Côte d’Ivoire / Fraude sur la liste électorale : Les partis d’opposition exigent démission du président de la CEI
Plusieurs cas de fraude ont été constatés sur la liste électorale devant servir au vote à la présidentielle d’octobre 2020 par l’opposition ivoirienne.
Ce qui fait dire à la plateforme de l’opposition, au cours d’une conférence de presse, ce mercredi 12 août 2020 à Cocody que le président de la CEI, Coulibaly Kuibiert Ibrahime a « échoué dans l’opération de révision de la liste électorale 2020 comportant de nombreux cas de fraude, démontrant ainsi son incapacité à produire une liste électorale fiable de nature à permettre des élections justes, transparentes et crédibles ».
Pour les partis de l’opposition, Coulibaly Kuibiert Ibrahime s’est aussi rendu « coupable d’un délit d’initié par son choix délibéré d’un opérateur technique militant avéré du RHDP Unifié dans le cadre du processus électoral, entachant ainsi son impartialité et sa crédibilité ».
Aux dires du porte-parole de partis et groupements de l’opposition, Daniel Aka Ahizi, « un nombre impressionnant de ressortissants de pays de la sous-région ont été inscrits sur les listes, confirmant ainsi la déclaration de M. Kobenan Kouassi Adjoumani, Porte-parole principal du RHDP Unifié, Parti au pouvoir, qui a dit au cours d’une conférence de presse que le RHDP n’avait pas peur d’inscrire les étrangers pour en faire son bétail électoral.
Certaines personnes figurant sur cette liste, sont des mineurs nés en août, septembre, octobre, novembre, décembre 2002, février 2003, mars 2008.
Un nourrisson de un (1) an (né en mai 2019) de Kouibly, présenté comme une ménagère, a même été inscrit sur la liste électorale.
D’autres, nées en 1800, avec une longévité exceptionnelle, sont prises en compte dans la liste électorale de 2020 ! C’est le cas de ce couturier d’Abobo qui est né le 1 er septembre 1850.
Les noms du président Laurent Gbagbo, du président de l’Assemblée Nationale Guillaume Soro et du ministre Charles Blé Goudé sont retirés de la liste électorale sans raison valable ;
Voodoo Communication, détient une version du fichier électoral pouvant être « manipulée ». Interpellé par l’opposition sur l’utilisation de cet opérateur, il y a quelques mois, le Président de la CEI avait affirmé que Voodoo Communication ne faisait pas partie des structures retenues par son institution, dans le cadre du processus électoral en cours. Cette affirmation s’est avérée inexacte car Voodoo Communication, dirigée par M. Fabrice Sawegnon, le candidat du RHDP aux élections municipales du Plateau, en 2018 et communicateur du Président Alassane Dramane Ouattara continue de manipuler la liste électorale à sa guise ».
L’opposition a par ailleurs proposé l’élection d’un nouveau Président de la CEI et l’application intégrale de l’arrêt du 15 juillet 2020 de la Cour Africaine des Droits de l’Homme et des Peuples.
En outre, les leaders de l’opposition ivoirienne ont demandé au président Alassane Ouattara de renoncer à son projet de candidature pour un troisième mandat lors de l’élection présidentielle 2020. « La déclaration de la candidature d’Alassane Ouattara pour un troisième mandat est illégale, au regard de la Constitution », a martelé Daniel Aka Ahizi.
Pour l’opposition, cette situation pourrait déboucher sur "une crise d’une gravité exceptionnelle, si Alassane OuattarA persiste dans cette voie d’illégalité".
Rappelant les faits, le porte-parole de la CRDP a indiqué que le 05 mars 2020, prenant le peuple à témoin, Alassane Dramane Ouattara, a pris solennellement l’engagement devant la représentation nationale réunie en Congrès à Yamoussoukro, de ne pas se présenter à l’élection présidentielle de 2020.
A.K.





