collègues, notre nouvelle qualité nous confère, vous n'en doutez point, des privilèges, notamment celui de figurer aux côtés d'illustres personnalités qui, avant nous, ont su écrire l'histoire parlementaire de notre pays. Je veux notamment citer, Felix Houphjouët-Boigny, Auguste Denise, Biaka Boda, Capry Djédjé, Philippe Grégoire Yacé, Henri Konan-Bédié, Charles Bauza DonwahiI, Emile Brou, Mamadou Koulibaly,» a précisé l'ancien Président du Conseil régional du Bélier.

II reconnait que la tâche du Sénat ne sera pas du tout facile, d'autant plus que l'examen des lois n'est pas une chose aisée.

«La loi est une norme trop importante pour être examinée sans une interaction permanente entre toutes les forces vives de notre Nation. C'est tout le sens du bicamérisme qui implique un double regard sur l'action du Gouvernement, puisqu'à des degrés divers, l'exécutif est responsable devant l'Assemblée Nationale ; mais aussi devant le Sénat ; ce qui représente une garantie supplémentaire pour la démocratie, » a-t-il mentionné.

Ahoussou-Kouadio a invité ses collègues au travail pour ne pas donner raison à leurs détracteurs.

«Chers collègues, les critiques ouvertes, souvent acerbes, dont certaines étaient de véritables requiem avant l'heure de notre Institution et auxquels nous avons assisté ces derniers temps, confirment bien la nécessité pour nous d'apporter, par la qualité de notre travail, la preuve de notre contribution à la consolidation de la démocratie et à la conduite des actions de développement de notre pays. C'est à ce prix que nous réussirons à vaincre les réticences et les réserves sur le bienfondé de la mise en place de cette Institution, même s'il faut le dire, certaines critiques relevaient bien de la pure politique politicienne », a-t-il soutenu.

Selon lui, il s'agit surtout d'approfondir par l'action, la vision fondatrice de l'Institution, telle que pensée et écrite par la Constitution de la troisième République.

Il a réaffirmé que l'ambition des sénateurs est d'abord de prendre la place qui les revient, au sein du Parlement et d'entretenir, à travers le dialogue et les échanges consensuels, une collaboration féconde et efficace avec l'Assemblée Nationale, pour permettre au Parlement de mieux assurer ses fonctions législatives.

«Le Sénat n'entend donc pas s'engager dans une quelconque revendication d'un rôle identique à l'Assemblée Nationale, pour en devenir, au final son clone, ni être le substitut de l'Administration, notamment celle en charge de la décentralisation. Nous devons mettre le doigt sur la qualité des textes à produire ; en évitant de se laisser entrainer dans la production pléthorique de lois. Nous devons travailler avec célérité mais avec toujours plus d'efficacité, afin de permettre aux utilisateurs des lois de le faire en toute clarté et éviter au maximum, les interprétations, » a promis Jeannot Ahoussou-Kouadio.

Le nouveau Président du Sénat a également invité tous les Partis politiques membres du RHDP à savoir oser, avec courage et dans un esprit de fraternité, le pas final, le pas salvateur pour le pays et l'avenir des générations futures.

«Oui, le Rassemblement des Houphouétistes pour la Démocratie et la Paix, le RHDP, est un véhicule approprié pour aller vers un changement qualitatif, afin de relever le défi le plus important qui se profile à l'horizon, à savoir la consolidation de la Paix, la Paix et la Paix, seconde religion de la Côte d'Ivoire, » a-t-il insisté.

Invitée spéciale à cette cérémonie d'installation du Sénat, la Présidente du Sénat du Gabon, Dr Lucie Milebou-Aubusson a salué la clairvoyance du Président ivoirien qui a accepté la création de la deuxième chambre.

«L'histoire vous donnera raison, » a-t-elle lancé.