Claver Touré, homosexuel, président de « l’ONG Alternative Côte d’Ivoire » : « Les autorités ivoiriennes sont prêtes à nous aider »
Après l’atelier organisé par l’Institut Panos en Collaboration avec le Réseau des professionnels de médias en faveur des homosexuels, gays, lesbiennes et bisexuels, Claver Touré, le président de l’ONG Alternative Côte d’Ivoire, dans cet entretien, exprime sa satisfaction.
Que retenez-vous de l’atelier organisé à votre endroit ?
Nous luttons contre la propagation du SIDA et le droit des LGBTI. Au sortir de l’atelier qui a été organisé à l’endroit des populations clés, c’est que les journalistes ivoiriens s’intéressent à la question de la santé des homosexuels, bisexuels et autres. Je le dis parce que ça reste encore un tabou pour beaucoup de personnes en Côte d’Ivoire. Que les écrits soient contre ou pour, c’est déjà bon qu’on s’intéresse à nous. Je me souviens à la création de notre structure, tous les journalistes qui s’intéressaient à nous étaient taxés de gay.
Quel est le but de votre combat ?
Nous voulons que les choses changent. Nous continuons le plaidoyer auprès des autorités pour que nous soyons pris en compte. Ce n’est pas facile. Certaines personnes n’arrivent toujours pas à nous comprendre à cause de notre orientation sexuelle. Les activistes LGBTI ne baissent pas les bras. Bien que nous sommes dans un pays des droits de l’homme, les mentalités n’ont pas encore changé. Il existe encore de pires cas de violences et d’agressions que nous rencontrons dans plusieurs pays. Le combat va aboutir dans les années à venir. On continue toujours d’expliquer aux autres personnes lors des ateliers, le droit des LGBT.
Qu’est-ce que vous conseillez aux membres de la communauté LGBTI ivoirienne ?
Je leur demande d’être patients. Les autorités ivoiriennes sont prêtes à nous aider.
Quelles sont les actions menées pour réduire le taux de prévalence du VIH-SIDA au sein de la communauté ?
Nous ne faisons que sensibiliser. Plusieurs ateliers ont été initiés dans ce sens. C’est surtout par la communication de proximité que nous arrivons à atteindre nos objectifs. Aujourd’hui nous avons 200 à 300 adhérents dans notre structure. Ils sont très actifs. Et ils se sentent vraiment heureux d’appartenir à la communauté.
Que faites-vous pour la prise en charge de ses personnes ?
Nous recevons quelques moyens d’accompagnement provenant de nos partenaires. Nous avons plusieurs fois eu des séances de travail avec les professionnels de la santé. Ils sont prêts à nous recevoir. Au début c’était difficile. Ils peuvent aller se faire dépister régulièrement. Les homosexuels ont des droits.
Comment vos entourages vous jugent-ils ?
Au début j’étais mal regardé. Mes parents et amis n’arrivaient pas à accepter mon statut. Mais au fur et à mesure que le temps passe, les regards ont commencé à changer envers moi.
Anicet ZIO





