Côte d’Ivoire / « La paix a besoin d'actes forts et non de verbiage ni de fiction », dénonce le père Basile Diané
A l'occasion de la journée de la paix en Côte d’Ivoire, le père Basile Diane curé de la paroisse de Moossou a souhaité que la paix véritable soit célébrée, pas sur le bout des lèvres et dans l'esprit. Mais que cela puisse se traduire dans les actes car beaucoup d'actes qui sont posés sont contraires à l'esprit de la paix: « Comment peut-on célébrer la paix quand des centaines d'Ivoiriens sont encore en exil ou croupissent en prison pour avoir défendu légitimement une constitution en violation. Comment peut-on célébrer raisonnablement une telle journée quand nous sommes hantés par la mémoire de tous ceux qui ont été décapités et tués sans aucune autre forme de procès en s'opposant au viol de la constitution en 2020 et dont on ignore les auteurs ou co-auteurs. Cette journée me gêne quand je vois comment des centaines d’Ivoiriens sont arrêtés arbitrairement, torturés dans l'indifférence totale et malmenés par une justice expéditive et punitive. Je suis gêné par la célébration d'une telle journée quand je pense à tous ces paroissiens dont les maisons ont été cassées et les productions dans les fermes détruites sans aucune compensation et qui se retrouvent dans des formes de précarité. Comment peut-on encore demander de célébrer une telle journée de la paix quand contre tout bon sens, on refuse à un fils de ce pays, Blé Goudé d'avoir droit à un passeport pour rentrer dans son pays? Trop d'actes d'injustices contrarient indubitablement la célébration de cette journée dite de paix. Si le gouvernement n'est pas capable de prendre des actions vigoureuses pour la paix dans ce pays et tout le monde sait ce qu'il y a à faire, si on veut une réelle paix dans ce pays, que la célébration de cette journée soit supprimée plutôt que d'offrir une journée fériée de plus et de trop. Notre pays a besoin d'actes forts de paix, ne serait-ce que vider les prisons de tous ceux qui n'y ont pas leur place, faire rentrer tous les Ivoiriens d'exil y compris Guillaume Soro et Blé Goudé. La paix a besoin d'actes forts et non de verbiage et de fiction. Il est temps que la Côte d'Ivoire passe à autre chose. Ce pays mérite mieux », a-t-il condamné.
A.K.





