Côte d’Ivoire / Après la déclaration de l’l'opposition: "la désobéissance civile" expliqué par Me Claver N’dri
Réunis le dimanche 20 septembre 2020 à la Maison du Parti démocratique de Côte d’Ivoire (PDCI), les partis politiques de l’opposition ont décidé de passer à une vitesse supérieure pour obtenir le retrait de la candidature d’Alassane Ouattara. Ce faisant, le président Henri Konan Bédié et ses colistiers ont opté pour la « désobéissance civile ». Que renferme donc cette expression ? Me Claver N’dry, avocat au Barreau d’Abidjan donne une explication via son compte Facebook.
« Afin que nul n’en ignore, je vous présente très brièvement ce que signifie l’expression « la désobéissance civile ».
Pour commencer, elle ne signifie pas casser ou bruler les bus ou autres choses. La désobéissance civile est une forme de résistance. Elle est une façon de s’opposer à une loi jugée injuste ou à un gouvernement qu’on estime être hors-la loi. Les citoyens qui choisissent cette forme de résistance visent un objectif précis : amener un changement dans la loi ou amener un gouvernement à modifier sa politique.
Cette forme de résistance repose sur l’idée selon laquelle le pouvoir politique tire sa légitimité du peuple et que si le peuple retire sa confiance aux tenants du pouvoir, ils ne sont plus rien et ils ne peuvent plus rien faire.
En Inde, Gandhi l’a appliqué. En Afrique du Sud et aux États-Unis, respectivement Mandela et Martin Luther King l’ont adoptée comme une forme de résistance pour obtenir la satisfaction de certaines revendications.
Un aperçu des leaders de l'opposition ivoirienne
Deux traits majeurs distinguent les actes de désobéissance civile. Premièrement, la publicité desdits actes c’est-à-dire qu’il ne s’agit pas d’actes clandestins puisque ses auteurs veulent atteindre un objectif qui passe par le caractère retentissant de leurs actions de désobéissance.
Deuxièmement, les actes de désobéissance civile doivent s’inscrire dans un mouvement collectif puisqu’il est rare voire improbable qu’une loi soit modifiée pour un seul individu ou que la politique d’un gouvernement soit révisée pour satisfaire une seule personne.
Désobéissance civile, en un mot ne veut pas dire de casser ou de détruire les biens publics ou privés.
Afin que nul n’en ignore.»
Me Claver N'dry, avocat au Barreau d'Abidjan





