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Les violences communautaires lors des marches de l’opposition contre le troisième mandat du président ivoirien ont fait plusieurs morts à Bonoua, Daoukro et Divo. Ce qui fait redouter une explosion de violence dans un pays qui a déjà vécu de graves crises électorales. Pour l’ex-directeur d’Amnesty international pour l’Afrique de l’ouest et du centre, Alioune Tine, fondateur du Think Tank Afrikajom, le gouvernement ivoirien doit respecter ses engagements internationaux en matière de droits humains.

« Il est inadmissible que les militants du parti au pouvoir puissent manifester et que les autres manifestent, ils sont attaqués par les microbes qui les blessent, les tuent. Manifester, ce n’est pas un crime. Ils ont des appels à la haine ; c’est très grave parce que les vieux démons de la haine sont en train d’être réveillés aujourd’hui », assène le défenseur des droits humains. Il donne la priorité pour les gouvernants pendant la période électorale.

« Quand on va à une élection présidentielle, la priorité des priorités, c’est de respecter les droits humains et les libertés fondamentales. Toutes les libertés fondamentales explosent par les élections. Il faut aussi que les élections soient inclusives. Il faut que tous ceux qui peuvent participer aux élections y participent. Si vous faites des élections où vous marginalisez ou vous excluez des acteurs importants comme Guillaume Soro, vous excluez des acteurs politiques importants comme l’ancien président Laurent Gbagbo, vous créez les conditions d’une instabilité et d’une violence politiques », martèle-t-il.

Pour reprendre le dialogue politique, le Sénégalais recommande vivement :

« Il faut d’abord suspendre le processus électoral actuel, organiser un dialogue national inclusif. Vous savez, la question du 3è mandat, si vous avez une cour constitutionnelle suffisamment indépendante, vous pouvez régler le problème sans que les gens ne meurent. La question du 3è mandat est aujourd’hui un véritable poison pour les démocraties africaines. J’estime que c’est la présidentielle de tous les dangers qu’on est en train d’organiser en Côte d’Ivoire », fait-il remarquer.

A.K.