Côte d’Ivoire : « Cette liste de 110 prisonniers n’est pas complète » Désirée Douati, présidente de l’Affdo-Ci
Le nombre de prisonniers politiques avancé par Laurent Gbagbo pour exiger leur libération, va au-delà de 110, si l’on en croit la présidente de l’Association des femmes et familles des détenus d’opinion (AFFDO-CI).
« Nous sommes satisfaits, oui, on peut le dire, que le président Laurent Gbagbo ait demandé la libération des détenus d'opinion, mais nous serons encore plus satisfaits si cette demande avait une exécution favorable. Nous attendons du président Alassane Ouattara qu'il puisse libérer tous les détenus d'opinion. Aujourd'hui, il y a 400 personnes qui sont détenues pour leurs opinions en Côte d'Ivoire, et nous pensons que pour une vraie réconciliation, il serait bon que toutes ces personnes puissent recouvrer leur liberté », a réagi Désirée Douati.
Pour elle, le chiffre de 110, annoncé par Laurent Gbagbo ne correspond pas à la réalité. Selon elle, beaucoup de militants provenant d'autres bords politiques doivent également être pris en compte.
« Elle n'est pas complète, cette liste. Elle ne prend pas en compte tout le monde. Nous sommes à plus de 300 personnes encore en détention. Donc la liste des 110 personnes prend certainement en compte les militants du front populaire ivoirien [FPI, mouvement de Laurent Gbagbo]. Mais en dehors des militants du FPI, il y a des militants du PDCI-RDA, il y a des proches de monsieur Guillaume Soro, qui sont encore en détention, il y a même des personnes qui n'appartiennent pas forcément à un parti politique. Mais il y a aussi le fait que la détention préventive en Côte d'Ivoire est de 18 mois et nous avons des personnes qui sont en détention depuis neuf ans sans avoir vu de juge. Donc là, nous entrons dans un cas de figure où il y a « violation » de leurs droits », a-t-elle fait savoir.
A.K.





