Dans une tribune l’abbé Abékan invite les fidèles de l’Église catholique romaine à renouer avec leurs racines spirituelles. Il dénonce certaines pratiques liturgiques qu’il juge excessives et s’inquiète de l’adoption, par certains pasteurs évangéliques, de tenues et d’insignes qui rappellent ceux du clergé catholique.
Dans une réflexion intitulée « Retour aux racines : ne perdons pas notre identité ! », publié, le jeudi 8 octobre 2026, à l’occasion de la fête de Notre-Dame du Rosaire, le prêtre invite les membres de l’Église catholique romaine à mieux préserver leur identité ecclésiale, leur patrimoine liturgique et leur héritage spirituel.
Dans cette tribune, le prêtre exprime ses préoccupations face à ce qu’il considère comme une évolution préoccupante de certaines célébrations eucharistiques en Afrique. Il déplore la multiplication des acclamations, des manifestations sonores et des danses au cours des célébrations, au détriment, du silence, du recueillement et de la profondeur spirituelle.
« Nos beaux chants catholiques ont disparu avec leur profondeur spirituelle », affirme-t-il, en regrettant que certaines chorales privilégient davantage l’animation et le spectacle que la dimension contemplative de la liturgie.
Pour lui, la célébration eucharistique doit demeurer un moment privilégié de rencontre avec Dieu, où la musique, la parole et le silence contribuent à nourrir la foi des fidèles. Son propos invite ainsi à une réflexion sur l’équilibre entre l’expression de la joie chrétienne, les pratiques culturelles africaines et le respect des exigences liturgiques de l’Église catholique.
Au-delà de la liturgie, le prêtre s’interroge sur la tendance à considérer toutes les communautés chrétiennes comme identiques, au motif qu’elles confessent Jésus-Christ. Il insiste sur les particularités de l’Église catholique romaine, son organisation ecclésiale, ses sacrements et sa dévotion mariale.
Il appelle ainsi les fidèles à prendre davantage conscience de leur héritage religieux et à ne pas rechercher systématiquement ailleurs ce qu’ils possèdent déjà dans leur tradition de foi.
« Vous avez le Pape, vous avez les sacrements, vous avez la Très Sainte Vierge Marie, la Mère de Jésus-Christ. Qu’est-ce qui vous manque encore ? Que cherchez-vous au dehors ? », interroge-t-il.
À travers ces questions, l’abbé Abékan entend encourager un approfondissement de la foi catholique et une meilleure connaissance de ses fondements doctrinaux et spirituels.
L’autre préoccupation majeure du prêtre concerne l’apparition, dans certaines communautés évangéliques, de tenues et d’insignes qui rappellent ceux portés par les prêtres, les évêques et les cardinaux catholiques.
L’abbé Abékan voit dans cette évolution une source possible de confusion pour les fidèles, lorsque les signes extérieurs de l’autorité religieuse sont repris dans des traditions ecclésiales différentes.
Pour exprimer sa conviction, le prêtre affirme : « On imite toujours les meilleurs, mais les meilleurs ne sont jamais égalés ». Cette formule résume sa volonté de défendre la singularité de l’Église catholique et de rappeler aux fidèles la valeur de leur héritage religieux.
Dans un registre particulièrement polémique, il ajoute : « Arrêtez de confondre gnangnan et petit pois ». Il poursuit en employant une comparaison animalière à l’endroit de ceux qui, selon lui, reproduisent les signes extérieurs du ministère catholique : « Laissez les singes imiter les titres, les habits et le style de vos prêtres, évêques et cardinaux. Ils sont les meilleurs ».
Ces propos traduisent la fermeté de sa position, mais aussi le ton provocateur qu’il adopte pour interpeller les catholiques sur la préservation de leur identité. Ils illustrent sa désapprobation face à ce qu’il considère comme une imitation des symboles et des signes distinctifs du clergé catholique.
Pour renforcer son argumentation, l’abbé Abékan fait également référence à l’image biblique de l’arbre et de ses fruits. « C’est par leurs fruits qu’on connaît les meilleurs arbres », déclare-t-il, avant d’affirmer que « l’Église catholique est un bel arbre dont les fruits attirent ».
À travers cette métaphore, le prêtre présente l’Église catholique comme une institution dont le patrimoine spirituel, sacramentel et liturgique constitue une richesse à préserver et à valoriser. Il invite ainsi les fidèles à reconnaître cette richesse et à s’y attacher davantage.
Dans sa conclusion, l’abbé Abékan exhorte les catholiques à assumer pleinement leur appartenance ecclésiale. Il estime que la vitalité de l’Église repose sur la richesse de son patrimoine spirituel, la célébration des sacrements et la fidélité à sa tradition.
Sa réflexion marque par un ton ferme et parfois polémique, entend provoquer une prise de conscience au sein de la communauté catholique. Il pose, en filigrane, la question de la préservation de l’identité catholique dans un environnement religieux africain caractérisé par la diversité des communautés chrétiennes et l’évolution des pratiques de culte.
L’enjeu est également celui d’une meilleure connaissance de la tradition catholique, afin que les fidèles puissent vivre leur foi de manière plus consciente et participer aux célébrations liturgiques en comprenant leur portée spirituelle.
« Revenez à vos racines ! Ne perdez pas votre identité ! Nous sommes de l’Église catholique romaine », martèle finalement l’abbé Abékan, qui signe sa tribune en se présentant comme un « Âne du Christ ».
Rémy Montini Dago