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L’un des avocats du Parti démocratique de Côte d’Ivoire était, ce samedi 18 juillet 2020 devant la presse pour expliquer la dernière décision de la Cour africaine des droits de l’homme et des peuples (CADHP) relativement à la recomposition de la Commission électorale indépendante. Me Chrysostome Blessy a fait plusieurs révélations. Ci-dessous, de larges extraits de son intervention.

 

« La première décision prise par la cour, c’est de dire que tous les bureaux des commissions locales de la CEI doivent être repris. La cour ordonne à l’Etat de Côte d’Ivoire d’y procéder avant toute élection.

La cour estime deuxièmement que l’Etat de Côte d’Ivoire n’a pas respecté ses engagements qui doivent conduire à garantir la confiance du public. Cela veut dire qu’il y a des éléments à l’intérieur de la CEI qui ne conduisent pas à la confiance du peuple. Notamment le processus de nomination des membres de la société civile et des partis politiques n’a pas été fait sur la base des critères préétablis (…) La cour dit que son ordonnance est contraignante et que l’Etat de Côte d’Ivoire a trois mois pour le faire par suite d’un rapport. Les deux ordonnances qui ont été données par la CADHP disent clairement que cela doit se faire avant toute élection. Donc si les aménagements ne sont pas faits à sa satisfaction, il ne peut pas avoir d’élection.

Nos adversaires ont pris quelques phrases dans les motifs pour dire qu’ils ont gagné. Vous savez, il y a certaines choses sur lesquelles on ne doit pas mentir. On n’interprète une décision que lorsqu’elle est obscure. Or cette décision n’est pas obscure. Elle n’est pas interprétable.

Pour quelque chose qu’on peut vérifier, le gouvernement a menti. Le gouvernement n’a pas dit vrai.

 

Il faut que l’Etat de Côte d’Ivoire accepte d’exécuter cet arrêt. On ne peut pas passer en force comme à une élection de chef de classe. La Côte d’Ivoire souffrirait trop encore qu’on ait des élections calamiteuses issues des organes qui ne sont pas authentiques.

Il se réclame de l’Union africaine dont la Cour africaine est l’émanation. En plus l’Etat de Côte d’Ivoire est signataire du protocole qui a créé la CADHP. Cela veut dire qu’il s’est engagé à exécuter ses décisions. Il appartient à l’Etat de Côte d’Ivoire de respecter la décision.

Je pense que l’Etat de Côte d’Ivoire ne peut pas ne pas exécuter cette décision. C’est la communauté internationale africaine que le regarde. Les juges jouissent d’une probité à toute épreuve.

On doit reprendre la commission centrale. La désignation des personnalités représentant l’opposition, a été mal faite. Ils ont divisé les organisations de la société civile pour mettre leurs membres là-bas. Si on doit les changer, cela veut dire que la Commission centrale doit être touchée. Cette lecture conduit à un réaménagement total de la CEI tant au niveau de la commission centrale qu’au niveau des commissions locales.

Quand nous sommes arrivés à Arusha, la cour nous a demandé si on acceptait sa compétence. On a dit oui. La cour a demandé de négocier pour nous entendre sinon elle va appliquer le droit international. L’Etat de Côte d’Ivoire a refusé de négocier ».