Côte d’Ivoire / Adama Bictogo poursuivi par la justice française
Selon une information donné par Africa intelligence, le président de l’Assemblée nationale ivoirienne est visé par une information judiciaire en France dans l'affaire Soeximex.
Dans le dossier l'opposant au groupe de négoce français Soeximex, le nouveau président de l'Assemblée nationale est sous le coup d'une enquête de la justice française. Un dossier judiciaire qui remonte à 2016 et dont le volet pénal continue de suivre son cours.
C'est une affaire de dette impayée estimée à 3,8 millions d'euros qui plane au-dessus d'Adama Bictogo Bictogo depuis plusieurs années. La société de négoce française Soeximex réclame aujourd'hui près de 7 millions d'euros, avec les intérêts, au nouveau président de l'Assemblée nationale ivoirienne. Le groupe français avait porté plainte avec constitution de partie civile en décembre 2016 pour "escroquerie". La procédure est, depuis plusieurs mois, l'objet de préoccupations de la part de la présidence ivoirienne, à laquelle Bictogo a toujours assuré ne plus être dans le viseur de la justice. Contacté, l'un de ses conseils assure à Africa Intelligence que la plainte avait été classée sans suite. Si Soeximex avait été, en avril 2016, débouté de sa plainte auprès du tribunal de commerce de Nanterre pour cause de "prescription", le volet pénal de l'affaire suit bel et bien son cours. Ce que confirme le tribunal judiciaire de Nanterre : une information judiciaire est ouverte depuis février 2019 et les enquêtes, diligentées par la juge d'instruction Faty Diop, se poursuivent.
Accord de remboursement non tenu. Les faits sont anciens et remontent au début des années 2000, au cœur de la crise politico-militaire ivoirienne. Adama Bictogo avait obtenu en échange de cargaisons de cacao de l'une de ses sociétés d'alors, Côte d'Ivoire Fruits, un prêt en plusieurs tranches d'un peu moins de 4 millions d'euros du PDG de Soeximex, Lucien Dagher. Malgré plusieurs livraisons de tonnes de fèves entre 2004 et 2006 via le Port autonome Port autonome de Lomé (PAL), Soeximex avait estimé que la valeur de la marchandise ne couvrait pas la totalité de la somme avancée à l'homme d'affaires ivoirien. En 2006, Adama Bictogo s'était alors engagé à rembourser à titre personnel la dette de Côte d'Ivoire Fruits à hauteur de 2,5 millions d'euros. Un montant négocié avec Soeximex, qui avait alors donné son accord pour un versement en cinq échéances. Mais le groupe de négoce français assure depuis qu'Adama Bictogo n'a jamais recouvré cette créance.
Dans le dossier, Soeximex est défendu par l'avocat parisien Emmanuel Asmar (Cabinet Asmar & Assayag Asmar & Assayag). De son côté, le fondateur de Snedai, qui a vu l'un de ses biens immobiliers hypothéqués en France, a longtemps été défendu par l'avocat Olivier Cuperlier. La juge d'instruction n'a pas encore entendu les parties et les enquêtes sont toujours en cours.





