Côte d’Ivoire / Marcel Amon Tanoh à Ouattara : « Quand on a donné sa parole, il faut la tenir »
L’ancien ministre ivoirien des Affaires étrangères a dénoncé le rétropédalage du chef de l’Etat Alassane Ouattara, son ancien patron qui est revenu sur sa parole de ne pas se présenter à un troisième mandat.
Invité d’une émission sur la chaine privée Lifetv, Marcel Amon Tanoh a appelé le président sortant à « tenir sa parole ».
« C’est devant le congrès, les deux chambres du parlement réunies que le président nous dit ‘’je ne serai pas candidat’’. C’était le 5 mars 2020. Et puis le 6 août, le lendemain du jour où je l’ai rencontré d’ailleurs, il ne m’a pas dit ‘’Marcel demain je serai candidat’’, il dit maintenant ‘’je suis candidat’’. Cela pose un problème moral. Quand on a donné sa parole, il faut la tenir », a fustigé, le candidat recalé.
Marcel Amon Tanoh a dénoncé le mensonge au sommet de l’Etat et entretenu par le Rassemblement des houphpouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) lors de la campagne pour le référendum sur la constitution de 2016.
« J’ai fait campagne avec le slogan du RHDP qui dit : ‘’l’adoption de la nouvelle constitution n’entraînera pas une rupture avec l’ancienne constitution qui limite le mandat présidentiel à deux’’. On a été trompés, trahis. On m’a convaincu d’aller faire campagne sur des termes précis. Aujourd’hui, je vais voir ma base, on me rétorque ‘’Monsieur le ministre, vous êtes venus ici nous dire certaines choses. Aujourd’hui, on entend autre chose’’. Je suis désolé », regrette-t-il. Avant de rappeler la position du RHDP de l’époque.
« A l’époque, la position du RHDP lui-même était que le président ne pouvait pas faire un troisième mandat. Je ne rentre pas dans la polémique des déclarations des ministres Sansan Kambilé et Cissé Bacongo. Laissons même le volet légal. Mais et le côté moral ? », a déploré l’ancien directeur de cabinet d’Alassane Ouattara.
L’ancien ministre des Affaire étrangères fait partie des nombreux candidats dont le dossier de candidature a été rejeté par le Conseil constitutionnel, le 14 septembre 2020.
P.A.M.





