Côte d’Ivoire / Me Soro Brahima (UPCI) à propos du RHDP : « Ce régime est sur le déclin mais il ne s'en rend pas compte »
Le parti au pouvoir en Côte d’Ivoire est en fin de règne selon Maître Soro Braihima, président de l’Union pour la Cote d’Ivoire (UPCI), parti de l’opposition ivoirienne.
« Ce régime est sur le déclin mais il ne s'en rend pas compte », a-t-il révélé, le samedi 26 septembre 2020 au siège de l’Association des chefs d’entreprise de presse numérique au cours d’une conférence sur le thème « Election présidentielle 2020 : quelle assurance pour l’ivoirien ».
Le président de l’UPCI a relevé plusieurs dérives graves au passif du président du Rassemblement des houphouëtistes pour la démocratie et la paix (RHDP) à la fin de son règne.
« Dans une démocratie normale, il n’y a pas d’interdiction des manifestations dans la période préélectorale qui elle-même est incompatible avec des manifestations dont la répression entraine des morts et des blessés, l'Ivoirien ne peut être rassuré lorsque les gens sont en prison, lorsque le pouvoir ne reconnaît que les décisions de justice qui lui sont favorables, les élections sont porteuses de graves dérives. Nous avons un candidat qui veut aller aux élections en se choisissant des adversaires », a-t-il dénoncé.
Pour l’avocat, la constitution ivoirienne ne pose pas de problème de compréhension ni d’interprétation. « Seulement nous avons affaire à un Etat qui ne joue pas franc jeu. La limitation des mandats présidentiels à deux est inscrite dans la constitution de 2000 et reconduite dans celle de 2016. L’Etat de Côte d’Ivoire fait dans la mauvaise foi. L’Etat de Côte d’Ivoire n’est pas un Etat de droit », accuse Soro Brahima qui croit déterminer deux problèmes chez les acteurs politiques au pouvoir.
« Les acteurs politiques connaissent très la situation actuelle du pays mais ont deux problèmes : ils courent derrière l’argent, ils courent derrière les postes. Dans ces conditions, ils ne peuvent pas avoir des analyses objectives et crédibles. Ceux qui nous dirigent, aujourd’hui, n’ont pas fait mieux que ceux qu’ils ont critiqués, hier », a-t-il déploré.
Estimant que « la limitation des mandats présidentiels est une question de principe. Nous ne voulons plus de 3è mandat dans ce pays. On a utilisé des manœuvres dolosives lors du référendum pour voter cette constitution de 2016. Ils ont tous soutenu qu’un 3ème mandat pour Alassane Ouattara était impossible. Maintenant ils disent le contraire. La bataille est de dire aussi aux hommes politiques d’arrêter de nous blaguer, de nous tromper et de nous manipuler. Le président Bédié ne se met pas à la tête de ce grand mouvement pour lui-même. Il se bat pour laisser à la postérité, de grands principes », a indiqué Me Soro Brahima.
Concernant la désobéissance civile lancée par le président du PDCI-RDA, l’avocat a estimé qu’elle n’a pas échoué et qu’elle est en cours avec les manifestations éclatées de l’opposition.
« L’opposition ivoirienne est une opposition responsable. Elle se soucie du bien-être des populations. Nous voulons préserver la vie des Ivoiriens mais il n’en est pas le cas pour le pouvoir. C’est pour quoi nous avons toujours utilisé les voies de recours normales. Malheureusement elle a épuisé les voies de droit traditionnel. C’est pour quoi elle utilise maintenant les manifestations démocratiques. Plus jamais de 3è mandat en Côte d’Ivoire. C’est une bataille que nous menons et nous sommes tous engagés dans cette bataille contre le 3è mandat. L’opposition est au travail », a-t-il fait savoir.
Pour la tenue du scrutin du 31 octobre 2020, le président Soro Brahima a émis des doutes et même des craintes.
« Je ne vois pas comment mathématiquement, on fera les élections. Les hostilités ont commencé avant le dépôt des candidatures. Qu’en sera-t-il lors des élections ? Les conditions n'étaient pas réunies pour des élections transparentes », a martelé le conférencier.
Aussi, Me Soro Brahima a interpelé le président de la République à se « conformer aux décisions de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP), à réformer la Commission électorale indépendante (CEI), le Conseil constitutionnel, auditer la liste électorale et organiser une élection inclusive ».
Pour lui, le Conseil constitutionnel de Côte d’Ivoire n’en est un. « Ce n’est pas un conseil constitutionnel. C’est une équipe de chargés de mission », a-t-il tranché.
A.K.





