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S’il y a une candidature à la présidentielle en Côte d’Ivoire qui a surpris plus d’un observateur, c’est bien celle de l’ancien préfet d’Abidjan.

Un groupe de jeunes conduit par Daniel Sio, a cru bon de déposer un dossier de candidature qu’il a attribué à Vincent Toh Bi Irié.

L’homme, après sa démission, s’est rendu dans son village près d’Abidjan, en terre Atchan, pour un temps de repos mais aussi un temps de méditation certainement. C’est de son lieu de retranchement que ce brillant administrateur civil a expliqué dans une vidéo, le sens de sa candidature suscitée par un groupe de jeunes qui se reconnait en ses actions et sa philosophie de vie.

« Le week-end dernier, il y a des jeunes qui m’ont appelé pour me dire, « on s’en va pour les élections présidentielles, on souhaiterait avoir quelqu’un comme vous ». Je leur ai dit non. Parce qu’il y a d’abord des dispositions légales, ensuite, une élection, ça se prépare au minimum en quelques mois. J’ai fait des élections pendant 12 années de ma vie, donc c’est quelque chose de beaucoup plus compliqué que cela. C’était le samedi. Le lundi (31 août 2020) j’ai reçu un autre coup de fil d’un autre groupe qui me dit, « ils vont poser un acte symbolique pour montrer qu’ils ont besoin de gens nouveaux dans l’arène politique ». Je ne m’attendais pas à voir ce qu’on a vu, hier sur les réseaux sociaux avec mes photos. Des gens m’ont appelé pour me dire, « ils sont allés en ton nom donc il faut démentir ». De quoi s’agit-il ? Qu’est-ce que je vais démentir ? Il y a des gens qui m’ont suivi pendant tout le temps que j’étais dans ma fonction, j’ai parlé aussi à certaines populations. S’ils sont allés exprimer leur désir d’une certaine façon, alors je n’ai pas compris toute cette panique, toute cette agitation. Tout le monde aspire à contribuer à la vie d’un pays. Notre temps n’est peut-être pas venu aujourd’hui de servir au niveau suprême mais ce sont des aspirations. Quand je vais retourner à Abidjan, je vais prendre contact avec les auteurs, je suis dans une certaine réserve de par ma fonction, il y a des choses auxquelles je n’ai pas droit de par la loi mais je comprends également les jeunes. Loin d’être perturbé, je lis cela autrement. Il y a peut-être un désir de renouvellement de la classe politique. S’ils ont évoqué mon nom, ils pourraient évoquer le nom de plusieurs autres personnes qui sont sur la scène nationale, dans le privé comme dans le public. Pour l’instant je me repose ici au village », a éclairé l’ancien préfet d’Abidjan.

Vincent Toh Bi a démissionné de sa fonction de préfet et demandé une mise en disponibilité, il y a environ une semaine mais reste toujours fonctionnaire de l’Etat ivoirien.

A.K.