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« Suède : Service social, quand le retrait d’enfants immigrés devient un fonds de commerce ». Tel est l’intitulé du livre de 294 pages écrits par Bertin Kouakou Kouadjo, ivoirien résidant en Suède depuis 2007, paru aux éditions Amazone,  en juin 2020. La présentation officielle et dédicace du livre a eu lieu, le mardi 5 octobre 2021, dans les locaux d’Afrique études et stratégies sis à Cocody-Angré.

A cette occasion Bertin Kouakou Kouadjo, comptable reconverti en agent de santé, a donné l’objectif de cet ouvrage. « Mon fils Hans Kouadjo a été retiré de la garde parentale, le 25 mai 2012. Il a été maintenu en captivité pendant deux ans. Il était interdit de visite et d’appel téléphonique de ses parents contrairement à la loi, qui prévoit une visite et appel téléphonique des parents par semaine. Aucun de ces enfants n’a un bon niveau scolaire à sa sortie. On constate plutôt qu’ils sont tombés dans les vices tels que la drogue, la cigarette etc.

Nos enfants sont en captivité. C’est une manière de les éteindre et briser leur avenir. Faire d’eux les parias de la société et présenter les parents comme des irresponsables. Mais, j’ai pu rencontrer mon fils pendant les deux ans et demi de captivité. J’avais pris des avocats en Suède et en France. Pendant sa détention, mon fils a coûté 35.000 euros à l’Etat suédois. Un enfant qui est placé par un assistant social, il perçoit entre 4 millions et 5 millions Fcfa. Leurs honoraires sont classés top secret » a-t-il révélé avant de dénoncer un vaste réseau de fonctionnaires indélicats.  « Il s’agit d’une grande escroquerie qui dure depuis des décennies. Les rapports sont toujours tronqués. Les choses faites pour tromper les apparences. Les assistants sociaux sont corrompus. C’est un réseau qui s’étend à la Cour européenne des droits de l’homme. Impossible de gagner un procès puisque lorsque vous êtes déboutés et que vous faites appel, c’est le même juge chez qui vous avez déposé la requête qui traite du dossier. Dans cette atmosphère, trois catégories de victimes se dégagent. Il y a celles qui ferment les yeux et se taisent, celles qui souffrent en silence et celles qui se battent en utilisant tous les moyens de justice. Nous nous sommes rendu compte que le personnel du service social a réussi à mettre dans la tête des populations qu’ils aident les parents dans l’encadrement éducatif des enfants. Quand vous vous plaignez, vous êtes condamnés. Moi, j’ai été condamné à 12.000 euros plus les intérêts soit 18.000 euros que j’ai payés », a-t-il dénoncé, indiquant les démarches entreprises dans le cadre de cette affaire.

« J’ai saisi les Ong internationales des droits humains tels que Transparency justice, Human rights watch, Amnesty international, la presse suédoise, le Premier ministre suédois. Je comprends qu’il y a un protectionnisme autour de la question.

L’ampleur du phénomène

« Il y a des milliers de retraits chaque jour. En Suède, c’est 26.000 à 30.000 et en France, c’est 200.000 enfants retirés chaque année. On détruit impunément nos enfants. Quand on réagit, on nous condamne. C’est un racisme. Une discrimination structurelle. C’est un système pour détruire nos enfants. La justice est une porte ouverte à la fraude. Lorsqu’un africain est débouté et qu’il fait appel, c’est le juge qui l’a débouté qui reçoit la saisine. C’est lui qui donne l’arrêt de recevabilité. Si vous allez à la cour suprême, elle vous dira la même chose. Même à la cour européenne des Droits de l’homme, c’est le même système qui prévaut », a-t-il vivement dénoncé.

Le traitement infligé aux enfants retirés par les assistants sociaux

« Les enfants sont retirés et soumis à des maltraitances, viols, sévices, agression physique et abus de tout genre. Mon fils qui ne fumait pas, s’adonne à la cigarette aujourd’hui. Je suis une victime. J’ai décidé d’écrire ce livre, pour éclairer l’opinion nationale et internationale, sur cette mafia composée de juges, d’assistants sociaux et de la Cour européenne des droits de l’homme. Afin que les autorités suédoises libèrent les enfants des immigrés et surtout vulgariser la loi. L’enjeu c’est déteindre ces enfants. Il y a une mauvaise foi des assistants sociaux. C’est un drame pour tous les pays africains. J’exhorte les autorités ivoiriennes notamment Dominique Ouattara, Première dame de Côte d‘Ivoire, le Premier ministre, la ministre des affaires étrangères à jeter un regard sur ce dossier », a-t-il lancé.

De l’action diplomatique

Devant cette situation, Bertin Kouakou Kouadjo appelle à l'intervention du chef de l'Etat ivoirien, Alassane Ouattara pour une issue heureuse. « Que l’Etat de Côte d’Ivoire demande des éclaircissements à la Suède. Le passeport de mon fils est encore entre les mains des services sociaux. Or le vrai propriétaire de ce document est l’Etat de Côte d’Ivoire. Il faut que la Suède remette le passeport de mon fils. J’ai les preuves. Le ministère ivoirien des Affaires étrangères, au temps de ministre Charles Diby Koffi, a été saisi et a fait beaucoup pour la libération de mon fils. Je vais saisir l’ambassade de Suède en Côte d’Ivoire », a conclu l’auteur Kouakou Bertin Kouadio.

S.A.