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Alors qu’ils ont bravé pour  certains la pluie du matin pour se rendre sur leurs lieux de travail,  les abidjanais  ont été surpris ce vendredi 12 mai par des coups de feu au lendemain d’une rencontre avec le chef de l’Etat, chef suprême des armées. Au cours de cette rencontre, ces soldats avaient déclaré devant la Nation qu’ils renonçaient à leurs revendications qui se chiffrent à plusieurs millions pour chacun. Aujourd’hui, nous ne devons pas chercher à polémiquer sur le sexe des anges parce que c’est l’avenir du pays qui est en jeu. Ces 8400 soldats peuvent avoir des raisons évidentes de réclamer un éventuel butin de guerre. Mais ils doivent éviter de perdre le Nord. Dans cette lutte pour l’avènement du président Alassane Ouattara au pouvoir, nombreux sont leurs frères d’arme qui sont tombés sur le champ d’honneur pour l’instauration de la démocratie. Aujourd’hui ceux qui sont en vie réclament chacun 12 millions de Franc Cfa. Avant de sortir des casernes pour terroriser les populations qu’ils sont censés protéger et faire fuir les investisseurs,  ont-ils pensé un tout petit peu aux veuves de leurs frères d’armes et aux orphelins de ceux-ci ? Rien ne vaut une vie. Si l’on devait récompenser chacun à la hauteur des efforts fournis pour l’arrivée de Ouattara au pouvoir, tout le budget du pays ne suffirait pas pour essuyer les larmes de ceux qui ont perdu des êtres proches pendant toutes les crises. 2011 qui est l’année de l’installation du président Alassane Ouattara au pouvoir est l’aboutissement d’une longue lutte. C’est parce qu’il y a eu hier, qu’il y a aujourd’hui. Est-ce que ces soldats qui réclament des dizaines de millions ont pensé aux victimes des escadrons de la mort  et aux  milliers de démocrates qui ont versé leur sang jusqu’en 2011 ? Ceux qui sont tombés pendant la crise post-électorale et ceux qui sont morts avant 2011 ne pourront jamais rien revendiquer dans cette vie. Avant de sortir des camps pour tirer, ils doivent pousser la réflexion loin. Tous ceux qui sortent des casernes pour tirer en l’air se réclament tous d’Alassane Ouattara et se disent prêts  à le  défendre dans tous les cas de figure.Mais ces mutineries qui tirent le pays vers le bas démontrent clairement que les soldats mutins n’ont aucune idée de la conscience républicaine. On ne peut pas avoir lutté pour un chef, prétendre l’aimer et puis l’humilier en public. Au niveau économique, chaque coup de feu qui part repousse un potentiel investisseur. Si les mutins sortent pour plomber l’économie, d’où sortira l’argent qu’ils réclament tant avec beaucoup de bruit ? On ne  cessera pas de le dire, la discipline, c’est la force des armées. La Côte d’Ivoire qui aspire aller à l’émergence n’y parviendra pas avec des soldats qui n’ont aucune idée de la conscience républicaine. Retourner l’arme achetée au frais du contribuable contre la mère-patrie et le contribuable lui-même est une ignominie. Le pays ne doit pas être pris en otage par 8400 soldats qui réclament le beurre et l’argent. En janvier, ils sont sortis et ont immobilisé le pays pendant des jours. Depuis lors, le pays a du mal à se remettre sur les rails. Aujourd’hui la situation financière devient difficile au point où depuis ces 15 dernières années, c’est la  première fois que la Côte d’Ivoire revoit son budget à la baisse. Au-delà des considérations économiques, c’est donc l’avenir du pays qui est en jeu. Le président de la République, chef suprême des armées doit se montrer très ferme vis-à-vis de ces soldats. Si les mutins continuent dans leur logique de prendre le pays en otage, le dernier rempart, c’est le peuple souverain de Côte d’Ivoire qui doit se lever comme un seul homme pour dire non à ces soldats qui veulent plonger le pays parce que trop, c’est trop !

Ismaël KANATE O.

Enseignant de lettres

Libre penseur et militants des droits de l’Homme