Côte d’Ivoire / La société civile appelle le gouvernement à ratifier la convention sur la protection des droits des travailleurs migrants
Le droit à la vie des travailleurs migrants et des membres de leur famille est protégé par la loi. Mais la Côte d’Ivoire, pays d’accueil, de départ et de transit, n’a pas encore signé ni ratifié la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.
Au cours d’un panel qui s’est tenu, le vendredi 17 décembre à Abidjan-Riviera Golf, les organisations de la société civile ivoirienne ont demandé au gouvernement ivoirien de passer à la signature et la ratification de cette convention qui dispose en son article 10 que « nul travailleur migrant ou membre de sa famille ne peut être soumis à la torture ni à des peines ou traitements cruels, inhumains ou dégradants ».
Tout en saluant les efforts consentis par la Côte d’Ivoire dans la ratification des instruments de promotion, de protection des droits de l’Homme, les OSC invitent le gouvernement ivoirien à signer et à ratifier la Convention internationale sur la protection des droits de tous les travailleurs migrants et des membres de leur famille.
« Il est important pour nous, militants de la protection des droits humains et des droits humains des migrants, que notre pays en fasse une priorité, ce qui garantirait également la protection des migrants ivoiriens à l’extérieur qui sont de plus en plus nombreux et ce, dans un élan de réciprocité entre pays », plaide la société civile ivoirienne dans sa déclaration relative à la journée internationale des migrants.
En Côte d’Ivoire, le panel a relevé l’absence d’une véritable politique migratoire. « La gestion de la question est fragmentée entre différents ministères », constate Yéo Fangnariga dans sa conférence inaugurale sur « la problématique de la migration en Côte d’Ivoire : état des lieux, défis et perspectives ». Il en va de même du marqueur genre qui n’existe pas. Odette Laman de Réseau paix et sécurité des femmes de l’espace Cedeao section Côte d’Ivoire (Repsfeco-ci) recommande le renforcement de la gouvernance de la migration en prenant en compte le marqueur genre, la promotion de l’égalité du genre. « Il faut penser la question migratoire dans le sens de la femme. Cela permettra de fournir une aide pour la connaissance de leurs droits », a-t-elle suggéré.
Après avoir évoqué les actions en vue de la réinsertion des migrants de retour en Côte d’Ivoire, Ben Coulibaly, coordinateur pays du Foscao a invité les autorités ivoiriennes à « mettre l’accent sur la prévention en mettant les bonnes informations à la disposition candidats à la migration ». Il a préconisé la sensibilisation par des moyens digitaux, l’amélioration des initiatives par la mise sur pied de réseaux pour une approche méthodique concertée et également se doter de documents importants afin de maîtriser la question migratoire. Par ailleurs, l’approche plaidoyer doit se baser sur une stratégie claire, avec des fiches et la cartographie des acteurs de prise de décision.
A.K.





