Côte d’Ivoire / Affaire Cei : « Il faut éviter une autre condamnation à la Côte d’Ivoire », affirme Aimée Zébeyoux, secrétaire d’Etat
La secrétaire d’Etat chargée des droits de l’Homme a reconnu que le dossier de l’Etat de Côte d’Ivoire n’a pas été bien défendu devant la cour africaine des droits de l’Homme et des peuples concernant la composition de la commission électorale indépendante (CEI).
« La décision prise le 28è jour du mois d’octobre 2019 demeure de nature provisoire et ne préjuge en rien des conclusions de la Cour quant au fond de l’affaire. C'est-à-dire que la Cour peut encore dire qu’il y a déséquilibre ou pas. Il faut éviter une autre condamnation à l’Etat de Côte d’Ivoire. La première décision n’a pas été défendue véritablement », a soutenu Aimée Zebeyoux, ce lundi au cours d’une rencontre avec les militants de son parti, le Rassemblement des houphouétistes pour la démocratie et la paix (Rhdp) au siège de l’ex-Rdr à Cocody Rue Lepic.
Qu’estimant que la requête de Guillaume Soro, Maurice Guikahué et autres ne peut aboutir à une suite favorable, la déclaration de magistrate sonne comme un aveu et aussi comme une invitation à la mesure et à la prudence. Alors qu’au cours d’une conférence de presse les avocats du pouvoir, Me Andoulaye Ben Méité et Patrice Gueu avaient soutenu que l’affaire était « bouclée ».
« La société civile, l’opposition ne peuvent pas se substituer à l’Etat de Côte d’Ivoire. Car, c’est l’Etat qui est le garant de l’intérêt général. Dans d’autres pays, c’est le ministère de l’Intérieur qui organise les élections. Ici on veut rendre les choses plus démocratiques. Et c’est là qu’on demande aux démembrements de l’Etat de s’exclure. Les élections ne se passent pas à la Commission électorale indépendante (Cei) », a défendu la secrétaire d’Etat.
Il s’agissait pour la magistrate d’informer et former les militants sur les tenants et aboutissants sur la dernière décision de la Cour africaine des droits de l’Homme et des peuples (ordonnance du 28 novembre 2019).
S’exprimant aux côtés des avocats de l’Etat dans cette affaire, l’ancienne avocate générale à la Cour suprême a exhorté, dans son exposé, ses collègues avocats engagés dans l’affaire pendante à la Cour africaine, en Tanzanie, à faire plus preuve de combativité.
En 2016, sur une plainte de la société civile ivoirienne et des organisations de défense des droits de l’Homme, la Cour africaine avait relevé le déséquilibre dans la composition de la CEI et enjoint le gouvernement à recomposer l’institution électorale pour tenir compte de toutes les sensibilités.
Y. Coulibaly





