L’Archidiocèse de Gagnoa a officiellement ouvert son année pastorale 2026-2027, le jeudi 1er octobre 2026, au Centre Nazareth de Divo, autour d’un appel à passer « d’une culture de dépendance à une culture d’autonomie ». La rencontre a réuni prêtres, consacrés et fidèles laïcs, après trois jours de retraite spirituelle consacrée aux prêtres.

La rentrée pastorale a été précédée, du 28 au 30 septembre, par une retraite spirituelle destinée aux prêtres de l’Archidiocèse de Gagnoa. Animée par l’abbé Pierre Souaté, elle avait pour thème : « Unis en Jésus Christ, le missionnaire par excellence, œuvrons pour l’autonomie de l’Archidiocèse de Gagnoa ».

Les enseignements se sont articulés autour de trois axes : mission et communion ecclésiale, identité et mission du prêtre, mission et autonomie.

Sur le premier axe, l’abbé Pierre Souaté a rappelé que l’Église est missionnaire par nature. Elle existe pour être envoyée et annoncer l’Évangile. Pour lui, la mission ne peut cependant être dissociée de la communion ecclésiale.

« Il y a mission si nous sommes en communion les uns avec les autres », a-t-il souligné, en invitant les prêtres à redécouvrir la dimension communautaire de leur engagement missionnaire.

Le deuxième axe a porté sur l’identité et la vocation du prêtre. En reprenant une pensée attribuée à saint Jean-Marie Vianney, curé d’Ars, le prédicateur a rappelé la place particulière du prêtre dans la relation entre Dieu et les hommes.

« Si je rencontrais un ange, je saluerais le prêtre avant l’ange », a-t-il rapporté, en soulignant que si l’ange est proche de Dieu, le prêtre est, lui, particulièrement proche de l’homme dans son cheminement vers Dieu.

Le prêtre est ainsi appelé à être « un homme pour Dieu et pour les hommes ». Son ministère, a-t-il expliqué, s’enracine dans le Seigneur et trouve son sens dans le service du peuple de Dieu, dans l’offrande des sacrifices et la sanctification des fidèles.

Le troisième axe a été consacré à la question de l’autonomie de l’Archidiocèse de Gagnoa.

L’abbé Souaté a invité l’Église diocésaine à identifier et valoriser ses ressources humaines, matérielles et financières afin de réduire progressivement sa dépendance extérieure.

Il a insisté sur la nécessité de diversifier les ressources, d’optimiser la gestion, de développer l’autonomie financière, fonctionnelle, sociale, énergétique et alimentaire, tout en mobilisant davantage les compétences disponibles au sein de l’Église.

Cette autonomie passe également, selon lui, par une véritable catéchèse du don, fondée sur la coresponsabilité et la synodalité, « qui invitent à marcher et décider ensemble pour évangéliser » a t-il soutenu. 

Il a plaidé pour une gestion rigoureuse, une budgétisation stricte et le respect de la réalité des ressources disponibles, avec le principe de ne pas dépenser au-delà des capacités réelles.

Parmi les pistes évoquées figurent la création d’une caisse de solidarité fraternelle et paroissiale, permettant aux paroisses urbaines de soutenir les paroisses rurales.

L’abbé Pierre Souaté a aussi appelé à mieux accompagner les prêtres dans les différentes étapes de leur vie et à recourir aux compétences d’experts pour renforcer la gouvernance et l’autonomie de l’Église diocésaine.

« Laissons Dieu être Dieu dans notre Archidiocèse. Laissons-nous conduire par la Vierge Marie. Fructueuse année pastorale », a-t-il conclu.

 

Le jeudi 1er octobre, les agents pastoraux se sont retrouvés au Centre Nazareth de Divo pour la rentrée pastorale proprement dite. La journée a débuté par la prière des heures, avec les laudes chantées par les laïcs, prêtres et les consacrés.

Dans son mot de bienvenue, le vicaire général, le Père Louis Joseph Zéhia, a salué la mobilisation des agents pastoraux.

« Après avoir mobilisé nos énergies pour le centenaire de l’évangélisation de l’Archidiocèse, nous voici réunis pour écouter les instructions de notre Père Archevêque. Merci à tous ceux qui avez pris de votre temps pour être présents. Que l’Esprit Saint prenne le contrôle de notre assemblée », a-t-il déclaré.

Après la présentation des laïcs et consacrés exerçant des responsabilités particulières dans l’Archidiocèse, le Père Marcellin Adji a présenté une communication consacrée au passage d’une « Église assistée à une Église autonome ». En revenant sur l’histoire de l’évangélisation dans l’Archidiocèse, il a évoqué les premières œuvres missionnaires, dont les œuvres de charité et les écoles, avant de rappeler la période charnière allant de 1940 à 1960, marquée par la fin progressive du statut de territoire de mission et la diminution des aides extérieures.

Cette situation avait conduit les communautés chrétiennes à rechercher des moyens de prendre elles-mêmes en charge leur Église.

Le conférencier a cité plusieurs initiatives économiques développées à cette époque, la création, en 1956 à Guibéroua, du CRAG (centre rural et artisanal de Guibéroua), par le Père Louis Alibe, ainsi que les plantations de palmiers à huile à Zikisso entreprises par le Père Barnabé Agbodo etc.

Pour le Père Marcellin Adji, le centenaire de l’évangélisation constitue une occasion de réfléchir aux ressources nécessaires à la vie et à la mission de l’Église.

Il a appelé à un changement de mentalité, à une prise de conscience collective et à une plus grande implication des fidèles.

« L’Archidiocèse ne doit pas être gagné par la passivité. Il faut la contribution de tous les fidèles à la vie de l’Église. Réinventons le modèle de financement », a-t-il exhorté.

De son côté, Yvonne Gouamené, membre du laïcat diocésain, a insisté sur la nécessité de mobiliser l’ensemble des ressources disponibles, les compétences et les capacités des laïcs.

« Notre Archidiocèse dispose d’une hiérarchie propre. Le volet financier doit être compris en mobilisant toutes les ressources, ainsi qu’une vision commune du laïcat afin d’apporter une contribution au soutien de l’Archidiocèse », a-t-elle déclaré, en appelant à « un nouveau départ vers son autonomie ».

 

La rentrée pastorale s’est achevée par une messe présidée par l’archevêque de Gagnoa, Mgr Jean Jacques Koffi oi Koffi, et animée par la fusion des chorales de la paroisse Sainte-Famille de Nazareth.

Dans son homélie, l’archevêque a rendu grâce à Dieu pour le chemin parcouru par l’Église de Gagnoa et appelé chacun à prendre sa part dans la construction de l’avenir de l’Archidiocèse.

« Je voudrais rendre grâce au Seigneur pour cette merveille que le Seigneur fait pour notre Archidiocèse. Prêtres, laïcs, consacrés, chacun peut apporter sa contribution », a-t-il souligné.

Mgr Jean Jacques Koffi oi Koffi a ensuite précisé que l’autonomie ne saurait être conçue comme un repli sur soi, mais comme une démarche vécue dans la communion ecclésiale.

« L’autonomie doit être vécue en communion avec l’Église particulière. Passons d’une culture de dépendance à une culture d’autonomie. Exploitons les richesses dont dispose notre Archidiocèse avec transparence, responsabilité et solidarité », a-t-il exhorté.

Pour l’archevêque, l’autonomie n’a de sens que si elle demeure au service de la mission.

« Notre autonomie doit servir à l’évangélisation », a-t-il insisté, en invitant les fidèles à tirer les enseignements du centenaire de l’évangélisation.

« Après cent années d’évangélisation, nous devons avoir l’espérance. Nous avons reçu des biens, nous devons les fructifier. Que chaque laïc se demande ce qu’il peut apporter. Devenons ensemble des artisans de l’avenir. Travaillons pour le bien de notre Église », a-t-il déclaré.

L’archevêque a également appelé à la prière et à la solidarité entre les communautés : « Que notre autonomie soit une autonomie de communion. Que Sainte Thérèse soutienne nos communautés et la générosité pour partager ».

« Église centenaire, œuvrons pour l’autonomie de notre Archidiocèse », tel est le thème retenu pour l’année pastorale 2026-2027.

Après avoir adressé ses remerciements aux prêtres, aux consacrés, aux laïcs et à l’ensemble des chorales mobilisées pour cette rentrée, Mgr Jean Jacques Koffi oi Koffi a officiellement déclaré ouverte l’année pastorale 2026-2027 de l’Archidiocèse de Gagnoa.

 

Rémy Montini Dago